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Infrastructure mutualisée : Paris2Connect passe en phase opérationnelle

Technologie

Comment déployer une infrastructure mutualisée couvrant de multiples usages de la smart city ? Au-delà de la technique, il ne faut pas sous-estimer les enjeux juridiques et organisationnels, concluent les porteurs du projetParis2Connect. Le soutien de la collectivité territoriale est également une clé du succès. Alors qu’il passe en phase opérationnelle, retour sur ce projet unique en Europe, qui pourrait être décliné au-delà de la capitale.

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Tester le concept d’infrastructure mutualisée dans les rues de Paris, en déployant des capteurs sur le mobilier urbain (lampadaires et feux de signalisation) pour couvrir de multiples usages de la smart city, allant de la régulation du trafic aux véhicules autonomes, en passant par le guidage des déficients visuels. Telle est l’ambition de Paris2Connect, un projet expérimental unique en Europe visant à démontrer la faisabilité d’une "infrastructure urbaine mutualisée". Après deux ans de premiers travaux et développements, le projet passe en phase opérationnelle. « Courant janvier, nous allons installer nos premiers "smart pôles", ou mâts connectés, sur un parcours de 3,5 km entre les gares d’Austerlitz, Lyon et Bercy, explique Laurent Benet, directeur stratégie et innovation pour ATC France et représentant du consortium Paris2connect. L’objectif est de tester les technologies en conditions réelles, en élargissant les cas d’usages au-delà du véhicule autonome. Le cas d’usage navette autonome a clairement servi d’accélérateur et de fédérateur au projet. Mais l’idée est aujourd’hui d’aller au-delà de ce cas d’usage phare au service de la smart city. »
Lancé en 2018, dans le cadre de l’appel à projets "quartier d’innovation urbaine" (QIU) pour Paris Rive Gauche (13e arrondissement), Paris2Connect est porté par un groupement de huit acteurs : ATC France, Audiospot, Aximum, Exem, Nokia, Parking Map, RATP et Signify. Il bénéficie du soutien de la ville de Paris, dont le rôle s’est considérablement renforcé. Après avoir mis à disposition un terrain d’expérimentation, la capitale a décidé de participer au financement de projet, dont le budget total avoisine les trois millions d’euros. « Le renforcement du rôle de la ville de Paris est une des évolutions majeures du projet. Nous sommes aujourd’hui convaincus qu’une implication forte de la collectivité territoriale est une des clés du succès pour tout déploiement d’une infrastructure urbaine mutualisée », souligne Laurent Benet.


Des enjeux autant techniques, juridiques qu’organisationnels

Durant la première phase de Paris2Connect, de 2018 à 2020, des tests techniques ont été réalisés sur le site d’innovation et d’expérimentation de Nokia Paris-Saclay (Essonne). Des premiers capteurs déployés ont servi à tester deux cas d’usage autour du guidage de déficients visuels par smartphone et du comptage de trafic, notamment de cyclistes.
Mais ces premiers tests techniques n’ont finalement été qu’un des éléments du projet. « Il y a eu aussi de gros enjeux en matière organisationnelle, pour tenir compte des stratégies des acteurs et de leurs compétences respectives ». ATC France évoque également d’importantes questions réglementaires et juridiques, notamment autour du RGPD. « La protection des données personnelles et la gouvernance de la data sont des questions à ne pas sous-estimer dans un projet d’infrastructure mutualisée. Elles peuvent s’avérer plus complexes que prévu. Le parti pris est de ne travailler que sur des cas d’usage s’appuyant sur des données anonymisées. »


Des expérimentations jusqu’en 2023

En 2021, neuf "smart pôles" vont être déployés sur la zone de test dans la capitale. Ces luminaires connectés intégreront 5 à 6 capteurs dont des LiDAR (light detection and ranging), qui permettent de détecter la distance de différents objets dans une rue, grâce à une télédétection par laser. Ces mâts connectés vont également disposer de caméras, dont certaines thermiques, ainsi que des capteurs de qualité de l’air et de sons. « L’idée est que chaque capteur génère des données qui pourront servir à différents usages. C’est le principe de l’infrastructure mutualisée. Il y a donc un gros travail autour du traitement de la donnée », précise Laurent Benet.
Chronologiquement, les premiers cas d’usage testés seront l’optimisation de la gestion du trafic grâce à l’exploitation de données anonymisées de l’infrastructure et la supervision des carrefours complexes. Suivront ensuite l’analyse de l’environnement sonore pour améliorer la gestion du trafic. Des tests de services de logistique exploitant des drones de livraisons ont également été évoqués. Enfin, le cas d’usage "phare" autour des navettes autonomes devrait quant à lui être testé en dernier.
« Le plus dur est derrière nous, mais il reste encore beaucoup de défis à relever. Nous allons mener les différentes expérimentations jusqu’en 2023. D’ici là, le projet devrait encore évoluer au niveau des cas d’usages, mais aussi des acteurs impliqués. Nous souhaitons en effet ouvrir l’écosystème à de nouveaux partenaires, dont des start-up innovantes », conclut Laurent Benet. Et après Paris, des déclinaisons de ce projet expérimental autour de l’infrastructure urbaine mutualisée, pourraient être envisagées dans d’autres territoires.

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