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L’éolien citoyen a le vent en poupe

Eolien

Depuis la naissance du premier parc, porté par un millier d’habitants dans le Morbihan, les projets éoliens citoyens se sont multipliés en France. Les collectivités investissent désormais dans ces projets. Une manière de répondre aux enjeux de développement des énergies renouvelables mais aussi de rassembler la population, pour faire face à une hostilité grandissante à l’égard de l’éolien.

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Pour développer l’énergie éolienne, les collectivités s’adressent d’ailleurs désormais directement aux collectifs de citoyens.

Le premier parc éolien citoyen de France est en activité depuis 2015 à Béganne, en Bretagne. Un millier d’habitants ont investi dans cette ferme qui permet de fournir de l’électricité à 8 000 foyers. Depuis, près d’une centaine de projets ont vu le jour un peu partout en France, en particulier dans l’Ouest, et près de 300 seraient en cours de développement selon l’Ademe. L’association Energies citoyennes en pays de Vilaine, porteuse du premier projet breton, a notamment créé un second parc à Sévérac-Guenrouët (44), en 2016, puis un troisième à Avessac (44), en 2017. Et elle envisage de créer trois autres champs d’éoliennes en Loire-Atlantique. Dans le département, l’association Eola, pour Eoliennes du Pays d’Ancenis, a également deux projets de parcs, sur les communes de Teillé et Trans-sur-Erdre mais aussi à Riaillé. « Dans la région, le « faire ensemble » est important. Les citoyens créent ce type de projet parce qu’ils veulent réaliser quelque chose de grand, collectivement », estime Philippe Branchereau, le président d’Eola. Selon Franck Aubin, en charge du développement économique de Mauges communauté, qui soutient trois parcs citoyens, « le dynamisme économique de la région explique aussi cet engouement. »


S’appuyer sur les citoyens pour développer l’éolien

Mais si les collectivités soutiennent aujourd’hui les projets citoyens, elles n’étaient, au départ, pas facile à convaincre. Pour la construction de son premier parc, Eola n’a réussi à séduire que la société d’économie mixte du département, Loire atlantique développement Sela. Cette SEM a injecté 450 000 € dans le futur parc de Teillé et Trans-sur-Erdre, aux côtés de 800 particuliers ayant réuni au total 1,8 M€. Le projet, né il y a 10 ans et inspiré du parc de Béganne, ne rassurait pas les municipalités à l’époque. D’autant qu’il nécessitait un investissement conséquent, de l’ordre de 20 M€. Avec la multiplication des projets sur le territoire, la vision des collectivités a toutefois évolué. « Les citoyens ne nous ont pas forcément attendu, mais aujourd’hui, nous voulons réaliser les futurs projets ensemble », assure le chargé de développement économique de Mauges Communauté, qui a notamment investi 1,5 M€ pour l’implantation des 5 éoliennes de l’Hyrôme (49), en service depuis un an et soutenu également par le Département du Maine-et-Loire.

Selon l’élu, l’éolien citoyen permet en effet d’apporter « une valeur ajoutée au territoire et de développer les énergies renouvelables. » Car Mauges communauté s’est fixé pour objectif d’être « un territoire à énergie positive d’ici 2050. » Pour développer l’énergie éolienne, les collectivités s’adressent d’ailleurs désormais directement aux collectifs de citoyens. C’est le cas par exemple de la commune Loireauxence, près d’Ancenis, qui souhaite installer un parc sur son territoire et veut mobiliser les citoyens. Cette dernière a donc fait appel à l’association Eola pour convaincre les habitants. « Les rôles se sont inversés, remarque Philippe Branchereau. Pour les collectivités, ces projets citoyens ont un grand intérêt. Cela leur permet de ne pas porter le projet en leur nom et donc de limiter les risques, notamment en vue des élections. » Car l’éolien est devenu très polémique. Comme pour la plupart des projets, plusieurs recours ontété déposés contre l’implantation de 5 éoliennes en Loire-Atlantique, porté par l’association Eola. Huit ans après le lancement du projet, le président de l’association estime que ce dernier ne pourrait voir le jour qu’en 2025. Pour les anti-éoliens, l’impact sur le paysage est en cause.

 

Augmenter le taux d’acceptabilité

Les projets citoyens ne calment donc pas la colère des associations anti-éoliennes. Mais le fait de fédérer les habitants d’un territoire permet de faire « contre-poids. » « Si nous voulons que les citoyens adhèrent à ces projets, il faut les associer », estime Franck Aubin. Cela permettrait en effet d’augmenter le taux d’acceptabilité des projets. De son côté, le gouvernement souhaite favoriser l’éolien citoyen, notamment en « co-finançant un réseau de conseillers techniques pour aider les collectivités », a annoncé Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, en mai dernier. La loi de programmation pluriannuelle de l’énergie envisage en effet de produire jusqu’à 35 GW d’ici 2028, ce qui impliquerait de doubler le nombre d’éoliennes sur le territoire.

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