Les collectivités territoriales poursuivent leurs efforts pour augmenter la part des énergies renouvelables dans la production électrique. C’est le constat qui ressort du baromètre 2025 des énergies renouvelables électriques, réalisé par l’organisme indépendant Observ'ER et cofinancé par l’Ademe et la FNCCR. « Nous nous réjouissons de cette tendance car les énergies renouvelables permettent de lutter contre le réchauffement climatique et représentent une clé de la souveraineté énergétique », a déclaré Jérôme Mousset, directeur bioéconomie et énergies renouvelables à l'Ademe, lors de la présentation du baromètre. Depuis 2010, Observ'ER analyse chaque année les filières renouvelables de production électrique pour en suivre les évolutions et dresser un panorama par région.
L’enseignement majeur de cette 16e édition concerne la dynamique des territoires pour raccorder de nouvelles installations au parc de production d’électricité. Ce sont 6 507 MW qui ont été ajoutés les neuf premiers mois de 2025, portant la part d’EnR en 2025 à 32,5 %, contre 31,3 % en 2024. « L’objectif de la France d’atteindre 40 % d’EnR dans la consommation électrique d’ici à 2030 semble atteignable », a souligné Frédéric Tuillé, responsable des études d' Observ'ER.
Le solaire constitue toujours le moteur de cette progression (lire notre article Le photovoltaïque est l’EnR N°1 dans les territoires en 2023) et devient, devant l’hydroélectricité, la première filière renouvelable en terme de MW raccordés, selon le baromètre. « Deux tiers des nouvelles installations sont d’origine photovoltaïque », a précisé Frédéric Tuillé. Résultat : 29 GW sont produits par le photovoltaïque.

Les syndicats d’énergie appelés à impulser l’autoconsommation collective
Vincent Jacques Le Seigneur, président d'Observ'ER, s’est félicité de l’essor continu de l’autoconsommation collective (ACC) au sein des territoires : « Il y a aujourd’hui plus de 800 000 installations d’autoconsommation en France, dont 1 343 opérations d’autoconsommation collective. Cela représente une augmentation de 46 % par rapport à l’an dernier. La moitié est portée par les collectivités. » La commune de Lauris (Vaucluse) par exemple a crée une communauté d’énergie renouvelable en circuit court sur six sites municipaux.
Citons également la Communauté de Communes de Cœur de Savoie, qui a lancé en 2023, avec l’impulsion de la ville de Montmélian et l’entreprise Octopus Energy, un projet d’ACC alimentant 466 points de consommations publics. Enedis fait part de 1 350 opérations d’ACC en activité au troisième trimestre 2025, à l'image de la ville de Rambouillet, qui a installé en mai 2025 une centrale photovoltaïque sur le toit d’une école pour alimenter une quinzaine de bâtiments municipaux.
Pour continuer à développer l’ACC, la FNCCR travaille avec ses membres sur le statut de personne morale organisatrice (PMO). « On pense que les structures de grandes tailles, comme les syndicats d’énergie ou les métropoles, ont toute leur place comme PMO pour appuyer les collectivités plus modestes dans le lancement de leurs projets et rendre possible le partage de l’énergie entre bâtiments publics », a expliqué Charles Antoine Gautier, directeur général de la FNCCR.
Un temps de projet encore trop long
Les trois partenaires ont néanmoins déploré trois problématiques : l’absence de publication de la PPE par le Gouvernement, qui a mis à l’arrêt tous les appels d’offre, des évolutions réglementaires qui se complexifient et la baisse de l’éolien, qui « ne suit plus sa feuille de route et ne tiendra pas ses objectifs à 2030 ». « Le temps d’un projet – qui met entre huit et dix ans à se concrétiser – est trop long. Cela abouti à l’installation de matériel devenu obsolète depuis la réalisation du cahier des charges. Et c’est un réel problème que les élus ne puissent pas mener à bien un projet le temps de leur mandat », a regretté Vincent Jacques Le Seigneur.
A l’approche des élections municipales, les trois partenaires ont mis l’accent sur le rôle des collectivités. « Il y a encore de la marge pour développer davantage les énergies renouvelables dans les territoires », a affirmé Frédéric Tuillé, avant de conclure : « Différents sondages montrent que les citoyens ont de fortes attentes pour développer les énergies renouvelables, qu’ils considèrent avec une image positive. Ce doit être un argument de campagne. »
Télécharger le Baromètre 2025 des énergies renouvelables électriques en France.



