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Télérelève des compteurs d’eau : quelle technologie de connectivité choisir ?

Eau

Alors que le nombre de compteurs connectés augmente drastiquement en France afin d’optimiser la gestion des réseaux d’eau potable, la question des technologies de connectivités devient centrale. Un livre blanc, rédigé par les cabinets spécialisés Tactis et Kurrant, propose un comparatif des trois technologies dominantes du domaine.

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Trois principales technologies de connectivité se partagent aujourd’hui le marché français de la télérelève des compteurs d’eau : LoRaWAN, NB-IoT et Wize. Quelles sont leurs caractéristiques ? Les avantages et inconvénients de chacune ? Et comment choisir la technologie la mieux adaptée aux spécificités de chaque territoire ? Telles sont les principales questions auxquelles un livre blanc, rédigé par les cabinets spécialisés Tactis et Kurrant, apporte des éléments de réponse.


Rappel du contexte : le déploiement de la télérelève des compteurs d’eau s’accélère en France, car elle apporte de multiples bénéfices dans l’optimisation de la gestion de l’eau. Une optimisation devenue incontournable avec les effets du dérèglement climatique. Parmi ces bénéfices : la télérelève permet aux collectivités et aux opérateurs de réseaux d’avoir une vision plus fine de la consommation et donc d’adapter la production en conséquence. Elle facilite également la recherche de fuites (en comparant les volumes injectés sur le réseau à ceux consommés) et permet aussi une « facturation au réel », rappelle le livre blanc.


La France est l’un des pays d’Europe où le déploiement des solutions de télérelève est le plus avancé. Sur 25 millions de compteurs installés dans l’Hexagone : 5 millions sont aujourd’hui connectés à une infrastructure de télérelève. Ce nombre a été multiplié par trois en dix ans et il devrait encore doubler d’ici 2030, rappelle l’étude. Face à cette forte dynamique, la question des technologies de connectivité de ses compteurs connectés devient centrale.


« Les technologies IoT applicables à la gestion de l'eau revêtent une importance stratégique pour une gestion durable des ressources en eau », a déclaré Guillaume Soulères, Directeur de projet Tactis, dans un communiqué. « Pour se lancer dans la démarche, les collectivités et gestionnaires doivent dimensionner leur projet en fonction des usages et de leurs besoins, selon des critères bien évalués, dans un environnement néanmoins fortement évolutif. Donner les principales clés de réflexion pour accompagner ces projets est l’objectif de ce livre blanc ».


Portée, consommation énergétique et coûts

L’étude compare les trois technologies selon différents critères dont le débit du transfert de données, les bandes de fréquences utilisées, la portée des antennes, la consommation d’énergie, la pénétration dans les bâtiments et bien entendu : les coûts.


Concernant LoRaWAN (Long Range Wide Area Network), il s’agit d’une technologie de communication radio basse consommation spécialement conçue pour l’internet des objets (IoT), rappelle l’étude. Elle apparaît comme une technologie équilibrée ayant de nombreux atouts : une portée significative, une faible consommation d’énergie, un coût compétitif, un écosystème riche de centaines d’acteurs et la possibilité de déployer des réseaux privés gérés par les territoires. « Des solutions nationales sont également disponibles auprès des grands opérateurs sur un réseau déjà déployé. En France le réseau Orange couvre 95% de la population française pour des usages extérieurs », soulignent Tactis et Kurrant.


De son côté, la technologie NB-IoT (Narrowband-IoT) exploite les réseaux de téléphonie mobile. « L’avantage de cette technologie est qu’elle repose sur une infrastructure cellulaire existante (moyennant d’éventuelles évolutions ou licences logicielles), ce qui lui confère une couverture native très large. Par ailleurs, l’utilisation d’un spectre licencié permet également de limiter les éventuelles interférences », estime l’étude. En outre, elle offre des débits de données relativement élevés. Mais la « consommation énergétique n’est pas le premier critère de choix ». Par ailleurs, il est nécessaire de souscrire à un abonnement « de façon générale un peu plus coûteux que pour du LoRaWAN ».

Enfin, Wize est une technologie radio historiquement développée pour la collecte de compteurs (utilisée principalement par Suez et GRDF). Il offre un bon niveau de pénétration dans les bâtiments, des débits élevés et une consommation d’énergie se situant entre Lora et NB-IoT. Côté coûts : « Le réseau n’étant pas présent dans toutes les géographies à l’heure actuelle, les coûts d’investissement sont potentiellement plus importants car un déploiement complet est probable », souligne l’étude.

 



Au final : « L’adoption des technologies pour le cas d’usage du télérelevé des compteurs d’eau montre une très forte tendance en faveur des réseaux LoRaWAN et Wize », conclut l’étude. « L’analyse des coûts de mise en œuvre amène aux mêmes tendances, bien que sur ce sujet LoRaWAN soit favorisé par la volumétrie mondiale (…) Concernant les bénéfices attendus et les critères de performance, dans l’hypothèse de la mise en place d’un réseau LoRaWAN ou Wize dédié pour le télérelevé (…) ce sont le choix du partenaire technique déployant et opérant ce réseau, ainsi que le dimensionnement de l’infrastructure qui seront déterminants ».


Cette étude a été réalisée de mars à octobre 2023 sur la base d’entretiens qualitatifs auprès d’industriels, fournisseurs de solutions (Iowizmi / Wize Alliance, Birdz, Saur, Netmore, Vertical M2M…) et de collectivités (Mulhouse Alsace Agglomération, Regaz Bordeaux,…) et complétée par une recherche documentaire approfondie.


Télécharger le livre blanc 


Sur le même sujet : retrouvez notre dossier : « Comment optimiser la gestion de l’eau grâce à la donnée ? » dans SCM N°58, à paraître à l’occasion du Carrefour des Gestions Locales de l'Eau 2024 (Rennes 31 janvier au 1er février) dont Smart City Mag est partenaire.

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