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[TRIBUNE] Arrêt total du réseau cuivre : un tournant majeur pour l’avenir des télécoms et la société numérique de demain

Réseaux

Massivement déployé dans les années 1970 pour les téléphones fixes, puis dans les années 2000 pour l’accès à internet (ADSL, SDSL et VDSL), le réseau cuivre va être progressivement fermé d’ici 2030 par Orange. La célèbre prise en forme de T ne sera plus que de l’histoire ancienne. Pourquoi maintenir ce réseau n’a plus de sens aujourd’hui et quelles sont les perspectives de cette fin du cuivre ? Tribune rédigée par Adrien Plaza Onate, Chef de Marché Opérateurs Nationaux Axione.

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Véritable moment d’histoire, le réseau cuivre, qui a longtemps été le socle des services fixes de télécommunications va tirer sa révérence. En effet, ce réseau, propriété de l’opérateur Orange, qui a permis le transport des appels téléphoniques puis le développement de l’internet haut débit (xDSL) à la fin des années 90 va progressivement s’éteindre, notamment au profit des nouveaux réseaux en fibre optique jusqu’à l’abonné (FTTH).

 

Face à l’obsolescence de son réseau, à l’augmentation des coûts d’entretien de ce dernier, au développement des nouveaux usages toujours plus gourmands en bande passante et à la généralisation des réseaux FTTH dans le cadre du Plan France Très Haut Débit, Orange organise l'arrêt total son réseau cuivre.

 

Ainsi, à l’horizon 2030, les fameuses prises téléphoniques en « T » n'auront plus aucune utilité. Dans ce cadre, les opérateurs d’infrastructures fibres et les opérateurs commerciaux préparent la migration massive des abonnés du réseau cuivre vers les réseaux FTTH.

 

Maintenir deux réseaux filaires n’a plus de sens : ni en termes d’usages ni sur les aspects économiques, techniques et environnementaux

En 2022, le réseau cuivre représentait 1 million de kilomètres de câbles, 15 millions de poteaux téléphoniques et autour de 22.6 millions d’abonnements (particuliers et entreprises) en France. Ce réseau cuivre ne permet plus aujourd’hui de répondre aux besoins en matière de haut débit, de qualité de service, de fiabilité et de sécurité.

 

Ces infrastructures coûtent cher et consomment 3 fois plus d’énergie que le réseau fibre qui se déploie en parallèle. Par ailleurs, les vols de câbles, les accidents de voirie ou encore les aléas météorologiques impactent fortement la qualité de service du réseau. Le maintien du réseau cuivre engendre des coûts de maintenance et de modernisation de plus en plus importants. Orange doit en effet investir régulièrement pour maintenir en état le réseau cuivre.

 

Le réseau cuivre est donc peu à peu délaissé par les utilisateurs attirés par le Très Haut Débit. Pour preuve : au 30 juin 2022, selon l'Arcep, il y avait 16,3 millions de clients fibre, contre 11,1 millions d'abonnés sur les réseaux ADSL/VDSL.

 

En somme, pendant une soixantaine d'années, le réseau cuivre aura accompagné les Français dans leurs communications. L’arrêt total du réseau cuivre est une transition inévitable pour permettre à la société de poursuivre son développement numérique. Les nouvelles technologies sont plus performantes et mieux adaptées aux nouveaux usages, tout en permettant de libérer des ressources pour répondre aux besoins des zones mal desservies.

 

Quelles perspectives sur les conséquences pour les opérateurs télécoms

L’arrêt du cuivre marque un tournant majeur dans l'industrie des télécommunications. Les opérateurs commerciaux doivent faire migrer leurs parcs d’abonnés et les opérateurs d'infrastructures fibre deviennent, de fait, les nouveaux opérateurs locaux de référence. Avec ce positionnement, ils deviennent moteurs de la transformation numérique et de la connectivité de demain, et accompagnent la société à franchir une nouvelle étape de son développement numérique.

 

Devenir opérateurs de référence implique également une plus grande exposition auprès du grand public. Si jusqu’aujourd’hui deux réseaux existaient, la responsabilité de l’exploitation réseaux reposera désormais sur les opérateurs d’infrastructures fibre. Les investissements et les efforts apportés pour maintenir des réseaux robustes et fiables devront se poursuivre dans la durée. Toutefois, ces investissements ne pourront se faire sans sources pérennes de financement En outre, il conviendra d’adapter ces réseaux aux attentes des collectivités, des particuliers et des entreprises.

 

Cette transition vers le déploiement de la fibre optique par les opérateurs nécessite un accompagnement au changement grâce à beaucoup de pédagogie, Même si l’échéance de 2030 paraît lointaine, il est nécessaire pour les entreprises et les particuliers de passer à la fibre dès maintenant, pour continuer d’avoir un service téléphonique ou un accès internet, et de bénéficier des avantages et de la performance du Très Haut Débit.

 

Pour cela, ils doivent se rapprocher des opérateurs référents, afin d’éviter les coupures de services. Pour minimiser les perturbations et maximiser les bénéfices, il est essentiel de mettre en place une planification rigoureuse, une communication transparente et une transition en douceur vers les nouvelles solutions.

 

Plus de fluidité dans les échanges, de nouveaux modes de collaboration, un accès cloud facilité, des communications de qualité, une mobilité des collaborateurs facilitée, c’est toute la promesse de ce passage à la fibre. Qui voudrait s’en priver ?

 

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