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Grand Angoulême avance vers la souveraineté alimentaire

Alimentation

Être en capacité de nourrir ses 150 000 habitants, c’est l’objectif que s’est fixé la communauté d’Agglomération du Grand-Angoulême. Un défi lancé en 2016, dont les jalons sont aujourd’hui posés.

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« Il y a quelques années, nous avons pris conscience que nos productions locales comme le blé, étaient en quasi-totalité exportées et que, pour nous nourrir, nous avions besoin d’importer la grande majorité de nos consommations », résume Vincent You, vice président du Grand-Angoulême. En 2016, la communauté d’Agglomération a donc fait le choix d’aller vers une forme d’autonomie alimentaire pour nourrir ses 150 000 habitants. Comment ? D’abord en modifiant le plan local d’urbanisme intercommunal afin de freiner l’empiètement de la zone urbaine sur les terres agricoles. « La première chose qui nous a motivé dans cette démarche de souveraineté alimentaire, c’est l’arrêt de l’expansion urbaine anarchique. Notre volonté est de remettre l’agriculture au cœur de notre territoire », poursuit Vincent You. Notamment parce que la communauté d’Agglomération voit une grande partie de ses fermes disparaître et veut enrayer le phénomène. « 200 des 400 fermes de la communauté d’Agglomération sont en cours de transmission et la moitié d’entre elles n’ont pas de repreneurs identifiés », souligne Aurore Dupont, coordinatrice du projet agriculture et alimentation.

 

La création d’un marché d’intérêt local

La collectivité, dispose aujourd’hui d’environ 30 000 hectares de surface agricole et pourrait, grâce à cela, être quasiment autonome. « Nous cultivons des céréales, des oléagineux, des légumes, des noix, du vin, énumère Aurore Dupont. Nous avons toutefois peu de fruits et nous savons que 100 % des légumes bio produits sur le territoire sont consommés localement. Mais la production ne suffit pas à répondre à la demande. » Quelques ajustements sont donc prévus : produire plus de bio, en permettant notamment aux maraichers de mutualiser leurs outils et les espaces de stockage pour gagner en efficacité, ou diminuer la consommation de viande pour réduire les impacts négatifs de l’élevage sur les terres agricoles. Pour passer concrètement à l’action, le Grand-Angoulême a été conseillé par l’association Les Greniers d’Abondance, spécialisée dans l’accompagnement des collectivités vers la résilience alimentaire. « Nous avons commencé par créer des partenariats avec des acteurs institutionnels comme la chambre d’agriculture mais aussi avec des agriculteurs ou des syndicats… », précise Vincent You.

 

Un rapprochement découlant sur une feuille de route, avec 12 objectifs. Parmi eux : un soutien à l’installation pour éviter la disparition des fermes, un changement de pratique en favorisant les cultures bio, un développement des surfaces d’intérêt écologique en replantant des haies notamment, sources de biodiversité, la création d’une filière blé et farine afin de produire une baguette charentaise ou encore le développement de solutions pour lutter contre les espèces invasives comme l’ambroisie. Dans le même temps, la collectivité envisage de créer un marché d’intérêt local pour favoriser la consommation des produits locaux sur le territoire et fournir les restaurants. Une étude de marché est en cours.

 

Une plateforme en ligne pour vendre les produits locaux

Pour permettre à ses habitants de consommer local, la collectivité s’appuie également sur le numérique. Elle vient de créer une plateforme de vente en ligne avec un réseau de distribution et de logistique permettant aux agriculteurs de vendre directement leurs produits aux consommateurs. En lien avec ce site, la Grand-Angoulême a développé une monnaie locale : la bulle, qui ne peut être dépensée que dans les commerces locaux. Selon Vincent You, toutes ces démarches ont été accélérées avec la crise sanitaire. « Notre logique de résilience était déjà présente mais la pandémie nous a fait prendre conscience que nous vivions dans un monde avec des pénuries, des maladies en lien avec les dérives alimentaires et que la mondialisation avait de lourdes conséquences au niveau local. »

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