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La délicate mise en place des ZFE

Qualité de l'air

Depuis le 1er janvier 2023, les onze plus grandes villes françaises interdisent à la circulation les véhicules dont l’étiquetage Crit’Air est de 4 et 5 ou qui sont non-classés. Le but : limiter la pollution urbaine. Mais cette nouvelle réglementation ne fait pas l’unanimité.

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Crédits : © Ministère de la Transition écologique

« Il n’y a aucun dépassement de seuil sur les particules fines sur notre territoire. Et, selon nous, le péage de Saint-Isidore est une source de pollution bien plus importante que les véhicules les plus polluants en ville. Il est au pied d’une forte pente, ce qui oblige les voitures à freiner brutalement, nous demandons sa suppression. » Selon l’attachée de presse de la Métropole Nice Côte d’Azur, Samuel Anthor, la mise en place de la zone à faibles émissions (ZFE) n’est donc pas la priorité pour améliorer la qualité de l’air au sein de la collectivité. D’autant qu’elle nécessite des contrôles des policiers municipaux, que la Métropole ne souhaite pas prendre en charge. « L’État ne veut pas mobiliser la police nationale pour vérifier le respect de cette réglementation et les contrôles automatiques prévus ne seront pas mis en place avant 2024 », poursuit Samuel Anthor.


47 000 morts à cause de la pollution de l’air en 2021

Comme Nice, les 10 autres plus grandes villes de France interdisent la circulation des véhicules les plus polluants dans certaines zones urbaines, depuis le 1er janvier 2023. Tous ceux non-classés ou étiquetés d’une vignette Crit’Air 4 et 5 ne peuvent en effet plus y accéder. L’objectif : limiter la pollution et améliorer la qualité de l’air en ville, dans un contexte où les particules fines et les oxydes d'azote ont causé la mort de 47 000 Français en 2021, selon Santé publique France.


Pour autant, les métropoles concernées demandent davantage de soutien de la part de l’État et multiplient les dérogations pour éviter la mise en place de ces ZFE et épargner leurs habitants des verbalisations. En ce début d’année, la métropole de Bordeaux concerte encore ses élus, le Grand-Lyon met en place des dérogations pour les véhicules de collection et les « petits rouleurs », Nantes attend les résultats de son étude permettant de définir les zones concernées

 

Et à Toulouse, le maire demande à l’État de doubler les aides pour les véhicules propres. Alors qu’il adressait ses vœux à la presse, le 5 janvier, Jean-Luc Moudenc a en effet appelé le gouvernement à « prendre ses responsabilités ». Selon lui, même si l’État et les collectivités locales ont mis en place des aides pour inciter les automobilistes à se doter d’un véhicule électrique ou hybride, de nombreux foyers n’ont pas la possibilité de supporter cet investissement.


Des aides rehaussées pour les habitants concernés

Les aides à l’achat, qui sont revus à la baisse au niveau national, seront toutefois rehaussées pour les habitants des métropoles concernées par les ZFE. Ils bénéficieront d’un bonus écologique qui passera de 6 000 à 7 000 euros, ainsi que d'une prime à la conversion pouvant aller jusqu'à 5 000 euros. Une surprime de 1 000 euros pourra également être versée à tous les habitants travaillant dans une ZFE.
Pour alléger la nouvelle réglementation, la Métropole de Toulouse a, malgré tout, mis en place un « pass ZFE », permettant aux véhicules polluants qui roulent peu, de circuler 52 jours par an.


Tout comme la métropole de Nice, celle de Toulouse ne souhaite d’ailleurs pas mobiliser sa police municipale pour assurer les contrôles. Selon Jean-Luc Moudenc, « c’est à l’État d’assurer cette mission et les sanctions qui vont avec. »






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