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Cityscoot : 2 ans, 2 roues et le plein de projets

Mobilité

Deux ans après son lancement commercial, le service Cityscoot dispose d’une flotte de 2 800 scooters sur Paris, s’est déployé à Nice avec 500 véhicules, et va bientôt s’implanter dans les rues de Milan, capitale économique de l’Italie. La start-up a également réalisé plusieurs levée de fonds, dont la dernière a rassemblé 40 millions d’euros en février 2018.

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« Cityscoot a bousculé les habitudes de dizaines de milliers d’usagers parisiens en leur offrant plus de mobilité, de souplesse et de flexibilité, avec zéro impact sur la qualité de l’air et pas d’empreinte sonore. Ce nouveau service, créé par une startup parisienne, a aussi permis la création d’une centaine d’emplois, preuve que la transition énergétique représente aussi de véritables opportunités économiques. » Le 13 juillet 2017, Anne Hidalgo ne cachait pas son enthousiasme à l’heure de fêter le premier anniversaire commercial de Cityscoot et ses quelques 1 100 deux-roues électriques en circulation dans la capitale. Une réussite qui lui tient à coeur pour des raisons écologiques, économiques, mais aussi politiques. Le lancement d’un service de scooters électriques à Paris était en effet l’une des promesses marquantes de sa campagne électorale de 2014.
Par chance, cette volonté politique colle alors parfaitement avec le projet entrepreneurial de Bertrand Fleurose, fondateur de Cityscoot. « Avec plus de 100 000 scooters thermiques à Paris intra-muros, nous avions un pan important de la mobilité partagée qui n’était pas encore couvert. » En juin 2015, une première version du service est d’abord lancée en phase test avec 50 scooters électriques financés sur les fonds propres des créateurs de l’entreprise. Trois années plus tard, l’expérimentation s’est transformée en une indéniable réussite. A l’heure d’écrire ces lignes, plus de 3 700 000 locations temporaires de véhicules Cityscoot en libre service ont ainsi été réalisés en Île-de-France. Mieux, le service est désormais pleinement intégré à l’écosystème local de la mobilité comme s’en félicite Vincent Bustarret, directeur marketing de la start-up. « Cityscoot a modifié les habitudes de circulation à Paris et a offert à ses usagers plus de mobilité, de souplesse, de flexibilité, tout ceci dans une perspective de respect de l’environnement et du cadre urbain. »


Un service prisé des jeunes actifs branchés

Trois années après les premiers tour de roue, la route du scooter électrique semble donc sans limite ? Pas forcément. D’abord en raison du profil-type de l’utilisateur. Il s’agit souvent d’un homme (80% de la base d’inscrits au service) de 25 à 35 ans, actif, qui utilise le service Cityscoot pour son trajet domicile-travail. Cette catégorisation aussi nette de sa cible est sans doute liée au coût élevé d’utilisation de Cityscoot. Accessible uniquement via une application pour smartphone, l’emprunt d’un des scooters de la startup ne nécessite ni abonnement ni engagement de durée, mais quelques euros sur son compte bancaire : le prix facturé est de 20 à 28 centimes la minute, suivant l’option de règlement choisie par l’utilisateur. Pour un trajet moyen de 14 minutes à Paris, la course s’élèvera donc entre 2,80 et 3,92€. Bien plus élevé que celui du métro ou du Vélib, ce tarif pourrait limiter la conquête de nouveaux abonnés.


Stationnement urbain : un frein pour demain ?

Autre frein fréquemment soulevé par les piétons et certains élus : le stationnement et l’empiètement sur les trottoirs parisiens. Le fort développement des deux-roues motorisés ces dernières années a transformé certains trottoirs en parkings sauvages. La flotte Cityscoot n’échappe pas à cette tendance et se retrouve régulièrement sur le banc des accusés des réseaux sociaux. « Les utilisateurs de Cityscoot doivent davantage respecter les autres usagers de la voirie. Cela permettra d’améliorer l’acceptabilité de ce moyen de transport par le plus grand nombre » juge ainsi Marie-Xavière Wauquiez, consultante mobilité et anciuenne responsable du Rolling Lab de Paris&Co (2015-2018). Des accusations que Vincent Bustarret préfère d’abord relativiser. « Avec seulement 50 000 places de parking dédiées aux deux-roues motorisés à Paris pour deux à trois fois plus de scooters et motos, la pénurie de places et le problème de stationnement qui en découle sont bien antérieurs au déploiement de notre flotte de 3 000 scooters. »
Pour autant, alors que certaines communes d’Île-de-France - comme Vincennes et Charenton - tentent de limiter les abus en instaurant un stationnement payant pour les deux-roues, CityScoot plaide pour un tarification favorable à la “transition écologique”. Autrement dit : dédouaner les véhicules électriques de toute contribution financière et les réserver à leurs équivalents thermiques. Plus largement, l’entreprise en appelle à la responsabilité de ses utilisateurs : pour elle, c’est le conducteur qui se rend coupable de stationnement gênant, et en conséquence Cityscoot lui refacture les amendes afférentes - agrémentées de 15 € de frais de dossier. « Une prévention active est mise en oeuvre, via l’application ou par mailing ciblé » précise enfin Vincent Bustarret. Difficile d’avoir l’avis de la Mairie de Paris sur ce sujet, ses élus n’ayant pas répondu à nos sollicitations d’entretien.


Coup, Velib’, trotinettes… une saine concurrence

Fort de son expérience, Cityscoot se positionne comme le leader sur ce marché, mais la concurrence s’organise. L’arrivée de Coup, né à Berlin en même temps que Cityscoot, à Paris début 2018, sur le même projet de scooters électriques de 50cm3 et une flotte significative (1 600 scooters à date), montre que le marché se structure avec deux opérateurs et reste loin de la saturation. L’émergence récente des trottinettes électriques, pouvant atteindre 25 km/h, peut également être considérée comme concurrente, même si la cible et l’usage ne sont pas les mêmes. Et quid du Vélib’, le pionnier du véhicule partagé à Paris depuis son apparition en 2007 ? Là encore, les usagers diffèrent. Pis, l’accident industriel terrible qui a suivi le départ du gestionnaire JC Decaux puis l’arrivée du consortium Smovengo a conduit les abonnés du service à se tourner vers d’autres solutions pour leurs déplacements quotidiens. Y compris vers une solution motorisée comme Cityscoot ? « En tout cas, cela ne nous a pas nui », élude son directeur.


Un avenir tourné vers le déploiement international

Dans tous les cas, Paris et l'Île-de-France semblent déjà trop petit pour Cityscoot. Son directeur marketing, Vincent Bustarret reconnaît que « Paris est une ville particulièrement propice au développement de services de véhicules partagés, grâce à sa très forte densité de population de 21 000 habitants par km², ce qui assure une forte rotation des véhicules et une répartition homogène du parc sur son territoire. » Depuis le début de l’année Cityscoot est également présent à Nice avec 500 scooters électriques. Début 2019, c’est en Italie que s’écrira le futur de l’entreprise, avec un lancement à Milan, la capitale économique de la Botte. La ville possède une forte densité de population, elle-même habituée aux services de transports partagés. Mais surtout, reconnaît Bertrand Fleurose, « Milan a manifesté son envie de scooters électriques en libre service, alors très naturellement nous favorisons les municipalités qui ont un a priori positif à notre égard. » Ne reste plus qu’à savoir si Giuseppe Sala, maire de Milan, participera à la conférence de presse de lancement.

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