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Dan Lert, Ville de Paris : « En 2042, notre réseau de froid couvrira l’ensemble du territoire parisien »

Réseaux de chaleur et de froid

La Ville de Paris signe aujourd’hui un contrat de concession avec le groupement Fraicheur de Paris (Engie, RATP) afin de développer son réseau de froid. D’ici 20 ans, cette infrastructure doit tripler de taille pour couvrir l’ensemble du territoire parisien, contre 43% aujourd’hui. Le développement de ce premier réseau de froid en Europe (et 11e au monde) doit permettre d’endiguer la prolifération inquiétante de climatisations individuelles, explique Dan Lert, adjoint à la Maire de Paris en charge de la transition écologique, du plan climat, de l'eau et de l'énergie. Il détaille également l’évolution du réseau de chaleur parisien qui va passer de 52% à 75% d’EnR&R d’ici 2030.

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Pourquoi la Ville de Paris fait évoluer ses réseaux de chaleur et de froid ?
Ces réseaux sont essentiels pour la politique de transition énergétique que la ville de Paris s’est fixée. La neutralité carbone à 2050 ne pourra être atteinte qu’en développement fortement le RCU (réseau de chaleur urbain, NLDR), et en verdissant son mix énergétique. C’est un enjeu stratégique.

 

La Ville de Paris s’apprête d’ailleurs à « classer » son réseau de chaleur, conformément à la loi énergie-climat de 2019. Ce classement va rendre obligatoire le raccordement au réseau, pour les bâtiments neufs ou pour les bâtiments faisant l’objet de grosse réhabilitation impliquant le remplacement des installations de chauffage, dans une « zone de développement prioritaire » d’une soixantaine de mètres autour du réseau existant. Dans le même temps, nous avons travaillé à la définition d’un nouveau barème de raccordement, qui va fortement réduire les prix du raccordement, tout en donnant de la transparence et de la visibilité aux demandeurs de raccordement.

 

Dans un contexte de crise énergétique, ces évolutions vont contribuer à renforcer l’attractivité de la chaleur et devraient permettre de dynamiser les raccordements, que ce soit pour des logements privés (copropriétés), des logements sociaux, et les équipements publics parisiens.

 

Concernant le réseau de froid, la Ville de Paris a récemment conclu un nouveau contrat de concession avec le groupement « Fraicheur de Paris » (Engie, RATP). Cette délégation de service publique est entrée en vigueur début avril 2022 pour une durée de 20 ans et prévoit qu’au terme de cette concession l’ensemble du territoire parisien soit couvert par le réseau de froid.

 

Là aussi, c’est un enjeu très important pour l’adaptation de la ville au changement climatique, en particulier face aux vagues de chaleur qui vont s’intensifier et se multiplier. Plus ce réseau sera développé, plus nous serons en mesure de proposer une alternative aux solutions autonomes de climatisation, qui sont extrêmement énergivores et accentuent l’effet d’îlot de chaleur urbain, et que nous ne voulons pas voir se développer sur le territoire.

 

En quoi le réseau de froid représente-t-il une alternative écologique aux climatisations individuelles ?
Le réseau de froid dispose de plusieurs solutions techniques permettant d’utiliser soit le froid de l’eau de la Seine, soit de l’air ambiant via des tours aéro-réfrigérantes ; ces dernières étant alimentées par une électricité 100% renouvelable dont une partie proviendra prochainement de circuits courts (via des contrats d’achat direct auprès des producteurs). Ces deux technologies renforcent la performance et la résilience de ce réseau. Cette infrastructure ne génère pas d’îlot de chaleur et reste proportionnellement beaucoup moins énergivore que des climatiseurs individuels ; ce qui fait d’elle une solution de rafraîchissement pérenne et durable pour le territoire, avec un potentiel de développement important. Nous souhaitons que les grands consommateurs de froid s’y raccordent. Je pense à évidemment à l’hôtellerie, aux grands magasins, aux musées, aux hôpitaux.

 

Concrètement, quelles vont être les évolutions des réseaux de chaleur et de froid de la Ville de Paris ?
Aujourd’hui, notre réseau de chaleur chauffe 500 000 équivalant logements, et tous les hôpitaux parisiens. Notre Schéma directeur du réseau de chaleur que nous avons adopté en octobre 2021, définit une perspective de développement importante, avec des échéances à 2030 et 2050. En résumé nous ambitionnons un fort développement du réseau par densification et extension, pour augmenter le nombre d’abonnés de 26% d’ici à 2030 et 65% en 2050 par rapport à l’état actuel. Dans le même temps, nous voulons atteindre 75% d’EnR&R (énergies d’origine renouvelable ou de récupération, NDLR) en 2030 et 100% en 2050, sachant que nous sommes à 52% aujourd’hui. Cela passera notamment, d’ici 2050, par la création de 4 nouvelles centrales de production par rapport à 2020.

 

Côté froid, nous disposons également d’un schéma directeur qui date, lui, de 2019. Les objectifs de développement de ce réseau ont été contractualisés par la Ville de Paris avec le nouveau titulaire du contrat de concession (Fraicheur de Paris). Au terme de la concession, en 2042, voici les attendus :
- Couverture de l’ensemble du territoire parisien, avec 249 km de réseau
- Environ 3 000 clients raccordés avec une forte diversification, dont tous les hôpitaux parisiens
- 45% des besoins des Parisiens en froid
- 22 nouvelles centrales de production
- 9 nouvelles installations de stockage
- 100% d’énergies renouvelables et de récupération, dont 68% à haute valeur environnementale (HVE).

 

Lire également notre dossier « Réseaux de chaleur, réseaux de froid, des choix structurants pour réussir la transition énergétique des villes & territoires ? » à paraître dans Smart City Mag N°47

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