Interopérabilité et souveraineté des données : le guide du Cerema pour les collectivités
Comment garantir la maîtrise de ses données publiques tout en permettant leur circulation entre les outils et les services ? Le Cerema publie un guide pratique pour aider les collectivités à renforcer la souveraineté et l’interopérabilité de leurs données.
L’interopérabilité des données n’est pas qu’une histoire d’API. Elle doit s’articuler autour de quatre dimensions : technique bien sûr, avec ces interfaces de programmation d'application (API), mais aussi juridique, organisationnel et sémantique. Ce message est au cœur du guide pratique publié par le Cerema. Fruit de deux années de travail, cette publication vise à guider pas à pas les collectivités pour garantir la souveraineté et l’interopérabilité des données de leurs projets numériques. Sa réalisation a mobilisé une vingtaine de partenaires publics et privés. « Au cours de notre étude, nous avons constaté un manque de portage politique du sujet, un manque de compétences dans les services et un besoin de ressources pratiques », a justifié Sophie Houzet, directrice de la Fabric'O innovations territoriales au Cerema, dans un webinaire de présentation des livrables.
Concrètement, ce guide se compose en sept fiches. La première offre un panorama des principaux outils de gestion des données mobilisables par les collectivités : l’hyperviseur, le SIG, le jumeau numérique ou encore les espaces de données (dataspaces). Un état des lieux des solutions techniques d’interopérabilité est présenté dans la fiche 3. Des initiatives européennes facilitant l’interopérabilité sont présentées dans la fiche 4.
« La France, par le biais du Cerema, est cofondatrice de l’Edic LDT Citiverse, promouvant la souveraineté numérique européenne », a rappelé Sophie Houzet. La modélisation des données, socle de l’interopérabilité sémantique, fait l’objet de la fiche 5 et une méthodologie pour prototyper un usage est détaillée dans la fiche 6. La fiche 7 est quant à elle consacrée au juridique et « aux bonnes questions à se poser pour éviter les déboires », a précisé Sophie Houzet.
Favoriser les dataspaces thématiques
Pour illustrer des critères méthodologiques par l’exemple de collectivités qui se sont lancées, la fiche 2 est consacrée à des retours d’expérience. Les objectifs et les exigences de conception de la plateforme Data de La Rochelle Territoire Zero Carbone (Terreze) sont notamment détaillés. Tout comme la plateforme de monitoring de la qualité de l’air de la ville d’Antibes. « L’interopérabilité, ce n’est que des gains sur le long-terme », a assuré Sophie Houzet, soulignant la mise à disposition des élus d’un outil pour évaluer les plateformes de données sur le marché.
Avec ce guide pratique, le Cerema entend faciliter en France le déploiement de dataspaces thématiques. Pour l’heure en France, les auteurs n’ont répertorié de manière aboutie que l’espace de données pour la mobilité, le tourisme et la logistique EONA-X ou la plateforme d’échanges de données aéroportuaires Hub One DataTrust. Dans les collectivités, les initiatives n’en sont qu’à leurs prémisses. « Nous recommandons aux élus de faire de l’interopérabilité un objet politique explicite. Nous publierons dans les semaines à venir un dossier de quatre pages pour leur permettre d’y parvenir », a annoncé Sophie Houzet en conclusion.



