La réplicabilité des projets de territoire connecté et durable (TCD) va être l’enjeu fort en 2026. Les expérimentations des appels à projet des Territoire intelligent et durable (TID) et des Démonstrateurs d’IA frugale au service de la transition écologique des territoires (DIAT) vont arriver à terme fin 2026. « Nous devons commencer à réfléchir à l’après, pour rendre pérennes les travaux engagés », a affirmé Amélie Saussereau, chez de projet à la métropole de Nantes qui pilote le projet Synopse, lors des 3e Rencontres nationales des lauréats TID – DIAT les 13 et 14 janvier à Dijon. La réplicabilité a ainsi été le maître-mot de cette édition, pour encourager les participants à partager leurs actions et leurs pistes de réflexion.
Car la reproductibilité des projets d’un territoire à l’autre est confrontée à de multiples obstacles. Lors d’un atelier, les lauréats ont été invités à partager une liste d’écueils : le manque de financements en premier lieu, « le prix des solutions détermine la réplicabilité », a mis en avant Alain Cottencin, DSI à Lorient, à la tête du projet Celtic. Viennent s’y ajouter « le manque d’adhésion des nouvelles équipes », « la participation au projet de start-up industrielles non taillées pour suivre le passage à l’échelle », ou encore « les aléas électoraux mettant en péril la poursuite des projets ».
L’événement a permis de partager les premières initiatives pour y faire face. Le point de départ encourageant la réplicabilité, selon Vincent Borin, responsable Pôle BIM CIM au sein du groupe Oppidea/Europolia à Toulouse Métropole, est de partager un vocabulaire commun pour bien définir les besoins et les solutions mises en place. Dans le cadre du projet Timeo, un guide définissant précisément les conceptions du BIM ou du CIM à partager entre les membres du consortium a été élaboré. « Nous allons partager notre document pour que les territoires intéressés puissent démarrer avec les mêmes définitions », a indiqué Vincent Borin.
Des projets qui doivent gagner en maturité
Pour Amandine Terrazzoni, cheffe de projet LiÀ à Porto-Vecchio, « il est très difficile de se projeter sur l’après tant que le projet n’a pas gagné en maturité ». La fiabilité des solutions est donc un point crucial pour que différents territoires s’en emparent. Le Syndicat Audois d'énergies & du numérique (Syaden) collabore étroitement avec l’entreprise Paratronic sur une troisième version de caméras de détection de feux de forêt. « Ces caméras dotées d’IA représentaient un atout mais les faux positifs se sont révélés trop importants pour qu’elles se généralisent », a reconnu Philippe Garcia, directeur aménagement et usages du numérique, qui en a déployé une quinzaine avant l’été 2025 pour le compte du SDIS de l’Aude.
Dans le cadre du projet IA.Arbre mené dans la métropole de Lyon, des indices de plantabilité, de biodiversité ou encore de vulnérabilité à la chaleur sont développés. Pour permettre la libre réappropriation des briques technologiques, la société coopérative et participative Telescoop, qui porte le projet, planche sur la création d’une structure juridique dédiée avec l’Ecolab. « Cela mènerait à une gouvernance partagée », a mis en avant Maxime Tribolet, chargé d’affaires.
Les lauréats ont encore une année pour réfléchir à ces questions. La prochaine rencontre organisée par la Banque des Territoires est prévue pour la fin d’année.
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