Par la construction de son nouveau siège à Agneaux, le syndicat départemental d’énergies de La Manche (SDEM50) ne s’est pas seulement doté d’espaces de bureaux plus grands. Il s’affirme aussi comme un laboratoire d’innovations pour les collectivités de la Manche. A ce titre, le SDM50 a noué à la fin du mois de juin un partenariat avec Voltalis pour connecter les infrastructures de ce bâtiment de 1 950 m² de bureaux et d'espaces collaboratifs à la plateforme de flexibilité de l’entreprise.
Concrètement, ce nouveau bâtiment livré en 2023 a été conçu pour produire sa propre énergie. Il possède pour cela 323 panneaux photovoltaïques couvrant 100 % des toitures. Dans sa gestion thermique, il recourt à deux pompes à chaleur géothermiques pour le chauffage hivernal et le rafraîchissement estival par un système de cycle inversé de geocooling.
Au cœur de la stratégie énergétique de ce bâtiment : une batterie de stockage de 60 kilowattheures de capacité qui vient piloter la production et la consommation en temps réel. Une solution clé pour soutenir le réseau lors des pics de consommation. « Nous étions persuadé depuis un moment que la flexibilité arriverait tôt au tard pour des bâtiments de petite taille. L’outil cherche en permanence à optimiser notre autoconsommation et à transformer notre surplus en actif de flexibilité », Michel Rault, responsable du pôle énergie du SDEM50.
L’IRVE, futur actif de la flexibilité
Voltalis joue le rôle d'interface entre le bâtiment et le système électrique. « Si les acteurs du réseau demandent par exemple la mise à disposition de 10 kWh entre 7h et 8h le lendemain matin, on les prend dans la batterie, ce qui nous permet de rémunérer le SDEM50. Cet équipement a ainsi beaucoup de valeur », souligne Olivier Cassoudebat, directeur des Partenariats de Voltalis. La batterie est en effet raccordée via le cloud à la plateforme de Voltalis, qui enregistre plus de 300 000 sites sur sa plateforme avec plus d’1,5 million d’usages, comme le pilotage des pompes à chaleur.
Pour garantir un bâtiment à énergie positive, le SDEM50 l’a instrumenté de capteurs IoT pour en piloter les usages. « Réduire les lumières ou la température des pièces si aucune personne n’y est détectée est aussi de la flexibilité. Aujourd’hui, on a trop tendance à dire que la GTB est une usine à gaz alors qu'il n’y a pas de complexité. Il faut juste mettre un humain derrière. Cela nous prend 15 minutes par jour de contrôler la GTB, ce qui n’est pas insurmontable. Vous aurez beau installer le meilleur automate du monde, s’il n’y a pas de technicien pour l’exploiter, il ne fonctionnera pas », met en garde Michel Rault, garantissant que les résultats d’exploitation ne cessent de s’améliorer depuis deux ans.
Par la suite, l’utilisation des dix bornes de recharge des véhicules électriques (IRVE) seront aussi pilotés par Voltalis en fonction des besoins du réseau. « Les véhicules constituent le futur actif de flexibilité », assure Olivier Cassoudebat. Le SDEM50 a également l’ambition de répliquer cette mise en œuvre parmi les 440 collectivités locales de son territoire.
Car l’électrification devient le maître-mot en Europe. La Commission européenne notamment présente ce mercredi 15 juillet son Electrification Action Plan (EAP) afin d’accélérer l'électrification des transports, de l'industrie et des bâtiments. Selon elle, 800 TWh de flexibilité devront être mobilisés chaque année dans l'Union européenne d'ici 2030. Le site du SDEM50 évoluera alors du démonstrateur vers la première brique d’un système global.
Sur ce sujet, lire aussi Smart City Mag n°76, notre numéro spécial smart building, à paraître en septembre.



