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[TRIBUNE] Mobilité dans les villes et campagnes intelligentes : à la recherche de la bonne formule

Smart city

Alors que le Congrès des maires réunissant des centaines de collectivités locales de toute taille, ferme ses portes, le débat sur ce à quoi doit ressembler la ville – ou la campagne - intelligente reste ouvert. De nombreux concepts sont développés, notamment dans les universités, à l’instar de la « ville du quart d’heure », basée sur des micro-quartiers rassemblant les services essentiels dans un périmètre immédiat. Conçu par Carlos Moreno, Professeur Associé à l’Université Paris Sorbonne, ce concept est mis en application à Copenhague, Melbourne et inspire également la ville de Paris.

 

Certaines collectivités ambitionnent de mener leurs propres réflexions en embauchant des chercheurs afin de développer des stratégies locales, comme à Cluny en Bourgogne. Ce qui relevait il y a encore peu du seul domaine académique est en passe de devenir le quotidien des collectivités. La théorie cède de la place à la pratique, impliquant des évolutions majeures tant pour les acteurs publics que pour les citoyens.

 

Tribune rédigée par Ralf-Peter Schaefer, VP Traffic & Travel information chez TomTom.

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L’un des premiers enjeux des collectivités, en vue de créer des modèles « smart » sur mesure, consiste en leur capacité à collecter des données fiables qui leur permettent de mieux comprendre le fonctionnement des flux sur leur territoire. Cela amène certaines d’entre elles à disposer capteurs et caméras leur permettant de récolter leurs propres données, à l’instar de Nice. Cependant, cette stratégie suscite des interrogations, voire de la méfiance d’une certaine partie des contribuables qui s’inquiètent de la bonne utilisation de ces données.

 

Pour y remédier, les collectivités s’interrogent sur les alternatives. Elles découvrent que de plus en plus de sources de données anonymisées – comme celles émises par les voitures connectées et les smartphones, peuvent leur permettre d’élaborer leurs propres modèles intelligents.

 

Au plus près de leurs habitants, les collectivités disposent ainsi de toutes les cartes – et données – en main pour mieux appréhender les flux de mobilité, que ce soit à pied, en transport en commun, en voiture ou tout autre moyen de transport individuel. A partir de ces analyses, elles peuvent dès lors concevoir des alternatives visant à mettre en œuvre la nécessaire transition écologique tout en améliorant le quotidien des habitants, et in fine l’attractivité de leur territoire.

 

De nouvelles responsabilités des collectivités en ville…

Dans les villes, ces objectifs s’attaquent à de nombreux et épineux chantiers. La lutte contre les embouteillages, véritable fléau en France, est l’un des premiers d’entre eux. Selon le baromètre Traffic Index de TomTom, les embouteillages font perdre respectivement 109 heures par an aux Franciliens, 95 heures aux Bordelais et 83 heures aux Lyonnais. Et la situation n’a fait que s’empirer ces dernières années.

 

Un autre chantier des villes consiste à développer la multimodalité sur tous les territoires. Les initiatives sont variées, allant d’une offre qui permet de facturer tous les services de multi-mobilité (bus, tram, vélo, autopartage, parkings, etc.) en une seule fois à la fin du mois, comme c’est le cas à Mulhouse, jusqu’à la gratuité pure et simple des transports en commun, déjà pratiquée dans certaines agglomérations de taille moyenne comme Dunkerque et qui sera mise en place dans la première grande métropole française, à Montpellier d’ici quelques semaines.


… comme à la campagne.

Dans les zones rurales, les données vont permettre de développer le recours à la voiture électrique, en permettant de mieux positionner les points de charge pour permettre l’extension de l’électrification de la mobilité à tout le territoire et d’éviter que le fossé ville/campagne ne se creuse.

 

Pour ce faire, les données récoltées par le suivi géospatial des itinéraires de véhicules électriques – utilisées depuis longtemps pour aider les conducteurs à effectuer des trajets plus rapides et plus économes en carburant – peuvent également aider à planifier les emplacements optimisés des nouvelles infrastructures de recharge. Les données cartographiques pourraient même indiquer quelle puissance de chargeur devrait être installée en fonction de la demande potentielle : par exemple, un simple chargeur public de 22 kW suffirait-il, ou serait-il plus judicieux d’installer un super-chargeur de 350 kW, plus rapide mais plus coûteux, pour répondre à la demande ?

 

Entre Singapour et Paris, Copenhague et Dakar, Bari et Valparaíso, l’objectif reste le même : favoriser un développement harmonieux de l’espace qui facilite la mobilité sans détériorer l’environnement. Pour y parvenir, il serait illusoire de croire en une seule solution miracle. A chaque collectivité de créer sa formule qui sera optimisée pour ses habitants. Une formule magique dont la donnée précise et anonymisée constitue l’ingrédient à la fois le plus précieux et disponible.

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