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L’État signe un "Pacte numérique et IA" avec la filière du numérique de confiance

Souveraineté
publié le 14/09/2026 - par Hervé REYNAUD

Présenté lors des UECC organisées par Hexatrust, le "Pacte numérique et IA" doit rapprocher les besoins de l’État des capacités de la filière française du numérique de confiance. Objectif : accélérer le déploiement de solutions souveraines, notamment en cybersécurité, cloud et IA, sans déroger aux règles de la commande publique. Explications.

De gauche à droite : Jean-Noël de Galzain, président d’Hexatrust, et Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI.
De gauche à droite : Jean-Noël de Galzain, président d’Hexatrust, et Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI.

À l’occasion des 12e Universités d’été de la cybersécurité et du cloud de confiance (UECC) organisées par Hexatrust à Paris, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, et Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, ont signé le "Pacte numérique et IA" aux côtés du Comité stratégique de filière Logiciels et Solutions Numériques de Confiance (CSF), de Numeum et d’Hexatrust.

 

L’objectif affiché est de renforcer le dialogue entre l’État et les industriels français du numérique de confiance pour accélérer le déploiement de solutions souveraines dans les domaines stratégiques de la cybersécurité, du cloud et de l’intelligence artificielle. D’une durée initiale de trois ans, renouvelable, le pacte sera piloté par la DINUM (qui deviendra au 1er janvier prochain Ariane, Autorité référente pour l’intelligence artificielle et le numérique de l’État).

 

Reprendre la main dans un contexte délicat

Le dispositif doit permettre de préciser les besoins prioritaires de l’État, de cartographier les capacités industrielles disponibles, de faire émerger des solutions françaises et européennes, puis de préparer leur passage à l’échelle. En fait, le gouvernement cherche à décliner dans le secteur du numérique le modèle d’une base industrielle et technologique qui a notamment fait ses preuves dans le domaine de la défense, avec le BITD.

 

« Il y a un véritable contexte d’urgence, après un été marqué par des cyberattaques nombreuses et fréquentes, qui ont généré une remise en cause de la capacité de l’État à préserver les données des Français », explique Jean-Noël de Galzain, président d’Hexatrust, « aujourd’hui, nous avons le devoir de travailler sur le court terme et de reprendre la main dans une situation complexe »

 

Et l’urgence est aussi industrielle. L’essor de l’IA, les dépendances aux technologies extraeuropéennes et les enjeux de cybersécurité conduisent en effet l’État à chercher une méthode plus directe avec les acteurs du marché. « Le pacte a clairement pour objet de faciliter le travail État-industrie afin d’apporter des solutions très concrètes et rapides aux organisations publiques », poursuit Jean-Noël de Galzain.

 

Les plateformes collaboratives comme priorité

Même s’il vise d’abord l’État, le pacte intéressera aussi les collectivités territoriales. « D’ailleurs, le premier chantier identifié par la DINUM concerne les plateformes bureautiques et collaboratives », souligne Jean-Noël de Galzain, « nous allons être capables de renforcer les solutions alternatives aux outils des éditeurs américains ». Les tests d’intrusion par IA et les logiciels destinés à sécuriser les infrastructures critiques constituent les autres sujets prioritaires.

 

L’enjeu territorial est d’autant plus important que la transposition de la directive NIS2 doit élargir les responsabilités de cybersécurité de nombreuses organisations publiques. « Toutefois, n’oublions pas qu’il existe déjà diverses solutions pour les collectivités », estime Jean-Noël de Galzain, « alors ce pacte va nous permettre d’améliorer la lisibilité de l’offre et de réduire le phénomène de fragmentation ».

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