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Constance Nebbula, présidente d’Open Data France : « L’objectif de ce manifeste est de rapprocher le sujet de la data des politiques publiques »

Open data

À l’approche des élections municipales, Open Data France publie un manifeste appelant les candidates et candidats à placer la donnée territoriale au cœur des débats locaux. Entretien avec Constance Nebbula, présidente d’Open Data France et vice-présidente de la Région Pays de la Loire en charge du numérique et de l’IA.

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Constance Nebbula, présidente d’Open Data France et vice-présidente de la Région Pays de la Loire en charge du numérique et de l’IA.

Où en est-on aujourd’hui en France sur l’utilisation de la donnée territoriale dans les collectivités ?

Selon les résultats d’une étude européenne qui ont été rendus publics cette semaine (Open Data Maturity Index, NDLR), la France est aujourd’hui le premier pays européen en matière d’ouverture des données, en termes de volume et de disponibilité. C’est un acquis important. Mais lorsque l’on regarde plus finement, on constate qu’il reste encore à lever certains freins sur les questions de qualité, d’usages et de valorisation des données.

 

Depuis quelques années, le sujet évolue dans un contexte où l’intelligence artificielle, la cybersécurité et la souveraineté numérique prennent une place croissante. Or, il n’y a pas d’IA sans données structurées. Aujourd’hui, nous devons passer d’une logique de simple ouverture des données à une logique d’open data à la demande. Ce qui prime, c’est la qualité des données, la manière dont les collectivités peuvent les utiliser pour améliorer concrètement la gestion de leurs problématiques.

 

Prenons un exemple très concret : actuellement à Angers nous sommes en vigilance rouge sur les crues, les bords de Loire et du Maine sont inondés. Si nous n’avions pas de données de qualité en temps réel permettant à Vigicrues d’anticiper les niveaux d’alerte, nous ne pourrions pas être dans une gestion de crise aussi fine. Grâce à un jumeau numérique ou un hyperviseur, les collectivités concernées peuvent identifier précisément les bâtiments publics ou les infrastructures susceptibles d’être touchés.

 

Ainsi, aujourd’hui, dans l’argumentaire d’Open Data France, nous ne parlons plus uniquement d’ouverture ou de formats de données. Nous expliquons qu’en partageant des données de qualité, les collectivités peuvent améliorer le service rendu aux citoyens. Cela parle davantage aux élus. L’objectif du manifeste est justement de rapprocher le sujet de la data des politiques publiques.

 

Justement, quel est le contenu du manifeste lancé par Open Data France ?

Le manifeste, publié à l’occasion des municipales 2026, s’adresse directement aux candidates et candidats, ainsi qu’à leurs équipes de campagne. Il part d’un constat simple : la donnée reste encore trop absente des débats municipaux, alors qu’elle constitue un levier stratégique de décision, de souveraineté et de démocratie.

 

Nous formulons plusieurs axes forts, notamment des préconisations autour de la donnée territoriale comme socle de l’action publique locale car elle permet une gouvernance plus précise et plus transparente. Nous réaffirmons par ailleurs que la donnée est au service des transitions. Nous rappelons également qu’elle est un bien commun démocratique : nous en produisons tous et il est important que les collectivités en conservent la maîtrise. Du reste, nous soulignons aussi l’importance de la gouvernance et de la coordination avec les autres acteurs qui génèrent de la donnée.

 

Dans ce manifeste, nous avons également rédigé des engagements que les candidates et candidats peuvent intégrer directement dans leurs programmes. L’idée est vraiment de leur fournir des éléments concrets, pour que la donnée trouve sa place dans le débat municipal. Notre ambition est claire : inscrire la donnée dans une gouvernance territoriale structurée, et ne pas la laisser cantonnée à un sujet technique réservé aux directions des systèmes d’information.

 

Qu’attendez-vous de ce manifeste et, plus largement, des actions entreprises par Open Data France ?

Notre objectif premier est l’acculturation et la démocratisation. Si, après les élections municipales, nous constatons que davantage d’élus s’emparent du sujet, posent des questions sur la gestion et la qualité de leurs données, intègrent ces enjeux dans leurs feuilles de route, alors nous aurons déjà gagné.

 

La donnée concerne toutes les communes, quels que soient leur taille et leurs moyens. Il ne s’agit pas d’un débat réservé aux grandes métropoles. C’est pourquoi nous insistons sur l’accompagnement des petites collectivités, sur la mutualisation et sur la montée en compétences.

 

Depuis trois ans, l’association a été renouvelée dans sa gouvernance et dans son action. Mais, dans le même temps, l’IA et la cybersécurité ont pris plus de place. Plus que jamais, nous devons nous adapter aux problématiques des collectivités pour les aider à identifier la manière dont les données territoriales peuvent les aider.

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