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Du bâti existant au smart building : le pari de la Région Bourgogne-Franche-Comté

Smart building
publié le 16/09/2026 - par Célia GARCIA-MONTERO

Transformer un bâtiment existant en bâtiment connecté, avec une maintenance prédictive de ses équipements, est possible. C’est ce qu’entend démontrer la Région Bourgogne-Franche-Comté, en faisant de son siège un démonstrateur de smart building.

Le bâtiment Viotte, situé à Besançon, a été inauguré en janvier 2025 par la Région Bourgogne Franche-Comté.
Le bâtiment Viotte, situé à Besançon, a été inauguré en janvier 2025 par la Région Bourgogne Franche-Comté.

Le siège de la Région Bourgogne-Franche-Comté doit devenir un démonstrateur du bâtiment connecté pour les collectivités du territoire. Sa particularité : il intègre les technologies d’optimisation énergétique et de maintenance prédictive sur un site existant, présentant ainsi les problématiques que peut avoir un bâti non neuf.


Ce projet tire son origine d’une initiative européenne : la Région avait postulé au projet Interreg Nord-Ouest BEPROACT, qui prévoit d’utiliser l'intelligence artificielle pour optimiser le suivi et la maintenance prédictive d’actifs. Ce projet Interreg, financé à hauteur de 6,1 millions d’euros pour différents usages menés dans six pays, s’étend jusqu’en juin 2027. La Région, qui a opté pour la maintenance prédictive dans le smart building, présentera l’avancée de son projet à une délégation européenne en novembre prochain. Pour rappel, elle s’est d’abord concentrée sur la construction du site, nommé Viotte et inauguré en janvier 2025 à Besançon, avant de se focaliser sur les usages numériques. La première étape a consisté à modéliser le bâti pour constituer une maquette numérique.


Deuxième étape majeure : le déploiement de l’IoT au sein du bâtiment. Ce sont 225 capteurs qui ont été répartis sur les 6 390 m² de Viotte. « Nous avons fait le choix de capteurs multifonctions : chacun d’eux effectue sept mesures, de la température au bruit, en passant par l’occupation de l’espace. Nous les avons connectés via le protocole PoE (Power over Ethernet) qui fournit l'alimentation électrique par câble Ethernet », explique Jean-Paul Castro, chargé de mission à la Région. Les capteurs, qui intègrent une petite lumière de couleur qui s’allume en cas de dépassement de seuil, ont déjà permis un premier enseignement : « Connaître le taux d’UV est plus impactant pour déterminer le confort au travail que les données des stations météo », confie Tony Sickler, chef de service Réseaux et Aménagement Numérique de la Région.


Une mise en service complète en novembre

Pour garantir la transparence de la démarche auprès des 315 agents du site, la Région a choisi d’adopter le standard DTPR (Transparence numérique dans le domaine public, en français), un système de communication en libre accès qui vise à rendre visibles et compréhensibles les technologies connectées et les capteurs présents dans l'espace public. Les affiches avec les QR code d’explication sont installées ce mois de septembre.


La phase clé qui s’ouvre actuellement est la mise en place des usages dans l’hyperviseur du bâtiment, pour superviser à distance les équipements techniques du bâtiment, suivre les consommations d'énergie, analyser l'occupation des espaces et anticiper les besoins de maintenance. L’ESN Kardham Digitale, mandataire d’un groupement, a remporté l’appel d’offres et déploie sa plateforme logicielle KD Convergence en établissant les fonctionnalités en co-construction avec la Région.

 

Le principal challenge est la connexion des API pour remonter les données des automatismes, notamment de la GTB et des ascenseurs. « Le pilotage par la donnée permettra d’en optimiser le fonctionnement et ainsi d’anticiper les pannes ou de repérer les dérives énergétiques », précise Alexandre Fund, directeur Smart Building chez Kardham Digital. La mise en service complète du dispositif interviendra début novembre 2026.


Viotte, qui a obtenu le label de la SBA Ready2Services, doit dépasser les exigences énergétiques fixées par les décrets BACS et Tertiaire. Ce projet doit par la suite être répliqué sur d’autres bâtiments du parc de la Région. Le projet semble bien parti pour faire des émules : « Des lycées se sont montrés intéressés », annonce Tony Sickler en conclusion.

 

Cet article fait partie de notre numéro spécial smart building publié en septembre 2026.

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