Île-de-France Mobilités entre dans la phase opérationnelle de son futur service public régional d’autopartage. Après avoir adopté, en février dernier, une feuille de route sur le sujet, l’autorité organisatrice francilienne vient de lancer un premier appel à candidatures à destination des collectivités de la région. Objectif : identifier les premiers territoires volontaires, travailler avec eux sur l’implantation des stations et préparer l’arrivée des 500 premiers véhicules d’ici la fin 2027.
Cet appel s’adresse aux EPCI, aux établissements publics territoriaux de la Métropole du Grand Paris et à la Ville de Paris. Les communes sont invitées à passer par leur intercommunalité pour faire remonter leurs propositions d’emplacements, tandis que les départements pourront être associés lorsque les stations envisagées relèvent de leur domaine public. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 6 octobre 2026.
Pour Île-de-France Mobilités, la décision de créer un service public régional répond à un constat : le développement de l’autopartage en Île-de-France reste limité et très inégal. « En 2019, nous avions mis en place un label régional d’autopartage visant à harmoniser les pratiques des opérateurs, garantir la qualité de service, et travailler sur le sujet des emplacements », explique Grégoire de Lasteyrie, vice-président, « mais nous avons rapidement constaté une concentration de l’offre à paris, alors aujourd’hui nous voulons harmoniser l’offre à l'échelle de la région ».
Le choix d’un service en boucle
L’enjeu est particulièrement fort dans les territoires ruraux, périurbains et de grande couronne, où la voiture reste souvent nécessaire pour certains déplacements, mais où la possession d’un véhicule personnel peut peser lourdement sur le budget des ménages. Île-de-France Mobilités présente donc l’autopartage comme un complément aux transports en commun (y compris à son service Véligo Location).
« Le projet que nous portons, c’est de desservir tout le territoire, avec des véhicules en libre-service pour de la moyenne et courte durée », poursuit Grégoire de Lasteyrie, « nous avons fait le choix d’un service en boucle, c’est-à-dire que les usagers devront rapporter le véhicule dans la même station, afin d'en faciliter la gestion ». En l’occurrence, Ile-de-France Mobilités s’est notamment inspirée de services similaires existant en Suisse, en Allemagne, et également à Bruxelles.
L’autorité organisatrice insiste également sur le montage financier retenu. Contrairement à ce qui était pratiqué pour Autolib, les collectivités n’auront pas à financer les stations. « Nous allons développer un service public et les collectivités n'auront rien à payer, ni à avancer ni à rembourser », énonce clairement Grégoire de Lasteyrie, « au contraire, nous allons leur verser une redevance pour l’occupation du domaine public, via une convention ».
Vers un réseau de 5000 véhicules à terme
Ainsi, les véhicules, les travaux et les bornes de recharge seront pris en charge par Île-de-France Mobilités ou par son futur concessionnaire. Du reste, aucune information ne filtre pour l’instant sur le choix des partenaires. Île-de-France Mobilités indique seulement que, dans un premier temps, un mix de véhicules essence, hybrides non rechargeables et électriques sera proposé, avant de tendre progressivement vers du 100% électrique. Les modèles iront de la petite citadine à l’utilitaire, en passant par la berline. De la même manière, les tarifs qui seront pratiqués ne sont pas encore connus. « Mais l’idée est bien de proposer un service abordable », souligne Grégoire de Lasteyrie.
Les collectivités conserveront toutefois un rôle central dans la réussite du dispositif. Elles devront faciliter les travaux, assurer l’entretien courant de la voirie autour des stations et contrôler le stationnement gênant afin d’éviter que les places réservées soient occupées par d’autres véhicules. Elles pourront également contribuer à la promotion du service et à son articulation avec les acteurs locaux de la mobilité.
Pour cette première phase, Île-de-France Mobilités n’a pas fixé de nombre précis de collectivités qui seront retenues. Une chose est sûre, d’autres appels à candidatures seront lancés par la suite, puis tout au long de l’exploitation du service, afin d’élargir progressivement le réseau. « L’objectif est de déployer le réseau le plus largement possible, nous allons déjà voir combien de collectivités répondent pour ce premier appel à candidatures ». À terme, Île-de-France Mobilités vise un réseau de 5 000 véhicules répartis sur l’ensemble du territoire régional.



