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Les données, mine d’or pour les projets d’autoconsommation collective

Energie

Tribune rédigée par Déborah Thebault, chargée d’affaires énergie chez Keynergie.

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« Un projet d’autoconsommation bien conçu vise à maximiser le productible solaire et à minimiser les injections de surplus sur le réseau ». Déborah Thebault, chargée d’affaires énergie chez Keynergie.

L’autoconsommation collective bénéficie d’une nouvelle dynamique depuis la loi n° 2017-227 du 24 février 2017 et le décret n° 2017-676 du 28 avril 2017 l’ayant dotée d'un statut juridique. Elle peut être motivée par des perspectives de rentabilité économique (dont les modèles d'affaires sont encore en cours d'expérimentation) mais également par la volonté de produire et consommer localement, ou une recherche d'autonomie.
Un projet d’autoconsommation bien conçu vise à maximiser le productible solaire et à minimiser les injections de surplus sur le réseau, en adaptant la courbe de charge à la production, et en faisant correspondre le profil de production à la consommation, via l’inclinaison ou l’orientation des panneaux photovoltaïques. Cette optimisation est d’autant plus nécessaire que l’autoconsommation collective ne bénéficie pas de tarif d’achat en cas de surplus. Ces difficultés sont souvent sous-estimées. Pourtant, certains profils de consommation peuvent se révéler anticycliques par rapport à une production solaire. C'est pourquoi une analyse fine de la consommation est requise, afin d'optimiser le dimensionnement et la configuration de l'installation.

 

Retour d’expérience d’un cas anticyclique

Déborah Thebault, chargée d’affaires énergie chez Keynergie

Dans le cadre d'un projet d'autoconsommation collective, nous avons été amenés à étudier la consommation de deux bâtiments appartenant à une collectivité, en aval d'un même poste HTA/BT (Haute tension, basse tension). Ces deux bâtiments aux fonctions et profils d’utilisation différents - un immeuble de bureaux et une salle de spectacles -, doivent à terme être dotés de panneaux photovoltaïques et pourront s’échanger leur production respective.
L'analyse détaillée des courbes de charge (point 10 minutes), des caractéristiques des bâtiments, des conditions météorologiques et des plannings de présence a révélé une consommation journalière et annuelle anticyclique par rapport à une production solaire. Et ce, même en cas de mutualisation des productions. Leurs bureaux connaissent toute l’année un creux de consommation sur l’heure de midi. Quant à la salle de spectacle, sa consommation est très variable au cours d’une semaine : la salle peut être fermée toute la journée, accueillir plus de 1 000 personnes en soirée et elle montre surtout une faible utilisation l’été.
A cette occasion, l’analyse des données conjuguée à notre expertise énergétique nous a également permis de déceler une consommation excessive de la pompe à chaleur le week-end, y compris la nuit, et de grands appels de puissance (80 kVA) le matin avec la charge de véhicules électriques. Nos préconisations ont permis d'améliorer l'efficacité énergétique au moyen du réglage du système de chauffage et refroidissement, et permettront d’optimiser le taux d’autoconsommation grâce au lissage de la charge des véhicules électriques sur la journée.
Ces actions permettront d’augmenter la part d’énergie solaire consommée sur site et de réduire la facture énergétique : diminution des kWh soutirés au réseau et éventuellement diminution de la puissance souscrite…


Quel intérêt du stockage ?

Le stockage accroît les coûts d’un projet, et évaluer son intérêt économique est une question complexe, surtout quand les bâtiments montrent des statistiques de consommation très variables d’une journée à l’autre. Il convient donc de déterminer le mode d’utilisation du stockage le plus probable. Une solution consiste à réaliser des simulations de Monte-Carlo : à partir d’historiques de données, on génère des « futurs probables » de consommation et de production solaire, avant de choisir les caractéristiques du système de stockage (technologie, puissance, capacité…) permettant d’optimiser différents indicateurs comme le taux d’autoconsommation, la facture d’électricité, le vieillissement du système, etc.
Un projet d’autoconsommation collective complexe requière donc une étude détaillée préalable conjuguant analyse de données et expertise énergétique.

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Christine Doussot, directrice de clientèle
christine.doussot@smartcitymag.fr
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