Pourquoi 70 territoires se sont équipés du WoodyBus, un vélo collectif à assistance électrique ?

Conçu pour assurer le transport scolaire tout en encourageant la pratique du vélo, le WoodyBus équipe désormais 70 collectivités. Cette solution française de mobilité douce, fabriquée par Humbird, séduit notamment par sa capacité à réduire la circulation automobile aux abords des écoles. Exemple avec l'agglomération Seine-Eure, territoire pionnier du dispositif.

WoodyBus déployé par la Communauté d'agglomération Seine-Eure, en Normandie. Crédit photo : Guillaume Duprey_Agglo Seine-Eure.
WoodyBus déployé par la Communauté d'agglomération Seine-Eure, en Normandie. Crédit photo : Guillaume Duprey_Agglo Seine-Eure.

Transporter les enfants à l'école à bord d'un vélo collectif à assistance électrique, conduit par un adulte et sur lequel les jeunes passagers pédalent également. Tel est le principe du WoodyBus, un véhicule à quatre roues pouvant accueillir jusqu'à neuf personnes, fabriqué en France par Humbird.

 

Commercialisée depuis 2023, cette solution équipe désormais 70 territoires, avec plus de 110 véhicules en circulation en France et en Belgique. Entre septembre 2025 et septembre 2026, douze nouvelles collectivités françaises l'ont adoptée. « En 2025, nous avons vendu une trentaine de véhicules sur l'année. Sur le seul premier semestre 2026, nous en avons déjà commercialisé 24 », souligne Grégoire Germain, président de Humbird.

 

Désengorger les abords des écoles et encourager la pratique du vélo

Pourquoi cette progression ? « Après trois ans, le produit a démontré qu'il fonctionne. Nous bénéficions aujourd'hui de retours extrêmement positifs de nos clients », assure Grégoire Germain. Le WoodyBus répond également à plusieurs enjeux importants des politiques locales de mobilité : réduire les déplacements motorisés, désengorger les abords des écoles et encourager la pratique du vélo. « Les communes cherchent avant tout des solutions pour désengorger leurs centres-villes et leurs centres-bourgs. Avec les WoodyBus, elles constatent une réduction du nombre de voitures », explique le dirigeant.

 

Le dispositif présente également une dimension éducative et sociale. Les enfants pratiquent une activité physique, partagent un trajet collectif et se familiarisent avec les mobilités actives. « Les enfants sont plus heureux d'aller à l'école, ils sont plus en forme et ils ont envie de faire du vélo ».

 

Seine-Eure, un territoire pionnier

Première collectivité à s’être équipée du WoodyBus, la Communauté d'agglomération Seine-Eure, en Normandie, exploite depuis 2023 dix véhicules dans le cadre du service S'Cool Bus, intégré au réseau SEMO et exploité par Transdev.

 

Déployé à la demande des communes, le service dessert plusieurs écoles primaires sur des circuits de moins de cinq kilomètres. « Avant de lancer le service, nous organisons une réunion à l'école avec les parents et les enfants. Le véhicule est présenté et des essais sont proposés », explique Valérie Van Messem, chargée de projets mobilités douces à l'agglomération. Les enfants sont pris en charge devant leur domicile, sur des itinéraires sécurisés, par des conducteurs formés et titulaires du BAFA. Durant l'année scolaire 2025-2026, 313 enfants ont bénéficié du dispositif.

 

Le bilan est encourageant. « Les parents nous disent que leurs enfants sont contents et impatients de prendre le véhicule pour aller à l'école », témoigne Valérie Van Messem. Certains enfants suivent même le WoodyBus avec leur propre vélo, contribuant à développer cette pratique sur le territoire.

 

Côté couts, la Communauté d'agglomération a dépnsé 20 000 euros HT pour l'acquisition de chaque véhicule et consacre environ 20 000 euros par an à son exploitation, conducteur et maintenance compris. L'agglomération finance les trois quarts du dispositif, le reste étant pris en charge par les communes participantes. « Pour les petites communes, le coût peut être parfois problématique », reconnaît Valérie Van Messem.

 

Humbird rappelle toutefois que plusieurs dispositifs de financement (FEDER, Ademe, Fonds vert) peuvent couvrir entre 50 et 80 % de l'investissement, sous réserve d'éligibilité. Les coûts d'exploitation restent également relativement limités, estime l’entreprise, car aucun permis spécifique n'est nécessaire et la conduite peut être confiée à un agent municipal formé. « Les collectivités peuvent aussi confier l'exploitation à un opérateur de transport comme Transdev ou Keolis, qui intègre alors les WoodyBus à son offre de mobilité », précise Grégoire Germain.

 

Des contraintes techniques à anticiper

Le WoodyBus présente toutefois certaines limites. Son autonomie d'environ 20 kilomètres et sa vitesse limitée à 25 km/h le destinent principalement à des trajets courts, sur des parcours peu accidentés. Les fortes pentes, notamment au-delà de 8 à 10 %, peuvent compliquer son utilisation, tandis que sa structure en bois nécessite de prévoir un stationnement à l'abri des intempéries.

 

La sécurité reste également un sujet important pour les élus et les familles. Pour cela, les véhicules disposent notamment de phares, de feux stop, de clignotants et de feux de détresse. « Les enfants n'ont pas à gérer leur équilibre ni à appréhender directement la circulation. C'est le conducteur adulte qui s'en charge, avec une dimension pédagogique sur les comportements à adopter sur la route », explique Grégoire Germain.

 

De nouveaux usages et une plateforme numérique

Humbird diversifie désormais les usages de ses véhicules, notamment auprès des seniors. Depuis janvier 2026, l'entreprise commercialise également le WoodyTruck, un utilitaire à assistance électrique doté d'une benne pouvant transporter jusqu'à 250 kg, destiné notamment aux services techniques.

 

Enfin, le fabricant prépare pour 2027 une plateforme numérique permettant aux gestionnaires de suivre leurs flottes, les kilomètres parcourus et la maintenance. Les usagers pourraient consulter les lignes, visualiser les arrêts et réserver leurs trajets. « Nous voulons offrir davantage de services aux opérateurs et aux usagers, en nous rapprochant des solutions numériques de mobilité », conclut Grégoire Germain.

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