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Clarifications, encouragements ou réactions épidermiques, le THD suscite les passions

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De l’annonce du président Macron d’un « bon débit pour tous » à celle de SFR de fibrer sur fonds propres tout le territoire, le sujet du très haut débit a remué les collectivités cet été. Pour clôturer – peut-être ? – ce feuilleton, une grande plénière lui était consacré en ouverture de la 12ème édition de RuraliTIC.

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L'édition 2017 de RuraliTIC s'est déroulée du 28 au 30 août à Aurillac.

« Il reste beaucoup à faire mais il y a une dynamique incontestable ». Antoine Darodes, directeur de l’Agence du Numérique, se veut rassurant sur l’avancée du plan France Très Haut Débit (THD), qui vise à couvrir en fibre l’intégralité du territoire en 2022, et avance un rythme de 10 000 prises FTTH raccordables par jour ouvré. De quoi être satisfait ; mais lors de la conférence dédiée au THD à laquelle il a pris part à RuraliTIC, l’événement consacré au numérique en ruralité, des voix se sont élevées pour reprocher, d’une part, les retards de déploiements dans les zones AMII (moyennement denses), et dénoncer, d’autre part, le trouble semé parmi les collectivités par les annonces estivales des politiques et des opérateurs.

Remonté, Pascal Coste, président du conseil départemental de Corrèze et président de la commission Ruralité de l’Assemblée des Départements de France, s’agace : « nous attendons des opérateurs qu’ils s’occupent des zones AMII et qu’ils nous fichent la paix sur les RIP. » Il évoque des « comportements de voyous » en faisant référence à l’attitude des grands opérateurs, et notamment de SFR qui a proposé de fibrer sur fonds propres tout le territoire. Cette ambition ne convainc pas certains et inquiète d’autres, comme Antoine Darodes qui invite à la vigilance afin de « protéger les investissements déjà engagés, notamment publics, en zone rurale. »

 

Coordonner les projets, articuler les différentes technologies

Présent à cette conférence, Lionel Recorbet, directeur des relations avec les collectivités locales de SFR, détaille les projets de son entreprise : si elle honorera les 28 RIP qu’elle a contractualisés, « la stratégie première est d’être propriétaire des réseaux, donc nous pourrons renégocier avec les collectivités », laissant ainsi la possibilité de repenser les investissements. Son homologue d’Orange, Cyril Luneau, prévient : « Ces déclarations complexifient la situation à un moment où nous avions besoin de clarification. SFR va un peu trop loin… il faut savoir être bon perdant et ne pas combattre les projets de RIP qu’on a perdu ». « Si c’est rentable pour SFR, ça le sera pour les collectivités, alors positivons ! » conclut pour sa part Patrick Chaize, président de l’Avicca et sénateur de l’Ain.
Concernant l’annonce du président Macron d’un « bon débit pour tous en 2020 », elle aussi a suscité les réactions des collectivités cet été. Antoine Darodes précise qu’il s’agit d’ « une bouée intermédiaire dans la régate », qui « ne remet pas en cause le plan France THD ». Là où la fibre mettra du temps à arriver, un mix technologique pourrait être déployé afin d’améliorer à court terme la situation. Les solutions ? La VDSL (plus rapide que l’ADSL), le RTTH (technologie radio), le satellite, la 4G fixe… Autant d’alternatives qui peinent aujourd’hui à trouver des utilisateurs. « Selon une récente enquête IFOP, 65% des français ne connaissent pas d’autres technologies que l’ADSL et la fibre » déplore Christophe Outier, directeur commercial de Nordnet. Il en appel à mener un travail pédagogique auprès de la population ; et pourquoi pas auprès des collectivités pour qu’elles intègrent ces technologies dans leurs plans d’aménagement.

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