Le mois de juin a été le plus chaud de l’histoire en Europe, selon l'observatoire climatique de l'UE Copernicus. Les cartes de vigilance par département de Météo France ont fait la une de l’actualité. Le 22 juin, le seuil de 43°C a été atteint à Brive (Corrèze). Alors que la France subit une troisième vague de chaleur, a-t-on une bonne vision des impacts de la canicule ?
Pour dresser un bilan de cet épisode sur le territoire, l’entreprise Callendar, qui développe des outils de projections climatiques, a mis en ligne le 29 juin une cartographie recensant les événements découlant de la hausse des températures. Apparaissent sur la carte les coupures d’électricité et d’eau, les fermetures d’entreprises ou encore la mortalité dans les élevages agricoles. « A part quelques événements localisés relayés dans des articles de presse, il n’y a pas de vision sur la canicule. On ne voit pas ses destructions contrairement à une inondation, alors qu’elle a bel et bien de forts impacts économiques, environnementaux et humains », affirme Thibault Laconde, fondateur de Callendar.
Pour réaliser cette carte, les équipes de Callendar ont fait appel au crowdsourcing, c’est-à-dire en une production participative. Tous les volontaires peuvent déclarer un événement sur leur territoire en lien avec cette canicule du 17 au 29 juin, celui-ci est vérifié par les équipes avant d’être publié. La carte s’est ainsi enrichie au fil des jours. « Les habitants ont aussi besoin de décrire le réel, de raconter ce qui s’est passé et qui peut paraître rester invisible », poursuit Thibault Laconde.
2 500 écoles fermées
L’atout pour les collectivités est de pouvoir visualiser le type d’impact sur leur territoire et leurs vulnérabilités pour y remédier. « Par exemple, la coupure d’électricité dans les Yvelines a entraîné un arrêt de l’usines de production d’eau potable, dans un contexte où la demande était très forte », souligne Thibault Laconde. Dans le Sud de la France, fin juin, les coupures d’électricité ont prédominé. En Ile-de-France, les fermetures de sites ont été nombreuses, comme les bureaux non climatisés à La Défense ou le musée du Louvre.
La Métropole du Grand Paris a identifié comme priorité le rafraîchissement des établissements publics, notamment des écoles, et a mobilisé un soutien une enveloppe de deux millions d’euros pour l'acquisition de protections solaires et l'installation de brasseurs d'air. Plus de 2 500 écoles ont été fermées en France entre fin juin et début juillet. Face à la situation, ACTEE et la Banque des Territoires ont ouvert le 8 juillet leur dispositif commun pour l’adaptation des écoles aux fortes chaleurs.
Par la suite, Callendar fera évoluer cette cartographie en fonction de l’intérêt manifesté. Avec cette nouvelle vague de chaleur, pour lesquels 37 départements ont été placés en vigilance rouge ce lundi 13 juillet, les impacts devraient s’amplifier. A commencer par les feux de forêt. Le ministère de la Transition écologique a par ailleurs publié le jeudi 9 juillet pour la première fois un bilan des impacts du changement climatique en France, qui a vocation à devenir annuel.
Pour la suite de l’été, rappelons que la plateforme Adapt’Canicules modélise l’exposition des villes à la chaleur, quartier par quartier. Diverses applications ont par ailleurs été créées à partir de données ouvertes, comme Ça Baigne qui permet de trouver l'ensemble des lieux de baignade contrôlés en France.



