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Une hydrolienne profilée pour une électricité insulaire moins chère

Energie

La start-up Guinard Énergies a mis au point dans la ria d'Étel (Morbihan) une hydrolienne omnidirectionnelle, couplée à des panneaux solaires. Dans un estuaire ou entre des îles, les gains économiques et écologiques seraient substantiels, de la Bretagne à l’Indonésie.

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Laurent Meyer, directeur de développement de Entech Smart Energies et Nicolas Riuz, manager technique chez Guinard Énergies, aux côtés de leur hydrolienne © Thibault Dumas

À quelques mètres du rivage, une eau bleue acier tourbillonne à marée descendante. C’est là, posée au fond de la ria d’Étel (Morbihan), qu’a été mise au point ces deux dernières années une hydrolienne omnidirectionnelle par la start-up brestoise Guinard Énergies (7 salariés), imaginées dix ans plus tôt. Ce grand cône rouge profilé de 1,5 mètre de diamètre, fabriqué entre Brest et Étel, s’adapte en effet intuitivement au sens du courant, sans aide électronique et en accélère la vitesse. « Ça permet d’être toujours dans une position optimale à un instant T et de démarrer seule, sans assistance [contrairement à une éolienne, ndlr], la production d’énergie à 0,7m/s de flux et d’en produire jusqu’à 3,1 m/s », situe Nicolas Riuz, le manager technique du projet, monté notamment avec la communauté de communes d’Étel, l’Ifremer et le Chantier Bretagne Sud, installé en bordure de ria.

« C’est un site remarquable, par ce qu’il y a du courant, pas de houle, une profondeur raisonnable et des infrastructures à proximité, poursuit le technicien. En plus, nous avons un tissu régional fort, avec de nombreux spécialistes dans différents domaines ». Car l’hydrolienne, qui génère de l’électricité de 18 à 20 heures par jour avec une puissance maximum de 20 kW/h, pour de l’autoconsommation ou de l’injection dans le réseau, ne fonctionne pas seule. Elle est couplée à des panneaux solaires et une armoire de stockage pour un raccordement au réseau national d’électricité, une première décarbonée en France baptisée SPHHER. Pour Laurent Meyer, directeur de développement de la PME Entech Smart Energies (bientôt 50 salariés), qui a pensé la connexion : « C’est avantageux. On utilise le solaire en relais, sur quelques heures, alors que l’hydrolienne va quasiment toujours produire de l’électricité, de jour comme de nuit. »

 

100 euros le MWh à terme

Son implantation s’avère surtout intéressante pour des habitations en bordure de rivière, d’estuaire et surtout d’îles. C’est ce que l’on nomme les « zones insulaires non interconnectées (ZNI) », où le coût de production de l’électricité produite peut s’élever rapidement à plusieurs centaines d’euros le MW/h. Une cherté encore plus problématique dans des espaces reculés ou en voie de développement. « En phase industrielle, dans cinq ans, on prévoit un coût de 100 euros le MW/h », annonce Nicolas Riuz, de Guinard Énergies. Après la Bretagne et Madagascar, 80 sites de déploiement sont à l’étude, de la Guyane française à l’Indonésie en passant par le Congo. À la P66 (0,6 mètre de diamètre) et la P154 (1,5 mètre) en plastique, viennent s’ajouter les métalliques P400 (4 mètres) et P800 (8 mètres). Nicolas Riuz le reconnaît d’ailleurs : « Une application militaire est possible ». La Direction générale de l'armement (DGA) soutient d’ailleurs le projet depuis ses débuts.

Demeure une interrogation : ces tuyères présentent-elles un risque pour la faune, les poissons spécifiquement ? Une petite cousine est en teste et alimente en électricité le Moulin de Pen Castel, à Arzon (golfe du Morbihan), sous le regard de la l’Agence française pour la biodiversité (AFB). Les premiers résultats montrent « l’impact serait insignifiant, en dessous du seuil de 0,1 % ». En attendant les résultats définitifs.

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