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« Nous voulons devenir l’un des trois principaux acteurs de la recharge électrique en France »

Bornes de recharge
publié le 07/09/2026 - par Christophe GUILLEMIN

Avec l’acquisition d’ELTO France, filiale de Renault Group, Sogetrel complète son offre dans les infrastructures de recharge pour véhicules électriques en devenant opérateur de bornes. Déjà présent dans leur déploiement et leur maintenance, le groupe pourra notamment exploiter les infrastructures dédiées aux flottes de véhicules des collectivités. Il entend surtout atteindre une taille critique pour industrialiser ses activités, développer ses services et son savoir-faire. Une nouvelle dimension de l’entreprise qui bénéficiera à tous ses clients, dont les collectivités, explique Xavier Vignon, président du Groupe Sogetrel.

Xavier Vignon, président du Groupe Sogetrel. Crédit photo : Sogetrel
Xavier Vignon, président du Groupe Sogetrel. Crédit photo : Sogetrel

Smart City Mag : Avec l’acquisition d’ELTO France, Sogetrel devient opérateur de bornes de recharge. Qu’est-ce que cette opération change dans votre positionnement ?

Xavier Vignon : Nous étions déjà présents dans l’installation et la maintenance des infrastructures de recharge et nous assurions une partie de leur exploitation. ELTO nous apporte une brique supplémentaire de savoir-faire, celle de CPO (Charge Point Operator). Nous pouvons ainsi remonter dans la chaîne de valeur et proposer une offre globale, allant de l’installation jusqu’à l’exploitation des infrastructures.


Cette acquisition intervient aussi à un moment particulier pour le marché de la recharge électrique. Il s’est énormément transformé au cours des cinq dernières années. Il s’est cherché pendant un certain temps, mais il commence désormais à se segmenter et à se consolider. Nous voulons être l’un des acteurs de cette consolidation. Notre objectif est de poursuivre notre développement, y compris à travers d’autres acquisitions, afin d’industrialiser une offre globale autour de la recharge électrique.


Avec ELTO France, nous atteignons environ 50 millions d’euros de chiffre d’affaires sur cette activité. Notre ambition est d’aller plus loin et de devenir à terme l’un des trois principaux acteurs du secteur de la recharge électrique en France.

 

Cette nouvelle activité de CPO signifie-t-elle que Sogetrel pourra désormais exploiter les réseaux de recharge ouverts au public déployés par les collectivités ?

Non. Ce n’est pas l’objet de l’acquisition d’ELTO France. ELTO est aujourd’hui principalement positionné sur les flottes d’entreprises et n’a pas vocation, à court terme, à devenir opérateur de réseaux de bornes d’initiative publique. Sogetrel continuera en revanche à déployer des bornes pour le compte des collectivités et à les maintenir, comme nous le faisons déjà.


Notre nouvelle compétence de CPO peut en revanche directement concerner les collectivités lorsqu'il s'agit de leurs propres flottes de véhicules. Une collectivité qui électrifie progressivement son parc automobile pourra donc nous confier l’installation, la maintenance, mais également l’exploitation de ses infrastructures de recharge destinées à cette flotte.


À moyen terme, devenir exploitant d’autres types de réseaux n’est pas quelque chose que l’on peut totalement exclure, mais ce n’est pas aujourd’hui la stratégie associée à l’acquisition d’ELTO France.


De nombreuses collectivités s’interrogent justement sur leur rôle dans le déploiement des bornes ouvertes au public, alors que les opérateurs privés investissent de plus en plus ce marché. Comment analysez-vous cette évolution ?

Beaucoup de collectivités hésitent désormais à investir directement dans ces infrastructures et je peux le comprendre. Les collectivités peuvent intervenir lorsqu’il existe une carence de l’initiative privée, mais cette carence est aujourd’hui de moins en moins évidente dans de nombreux territoires.


Le marché s’est par ailleurs beaucoup complexifié. Il faut tenir compte des puissances de recharge, du dimensionnement des réseaux électriques, de la normalisation des équipements, de leur fiabilité ou encore de la capacité à industrialiser leur maintenance. Cela demande des investissements et des compétences spécifiques.


Le modèle économique est devenu plus complexe, car les infrastructures doivent être capables d’absorber des pointes de fréquentation très importantes à certaines périodes alors qu’elles peuvent être beaucoup moins utilisées le reste du temps.


Il peut naturellement rester des situations particulières dans lesquelles l’intervention publique sera toujours nécessaire, notamment des petites communes où il y a une carence indéniable de l’offre privée. Mais, d’une manière générale, le privé va prendre une part importante, si ce n’est majoritaire, dans le déploiement et l’exploitation des points de recharge ouverts au public.


Si Sogetrel ne devient pas directement exploitant des réseaux publics des collectivités, en quoi cette acquisition peut-elle malgré tout bénéficier à ces dernières ?

Par l’effet de taille. C'est un élément essentiel dans ce métier. L’enjeu est désormais pour nous d’atteindre une taille critique suffisante pour industrialiser nos activités et garantir une qualité de service homogène sur l’ensemble du territoire. Plus nous disposons de techniciens et de compétences répartis localement, plus nous sommes capables d’intervenir rapidement et efficacement.

 

Et cet effet de taille bénéficie à tous nos clients : qu’une borne appartienne à une entreprise ou à une collectivité, ce sont les mêmes techniciens, les mêmes savoir-faire et les mêmes outils qui sont mobilisés. Or, plus notre activité se développe, plus nous pouvons disposer d'équipes et de compétences réparties sur le territoire et organiser efficacement les interventions.


La recharge électrique ne consiste plus seulement à installer des bornes : il faut être capable de les superviser, d’anticiper les pannes, d’organiser les interventions et de maintenir partout le même niveau de service. Cela suppose des systèmes d’information, des processus et surtout des équipes présentes sur le terrain.

 

C’est cette organisation que nous voulons renforcer. Pour une collectivité, même si nous n’exploitons pas directement le réseau de bornes ouvert au public, cela signifie pouvoir s’appuyer sur des équipes plus nombreuses et une organisation renforcée pour assurer la pérennité des infrastructures.

 

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