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Energies renouvelables : la pyrogazéification se développe dans les territoires

Pyrogazéification

Produire du gaz de synthèse à partir de biomasse, tel est le principe de la pyrogazéification. En France, la filière est naissante mais les projets se multiplient dans les territoires. Même si l’absence de cadre réglementaire peut freiner leur concrétisation.

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Unité de pyrogazéification de la société W&nergy

Electricité, chaleur et même hydrogène vert. En chauffant et en privant d’oxygène les matières organiques, la pyrogazéification produit un mix de différentes énergies, sous forme de gaz de synthèse. Alors que le procédé a été développé à l’échelle industrielle depuis plus de 10 ans en Allemagne, notamment, la France se penche tout juste sur cette technologie.

 

A Saint-Nolff, dans le Morbihan, la société W & nergy est l’une des premières à s’être lancée le défi de produire de l’énergie décarbonée à grande échelle, grâce à des déchets de bois. L’entreprise de 20 salariés a levé 7 millions d’euros en début d’année pour réunir 40 millions d’euros grâce à un effet de levier auprès des banques. L’objectif : financer 5 projets. Le premier, dont le coût est estimé à 4,5 M€ verra le jour en Bretagne et le second, à 11 M€ devrait être construit en Auvergne. Deux autres sites sont prévus en Guadeloupe ainsi qu’un en Guyane. Et la société cible également la Réunion ou la Nouvelle Calédonie.


Produire de l’électricité à partir de biomasses

Car les zones non interconnectées sont particulièrement intéressées par ce procédé. « De nombreuses îles et territoires français importent du fioul lourd par bateau afin de faire fonctionner des centrales polluantes pour produire leur propre électricité. Ce qui a également un coût élevé », détaille Adrien Haller, le dirigeant. Grâce à une unité de pyrogazéification, ces territoires pourraient donc produire de l’électricité à partir de biomasses. « L’idée est d’y injecter du bois qui n’avait, jusque-là, pas de solution pour être valorisé. Nous pouvons également utiliser des planches faiblement encollées, comme des résidus de meubles », précise le dirigeant qui envisage ainsi de donner une seconde vie à des millions de tonnes de bois. En plus de l’électricité, la pyrogazéification produit de la chaleur, qui peut aussi être vendue à des industriels. Dans le même temps, le gaz produit peut être transformé en hydrogène. « L’idée sera, à terme, de développer cette énergie en créant de petits écosystèmes autour des sites de production afin d’éviter de transporter l’hydrogène, qui est fuyant. Il s’agit là de projet de territoires, car l’engouement pour cette énergie est certain », estime le dirigeant.


Une absence de cadre réglementaire

Comme W & nergy, les acteurs désireux de lancer des projets de pyrogazéification se multiplient. La société nantaise Iremia, spécialisée notamment dans la production d’énergie via les biomasses, vient de s’associer au logisticien Idea, à Montoir-de-Bretagne. Ensemble, ils ont créé l’entreprise Hymoov dont l’ambition est également de produire de l’hydrogène vert à partir de bois. Un projet soutenu par GRDF, la Région Pays de la Loire et Bpifrance. La première unité devrait voir le jour en 2023, près de Saint-Nazaire, pour valoriser 15 000 tonnes de déchets par an permettant de produire 33 000 Mwh d’électricité.

 

Toujours dans l’Ouest, la start-up Qairos, en Sarthe, se positionne elle aussi sur le marché de l’hydrogène vert. Elle envisage de collaborer avec des agriculteurs locaux afin de cultiver du chanvre industriel, pour alimenter ses unités. Mais la société attend toujours un financement de l’Ademe de 8 millions d’euros, soit un tiers de l’investissement global, pour pouvoir se lancer.


Et si le financement peut être un frein, le manque de cadre réglementaire l’est aussi. Pour la vente de biogaz par exemple, des conditions tarifaires sont établies par la programmation pluriannuelle de l’énergie émanant du gouvernement. Ce n’est pourtant pas le cas pour la pyrogazéification. Aucune législation n’encadre pour le moment le tarif de rachat de l’électricité. Ce qui peut freiner la concrétisation de certains projets.

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