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Un voilier hydrolien pour alimenter les îles en énergie propre

Technologie

La start-up nantaise Farwind energy veut créer un navire, propulsé par des rotors et capable de produire de l’électricité. Une énergie qu’elle souhaite notamment vendre à des collectivités insulaires, souvent obligées de produire leur propre énergie via des procédés polluants. Mais l’idée est aussi de fournir de l’hydrogène et du méthanol, pour multiplier les usages.

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Utiliser le vent pour produire de l’électricité, de l’hydrogène et du méthanol en pleine mer, tel est le projet de Farwind energy. Cette start-up nantaise a développé « une innovation de rupture » issu des travaux de recherche de l’école Centrale de Nantes. « Nous allons concevoir un navire, qui se déplacera avec des rotors Flettner. Ce sont des grands mats qui auront la fonction de voiles. Et ce bateau sera équipé d’hydrogénérateurs, sous la coque, qui permettront de produire de l’électricité grâce à des hélices », détaille Arnaud Poitou, le président. Avec cette électricité, la société prévoit différents usages. Le premier : stocker l’énergie dans des batteries en lithium, fer et phosphate, très résistantes. « Chaque bateau de 80 mètres sera équipée de 150 tonnes de batterie », précise le dirigeant. Environ 40 MW/h d’électricité pourront être produits sur le navire, ce qui correspond à la consommation de 500 à 1000 foyers. « C’est une capacité plus importante que celle des plus grosses éoliennes terrestres », assure Arnaud Poitou.

 

Un apport d’électricité complémentaire aux Antilles 

Une fois stockée l'énergie peut par exemple servir à électrifier les quais pour éviter que les bateaux, comme les Ferry, n’aient à faire tourner leur moteur pour avoir accès à l’électricité dans les ports. « Nous avons notamment un projet avec le port de Marseille », précise le président. Mais la société cible avant tout les îles, et notamment les Antilles avec qui elle a déjà noué des liens. « Ces territoires fabriquent leur propre énergie via des centrales thermiques et du pétrole. Ce sont des procédés très polluants. En utilisant un navire, on pourrait économiser jusqu’à 600 tonnes de CO2 par an », anticipe Arnaud Poitou qui estime qu’avec 15 bateaux, 10 % des besoins de la Guadeloupe pourraient être couverts. Sans compter que, sur l’île, les coupures d’électricité sont fréquentes. Le système pourrait donc constituer un apport complémentaire lors des pics de demande.

 

En parallèle, Farwind energy prévoit de transformer l’électricité produite en hydrogène, sur un autre type de navire. « Près d’une tonne pourrait être produite par jour. Ce qui correspond à peu près à la production d’une grosse éolienne », schématise le dirigeant. Avec cette énergie, la société envisage de fournir les villes côtières, pour leur flotte de bus par exemple, leurs camions poubelles ou les trains. La start-up a déjà des pistes « autour de Nantes et Saint-Nazaire », et encore une fois, aux Antilles. Puis, sur un troisième type de bateau, elle envisage de produire du méthanol, en faisant réagir l’hydrogène avec du CO2. L’idée : créer un bio-carburant pour le transport maritime par exemple. Farwind energy prévoit ensuite de créer des sociétés de projets pour gérer des flottes de navires et vendre l’énergie produite. 

 

Réunir 18 M€ pour construire un bateau de 80 mètres

Pour réaliser un premier prototype de 6 mètres de long, la société vient déjà de lever 1 M€ auprès de Business Angels, family offices et de la filiale Centrale innovation de l’école nantaise. La prochaine étape est de construire un navire à l’échelle, de 80 mètres de long, capable de produire 10 GW/h par an. Pour ce faire, Farwind energy doit réunir les 18 millions d’euros nécessaire au financement de ce bateau. « L’idée est de lever 9 à 10 millions d’euros auprès d’investisseurs puis de réunir la même somme en profitant des dispositifs d’aides européens », précise le dirigeant. La livraison est prévue pour 2024. Mais d’ici là, Farwind energy « reste à l’écoute des collectivités, désireuses de s’ouvrir à cette innovation de rupture », pour imaginer de nouveaux usages.

 

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