87 % des élus sondés en France placent la transition énergétique et climatique parmi leurs préoccupations prioritaires. Ce qui en fait un sujet incontournable pendant les élections municipales, qui se dérouleront les 15 et 22 mars prochain. C’est le premier enseignement qui ressort de la consultation effectuée par le think tank Shift Project sur leurs rapports aux enjeux climatiques et énergétiques.
Les bénévoles ont mené une centaine d’entretiens pendant trois mois, de juillet à septembre 2025, puis ont diffusé un questionnaire en ligne d’octobre 2025 à janvier 2026, avec l’éditeur Sphinx, pour recueillir l’avis des élus. Plus de 3 000 ont répondu à l’enquête, dont un millier de maires.
90 % des interrogés considèrent avoir pris en compte les enjeux de cette transition dans leur mandat écoulés mettent en avant leurs actions. Pour faire face au changement climatique, la principale opération réalisée par les élus, à 93 % d’après la consultation, est la rénovation de bâtiments publics. Un exemple avec la commune de Meylan, dans l’Isère, qui a rénové sa piscine municipale dans l’optique de réduire de 40 % ses consommations d’énergie. Le deuxième levier d’action est le développement d’infrastructures nécessaires à la mobilité active (83 % des réponses). L’Eurométropole de Metz notamment a déployé fin août 2025 ses propres vélos en libre-service.
Un manque de connaissances à pallier
Les deux principales motivations des élus est d’augmenter la qualité de vie des habitants (77 %) et de réduire les dépenses énergétiques (75 %). Pour donner un panorama d’exemples de villes qui agissent pour améliorer le cadre et la qualité de vie, Oxfam publie de son côté le rapport "Pour des villes résilientes", qui recense 24 leviers d’adaptation s’appuyant sur des exemples de communes françaises qui agissent déjà pour protéger leurs habitants contre les effets du changement climatique.
Concernant les obstacles, les élus ayant répondu à la consultation déplorent le manque de moyens (pour 59 % d’entre eux) et le manque de connaissances (41 %). « Le vrai frein n’est ni idéologique, ni électoral, mais opérationnel et capacitaire, et aggravé par l’instabilité réglementaire. La formation des élus est donc un levier incontournable », souligne Emma Stokking, chef de projet en charge de la consultation.
Lorsqu’ils se projettent vers les enjeux du mandat à venir, les élus estiment que les deux thématiques qui vont le plus gagner en importance sont la préservation de l'environnement (17 %) et les transports (15 %). Les résultats de cette consultation vont désormais servir de socle aux travaux du Shift Project, pour déterminer les prochaines actions à mener en faveur de la décarbonation dans les territoires.



