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Solaire : un projet "agrivoltaïque" en région Centre-Val-de-Loire

solaire photovoltaïque

Concilier les intérêts des collectivités et des agriculteurs avec le respect de l’environnement et du bien-être animal, tel est l’objectif de l’agrivoltaïsme dont un projet pilote vient d’être lancé en région Centre-Val-de-Loire par la société UNITe. Explications.

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Au sein de l’élevage de volailles de Régis Clément, éleveur à Brinon-sur-Sauldre, en Centre-Val-de-Loire, des volières photovoltaïques surplombent désormais l’exploitation. Installées sur 10 hectares, elles permettront de produire en moyenne 11 GWh d’électricité chaque année, soit la consommation électrique de 4 000 habitants. Il s’agit ici d’un exemple concret d’agrivoltaïsme, dont le principe est de déployer un système étagé qui associe une production d'électricité photovoltaïque et une production agricole, située au-dessous de cette même surface.

 

L’installation de à Brinon-sur-Sauldre est le projet pilote de la société UNITe, qui développe, construit et exploite des centrales de production d’électricité locale et durable. Lauréate de l’appel d’offres de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) en septembre 2022, l’installation entrera en service en juillet 2024. Les travaux ont débuté en août 2023 et s’achèveront en avril 2024.

 

« Un outil de maîtrise de certains risques climatiques »

L’activité de la société UNITe, née il y a 37 ans, s’appuie sur trois énergies : l’éolien, l’hydraulique et le solaire. Et l’entreprise souhaite aujourd’hui « accentuer fortement son développement sur l’agrivoltaïsme », précise-t-elle dans un communiqué. Son ambition : mettre en place des solutions de production d’énergie qui concilient les intérêts des collectivités et des agriculteurs avec le respect de l’environnement et du bien-être animal.

 

« C’est une opportunité pour la société de manière globale de produire de l’énergie électrique sans diminuer les rendements agricoles, estime Christian Dupraz, chercheur au sein de l’institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Pour les agriculteurs, c’est une diversification de revenus mais c’est aussi un outil de maîtrise de certains risques climatiques. »

 

A Brinon-sur-Sauldre, le ratio ensoleillement / ombre, selon la saison et les températures extérieures, rendra en effet les animaux « moins vulnérables aux aléas climatiques et leur apportera un meilleur bien-être », assure la société UNITe. Car, sur les installations modernes, les panneaux peuvent être pilotés, parfois grâce à des algorithmes. « Cela permet de faire de l’ombre aux cultures ou aux animaux quand ils en ont besoin et de les exposer davantage au soleil quand c’est nécessaire. On tient compte ainsi des excès thermiques, de la lumière mais on peut aussi prévenir les risques de gel et réduire leur intensité », précise le chercheur de l’Inrae.

 

Un décret encadrant l’agrivoltaïsme devrait être publié en fin d’année 2023

Sur l’élevage de Régis Clément, tout a d’ailleurs été « pensé sur-mesure » : la taille des structures, les espacements ainsi que le dimensionnement des volières. « Ce projet de volières photovoltaïques me permettra de disposer d’une exploitation moderne, fonctionnelle et pérenne dès l’année prochaine », se réjouit l’éleveur. Dans le cadre de ce projet, UNITe prend en charge la construction et supporte l’intégralité des coûts de construction et d’entretien du site.

 

« Le projet de Brinon-sur-Sauldre a été monté en un temps record car nous avons réussi à franchir toutes les étapes administratives en moins d’un semestre », souligne Sidy Daffe, chef de projet photovoltaïque chez UNITe, qui constate un fort « dynamisme de la part des institutions gouvernementales pour ce projet, qui s’inscrit dans la volonté politique d’accélérer la production des énergies renouvelables. »

 

« Nous sommes au tout début de l’agrivoltaïsme », complète Christian Dupraz, chercheur au sein de l’Inrae. Aujourd’hui, seulement quelques dizaines d’hectares voient naître ce type de projet. Un décret encadrant l’agrivoltaïsme devrait d’ailleurs être publié en fin d’année 2023. Car l’activité, définie en France par la loi accélération des énergies renouvelables (AER) du 10 mars 2023, attend des précisions pour affiner ses contours.

 

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