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Issy-les-Moulineaux lance son pilote So Mobility

Mobilité

Pour atténuer les nuisances de circulation dues au chantier du Grand Paris Express, la ville d’Issy-les-Moulineaux vient de lancer, en partenariat avec la Société du Grand Paris et le STIF (Syndicat des Transports d’Ile-de-France), une expérimentation de transport multimodal qui combine application connectée, parking intelligent, navettes autonomes et parcours piétons sécurisés.

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Comment continuer à se déplacer de la manière la plus fluide possible en Ile-de-France pendant la durée de l’immense chantier du Grand Paris Express, qui va durer jusqu’en 2030 ? C’est pour répondre à cette question que la Société du Grand Paris (SGP) a lancé en juin 2016 un programme d’expérimentation sur le thème de la mobilité baptisé So Mobility. Ce programme vise à proposer des solutions pour que les chantiers des 68 nouvelles gares, des 205 km de nouvelles lignes et de tous les programmes de construction qui vont autour ne soient pas un long cauchemar pour ceux qui se déplacent au quotidien dans la région capitale.
C’est dans ce cadre que la Ville d’Issy-les-Moulineaux a lancé son pilote So Mobility, première expérimentation multimodale du genre. L’expérimentation concerne plusieurs volets, qui prennent en compte des trajets « porte à porte », et font donc souvent appel à la combinaison de différents moyens de transport. La data est cœur du dispositif, puisque c’est des informations disponibles (état de la circulation, disponibilité des places de parking, horaires des moyens de transport…) que dépendra le choix du meilleur moyen de se déplacer.


La donnée au centre de tout

La question du stationnement des voitures faisant partie de l’équation du déplacement, l’opérateur de parkings Indigo s’est associé au projet en proposant une application pour smartphone (SoMobility) développée par deux start-up (OPnGO et Parking Map). La technologie de la première permet de réserver sa place de parking ; celle de la deuxième permet à l’automobiliste de se faire guider jusqu’à sa place, qu’elle soit privée ou publique. Pour connaître la disponibilité de ces places de stationnement, la société Colas a installé 80 capteurs (à quelque 500 euros/pièce…), répartis entre le parking Indigo et des places en voirie dans l’Ile-Saint-Germain, quartier d’Issy-les-Moulineaux où se déroule l’expérimentation. Toutes les données collectées par les capteurs sont disponibles via la plate-forme Open Data de la ville et peuvent ainsi être accessibles aux éditeurs d’applications de navigation.
A proximité immédiate de ces places de parking, la ville d’Issy a mis en place une navette autonome électrique (opérée par Transdev) qui fait la liaison, à travers le parc de l’Ile Saint Germain, entre la zone de stationnement et les gares de la ligne T2 du tramway et de la ligne C du RER.
Le but de cette mise à disposition d’information et de moyens supplémentaires de transport (comme la navette), c’est que les isséens, comme ceux qui habitent ailleurs et travaillent dans cette commune, qui abrite de nombreuses entreprises, utilisent le moins possible leurs voitures pour se déplacer.
Ce mouvement accompagne une tendance sociétale vers le « moins de voitures » qui commence à faire son effet. D’après Eric Légale, Directeur Général d'Issy Média, l’entité qui joue le rôle « facilitateur » dans la mise en œuvre de cette expérimentation, et qui sera également en charge de sa gestion et de son évaluation, le taux de possession de voitures individuelles aurait baissé d’environ 5 % au cours de ces cinq dernières années.


Le piège des pavés

Mais encore faut-il que les infos, comme les moyens mis en œuvre, soient totalement efficaces et rapides. La petite navette rouge, qui se déplace dans un parc fermé à la circulation automobile, circule pour le moment à la vitesse d’un piéton. En pressant un peu le pas, ou arrive à la doubler. Elle est donc peu pratique pour les gens pressés. A moins qu’elle accélère un peu la cadence.
Par ailleurs, cette toute première phase de test a permis rapidement de découvrir autre chose : lorsqu’elle roule sur des pavés qui recouvrent une partie des allées du parc, les vibrations produites par ce type de revêtement provoquent de petits mouvements erratiques des capteurs GPS placés sur le dessus du véhicule. De tels mouvements font que la géolocalisation, qui permet le guidage du véhicule, « décroche »… et que la navette s’arrête. Il faut donc que le personnel qui accompagne ce test (pas si autonome, donc…) passe en mode « manuel » et guide la navette à l’aide d’un joystick pour franchir ces passages « difficiles ». Un défaut qui sera sans doute rapidement résolu.

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