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Eric Houlley (Lure) : « La transparence a permis de rendre le projet TCD à la fois acceptable et stimulant »

IoT

La commune de Lure, en Haute-Saône, est l’une des collectivités motrices du projet Data BFC de l’Arnia et de la Région Bourgogne-Franche-Comté. Cette dernière leur a fourni des capteurs de l’entreprise Upciti et ses tableaux de bord pour l’analyse des données. Cinq usages IoT sont testés à Lure : fréquentation du centre-ville, flux piétons et cyclistes devant la gare, niveau de bruit, gestion des dépôts sauvages et éclairage public intelligent. A l’occasion des 3e Rencontres nationales des lauréats des appels à projet TID – DIAT, les 13 et 14 janvier 2026 à Dijon, nous avons interrogé Eric Houlley, maire de Lure, et Laëtitia Maison, DGS de la ville, sur l’impact de ce projet de territoire connecté et durable.

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Eric Houlley, maire de Lure, et Laëtitia Maison, DGS de la ville

Après six mois de mise en œuvre à Lure, quel est votre premier bilan de l’expérimentation Data BFC ?

Laëtitia Maison : Les premiers temps de cette expérimentation débutée en juin 2025 ont été consacrés à des réglages pour affiner la justesse des données. Par exemple, lorsqu’une rue est en travaux, les tableaux de bord de l’Arnia nous indiquaient soudainement qu’il n’y a plus de passages ou d’habitants. Il nous a donc fallu apprendre à corréler les données en interne avec les données collectées. Passé ce temps d’ajustement, nous avons pu constater à quel point l’analyse fournie par les tableaux de bord était pertinente et bien adaptée. Notre bilan, c’est que ces capteurs IoT nous remontent des données extrêmement intéressantes qui vont nous aider à établir des indicateurs de performance et d’efficacité.


Comment ces différents usages IoT contribuent-ils à modifier la ville et vos services ?

Laëtitia Maison : L’arrivée des capteurs à Lure coïncide avec la mise en œuvre de projets portés par les élus, comme la requalification du centre-ville ou l’aménagement des espaces publics. Les capteurs ne remplacent pas les études menées à long terme par l’agence d’urbanisme du pays de Montbéliard, mais ils fournissent des données en temps réel et sur-mesure. Cela permet aux élus d’aller à la rencontre des commerçants, de leur présenter des données concrètes les concernant, et d’animer des groupes de travail autour, par exemple, d’un plan de circulation, des horaires d’ouverture des commerces, ou de la végétalisation des espaces publics. Cet été, les capteurs nous permettront de vérifier si la fréquentation augmente et si l’argent public investi dans la végétalisation porte ses fruits. C’est donc très concret, cela aide à la décision, et c’est plus réactif que les études classiques, plus proche du terrain.


En plus du comptage de flux de circulation, vous utilisez la fonction sonore des capteurs d’Upciti. Quel usage en faites-vous ?

Laëtitia Maison : Pour l’instant, nous accumulons les données. La seconde étape sera de les croiser avec le plan de circulation, les plans de déplacement d’entreprises — car il y a plusieurs grandes entreprises autour de Lure — et les horaires des transports en commun. L’objectif est d’adapter le plan de circulation et les capacités de stationnement à Lure. Mais aussi de mesurer l’impact d’un rond-point ou d’un feu sur le niveau sonore d’un carrefour. Ces données peuvent par ailleurs servir à envisager des travaux de rénovation de bâtiments publics — par exemple si des écoles doivent ouvrir leurs fenêtres alors qu’elles sont proches d’axes bruyants — afin d’améliorer leur confort.


Comme Angers ou le quartier des Batignolles à Paris, Lure est l’une des villes qui a déployé la signalétique DTPR pour informer les citoyens de ce qui est fait des données récoltées par les capteurs. Suivez-vous l’usage qui en est fait ? Avez-vous eu des retours des habitants sur cette signalétique ?

Eric Houlley : La signalétique n’a de sens que si elle s’accompagne d’une démarche pédagogique. Nous avons donc mené au printemps 2025 un important travail de communication pour expliquer à quoi servaient les capteurs et quel était le sens de cette expérimentation numérique à Lure. Nous avons bien précisé que cela n’avait rien à voir avec les dispositifs de vidéoprotection : ce sont deux domaines totalement distincts. C’est grâce à ce travail que la signalétique a pris tout son sens. Cette transparence a permis de rendre le projet à la fois acceptable et stimulant.

 

Nous avons ainsi obtenu une bonne acceptabilité du projet par la population. Un indicateur simple qui le prouve : sur les réseaux sociaux de la ville, aucune réaction négative ni aucun commentaire désagréable n’a été fait, ce qui est rare quand l’action publique essaie de se justifier. Autre indicateur : la presse quotidienne régionale, peu habituée à traiter ces sujets de territoire connecté et durable, a mis notre projet à la une. C’était une vraie surprise et un signe très positif.


Est-ce que cette approche change la perception du numérique à Lure ?

Eric Houlley : Oui, clairement. Cela contribue à moderniser notre image. Cela montre qu’une petite ville rurale peut aussi être “high-tech”. C’est important pour l’attractivité de la ville. Cela s’accompagne d’évolutions dans la manière de conduire l’action publique et d’informer les citoyens. Nous sommes très impliqués dans la gouvernance de l’Association des Petites Villes de France (APVF), qui regroupe les communes entre 3 000 et 15 000 habitants. Et dans cette structure, la question du numérique et de la modernisation de l’action publique est au cœur des préoccupations. Les expériences comme la nôtre sont bien reçues, que ce soit dans le domaine du numérique ou de la transition écologique.

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