Budget 2027 : France urbaine alerte sur le financement de la transition écologique
Alors que les collectivités doivent accélérer leur adaptation au changement climatique, France urbaine alerte sur leurs capacités financières. À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, l’association appelle l’État à donner aux territoires les moyens de financer leurs projets de transition écologique et de transports publics.
« L’été a été éprouvant avec ses différentes vagues de chaleur, et les territoires urbains sont en première ligne dans l’action. » C’est par ces mots que Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine, a débuté la conférence de presse de rentrée de l’association le mardi 8 septembre dernier. Les territoires qu’il représente vont en effet devoir accélérer les chantiers pour s’adapter au changement climatique. « Les collectivités doivent décarboner les mobilités, développer les réseaux de chaleur et les énergies renouvelables, adapter les aménagements urbains, par exemple avec la ville éponge, mais aussi transformer les modèles agricoles », a-t-il énuméré.
À titre d’exemple, Jean-Luc Moudenc, également maire de Toulouse, annoncera en novembre de nouvelles mesures dans le cadre de son Plan fraîcheur pour l’été 2027.
La seule difficulté selon France urbaine : le budget. « La problématique n’est pas technique, toutes les solutions pour agir sont connues. Elle est financière : nous sommes face à un mur d’investissements pour chaque projet », a réagi Nathalie Appéré, première vice-présidente de France urbaine et maire de Rennes, rappelant que, selon le think tank I4CE, la transition écologique nécessite 19 milliards d’investissements par an d’ici 2030 pour tenir les objectifs nationaux, « l’essentiel étant porté par les collectivités ». France urbaine a donc formulé trois demandes financières pour le prochain projet de loi de finances.
Soutenir la capacité d’investissement des territoires
La première est une dénonciation du gel des crédits annoncés. « En juin, lors de la première vague de chaleur, a été annoncé un fonds de 60 millions d’euros pour mettre à niveau le confort thermique des écoles. Nous venons d’apprendre qu’il ne dépassera pas 20 millions d’euros », s’est désolée Nathalie Appéré, citant également l’exemple du gel des subventions aux conservatoires de musique ou du Fonds vert. « Beaucoup de collectivités n’en ont pas vu la couleur en 2026. Cette instabilité est préjudiciable, car nos feuilles de route sont sur du long terme », a-t-elle ajouté.
France urbaine appelle l’État à soutenir la capacité d’investissement des territoires urbains dans le Budget 2027. Le plafonnement de la contribution des collectivités à 2 % de leurs recettes de fonctionnement constitue sa deuxième requête. « Nous voulons que la contribution des collectivités dépende de paramètres objectifs et équitables selon le poids de chacune. Nous avons mal vécu que les intercommunalités soient particulièrement ciblées, a réagi Jean-Luc Moudenc. Nous savons que les finances de l’État sont exsangues. S’il ne peut pas nous aider, qu’il nous laisse nos recettes au lieu de nous ponctionner. » Selon une enquête auprès de ses membres, 20 % d’entre eux prévoient d’abandonner certains projets de transition énergétique en raison de la pression financière.
Le financement des transports publics représente une autre préoccupation de France urbaine pour le Budget 2027. Les besoins de financement des autorités organisatrices de la mobilité sont estimés à environ 34 milliards d’euros d’ici à 2035. France urbaine demande donc que la loi permette aux territoires qui en ont besoin et qui le souhaitent de relever localement le plafond du versement mobilité. « Ce dernier est plafonné à 2 %, mais il est de l’ordre de 3,5% pour l’Île-de-France, ce qui est injuste et atrophie notre capacité d’agir », a souligné Jean-Luc Moudenc, évoquant un ajustement à 2,6 %. Par ces mesures financières, l’association entend donner aux collectivités les moyens de s’impliquer pleinement dans la transition écologique.



