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La smart city à la française, une alternative face à la vision américaine ou asiatique ?

Smart city

Le Smart City Expo World Congress (SCEWC) s’est tenu à Barcelone du 19 au 21 novembre. Plus d’un millier d’exposants, en provenance de 146 pays, ont présenté leurs solutions et leur approche de la ville intelligente. L’occasion d’appréhender la différence entre la vision européenne, asiatique et américaine de la smart city.

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« Nous sommes à Barcelone pour défendre une certaine vision de la smart city, qui n’est pas celle de l’Asie ou de l’Amérique du Nord. » Ces mots sont ceux de Patrice Vergriete, maire de Dunkerque et président de France Ville Durable. Cela fait plus de cinq ans qu’il participe à cet évènement international, dont la dernière édition s’est tenue du 19 au 21 novembre. Et son constat est sans appel : « Il suffit de regarder ce qui est présenté sur les stands pour se rendre compte des différences entre la vision européenne, asiatique et américaine de la ville intelligente. En Europe, et particulièrement en France, nous mettons en avant nos collectivités et pas uniquement des entreprises technologiques. Outre-Atlantique, la smart city est souvent synonyme de business et de ville "servicielle". Et en Asie, elle répond principalement à des enjeux de contrôle. Nous proposons une vision alternative, celle d’une ville durable, sociale et démocratique. »
Vision politique ou réalité ? Sur les stands, la promotion de la smart city diffère effectivement entre les exposants d’Amérique du Nord, d’Asie et d’Europe. Sur le pavillon Français, les collectivités sont clairement mises en avant, comme Dunkerque, le Grand Lyon ou Grenoble Alpes Métropole. Sur les stands américains, elles sont reléguées au second plan, présentes essentiellement via les exemples de réalisations. Pour autant, les entreprises américaines réfutent une vision de la smart city uniquement centrée sur le business et la technologie. « Le cœur de la smart city ce sont les gens », assure Anthony Slacito, vice-président Education et public sector de Microsoft. Des représentants français rappellent également la « transparence » des institutions américaine, qui bénéficie aux citoyens. « Les Etats-Unis sont les pionniers de l’open-data et gardent une longueur d’avance dans ce domaine», souligne Stéphane Létot, VP sales EMEA d’Opendatasoft.
Même temporisation du côté de Berger Levrault. « En Amérique du Nord, il y a une volonté de prendre en compte la diversité afin d’embarquer l’ensemble des communautés et des quartiers. Par exemple en Californie, tous les services numériques sont en anglais mais aussi en espagnol, pour faciliter leur utilisation par la communauté hispanique », observe Emmanuel Héllègouarc’h, directeur d’activité.

Et sur la question des données citoyennes : « La situation évolue, suite notamment aux nombreuses critiques du projet Google à Toronto, explique Jean-Baptise Poljak, fondateur d’Upciti, entreprise française spécialisée dans les capteurs multiservices. D’ailleurs Google est présent sur le salon, plutôt discrètement, via sa filiale Sidewalk Labs (dédiée à l'organisation d'innovation urbaine, ndlr). Nous allons prochainement les rencontrer, car ils cherchent aujourd’hui des solutions respectueuses de la vie privée. »


L’Asie : atelier de la smart city

Plusieurs villes asiatiques disposent de stands, comme Shanghai ou Chengdu. Elles présentent effectivement des solutions de gestion de trafic ou de vidéosurveillance, sans aucune dimension citoyenne ou politique. « Il n’y a pas de politique dans notre approche de la smart city, confie un des représentants de Shanghai. Il s’agit d’optimiser et de piloter la ville grâce au numérique, ainsi que de favoriser le développement économique des entreprises. » Même son de cloches sur un stand chinois. « Nous participons à ce salon pour vendre nos technologies, pas pour faire de la politique. Mais c’est un peu l’objectif de ce type d’évènement, non ? »
Selon plusieurs exposants, le salon de Barcelone est clairement orienté vers le business et la technologie. Pas étonnant donc que la plupart des participants soient venus pour ça. « La smart city ne doit pas être promue uniquement par le savoir-faire technologique, estime cependant Patrice Vergriete. C’est le sens de notre présence en tant qu’élu. Il nous faudrait aller encore plus loin l’année prochaine, peut-être avec la présence d’un ministre ou d’un secrétaire d’Etat français. »

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christine.doussot@smartcitymag.fr
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