Face aux vagues de chaleur qui fondent sur le pays, les Français sont à la recherche de points d’eau. Pour ses sites de baignade à Joinville-le-Pont et à Maisons-Alfort, situés sur la Marne, l'Établissement public territorial Paris Est Marne & Bois (PEMB) reconduit une saison de télésurveillance de la qualité des eaux. Les nageurs sont assurés de pouvoir s’y rafraîchir dans les meilleures conditions.
Le projet a vu le jour l’année dernière sur les bords de la Marne. « Le suivi des eaux de baignade est inscrit dans notre Plan Climat. Deux incubateurs sont présents sur le territoire (celui de l’IGN et de l’Ecolab), ce qui renforce notre volonté de mettre l’innovation des entreprises locales au service de la durabilité. C’est avec une entreprise incubée que nous avons choisi de contrôler numériquement la qualité des eaux », détaille Sandra de Sousa, directrice du pôle Développement durable, Innovation et coopération internationale.
L’établissement public territorial a en effet réalisé avec la start-up parisienne Keyros la modélisation prédictive de son système d’assainissement. « Nous l’avons ensuite facilement transposé à la qualité de l’eau des sites de baignade », indique Franck Roucheray, directeur de l'eau, de l'assainissement, de l'écologie urbaine et des grands travaux à PEMB.
Une prédiction sur les 48 prochaines heures
Keyros agrège différentes données pour modéliser la qualité des eaux de baignade : les données météorologiques, celles liées à l’exploitation des réseaux d'assainissement, les informations des capteurs à haute fréquence du système industriel ColiMinder, mesurant la qualité bactériologique de l’eau, ou encore les résultats des prélèvements ponctuels de l’ARS. Chaque matin à 8h30, les ingénieurs de PEMB ont leur modèle mis à jour sur leur plateforme, ce qui leur permet d’autoriser la baignade ou de la suspendre en cas d’anomalie. Un système prédictif affiche les tendances sur 48 heures.
« L’avantage est de recevoir des alertes en temps réel. L’an dernier, un camion s’est retourné sur le pont de Nogent, sur l’autoroute A4, déversant une partie de son chargement d’hydrocarbures dans la Marne. Nous avons reçu une alerte et fermé le site de baignade de Joinville-le-Pont pour une journée », raconte Franck Roucheray, qui se réjouit de la finesse de l’outil et rappelle qu’il est réplicable sur d’autres territoires. PEMB a par ailleurs mis en place un site web, à la fois pour l’information usager et pour que le grand public puisse réserver son créneau de baignade et les équipements souhaités, afin de limiter la fréquentation à 200 personnes simultanément.
Les sites ont ouvert le 20 juin dernier pour cette saison 2026, qui affiche une température de la Marne à 26,5°C. PEMB a dû ajouter des créneaux supplémentaires pour aider ses habitants à faire face à la canicule. « Cette année, nous offrons la possibilité aux enfants de prendre des cours de natation dans ces sites de baignade en milieu naturel », ajoute Sandra de Sousa, qui déplore le nombre de morts déclarés en juin. Par la suite, la plateforme de suivi de la qualité des eaux de baignade pourrait être intégrée au projet numérique Amelia, qui analyse la qualité de l’air et de bruit sur le territoire. Avec l’ambition de veiller toujours plus à la santé des habitants du territoire.



