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IA, data, souveraineté, réplicabilité, facteur humain … ce qu’il faut retenir de la 3e édition de REX | Territoires Connectés et Durables

Evènement

Avec près de 500 participants par jour, l’édition 2026 de REX | Territoires Connectés et Durables confirme la forte dynamique des projets de territoires connectés et durables (TCD) en France ainsi que le succès de cet évènement qui s’impose comme le plus grand rassemblement de collectivités porteuses de projets TCD de l’Hexagone. Retour sur ces deux jours de partage d’expériences et d’échanges, qui se sont tenus à Paris les 16 et 17 juin dernier. Un évènement coorganisé par la FNCCR, la Banque des Territoires et Smart City Mag.


Crédit photo : Pascal Yuan

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Explorex dédié à l'urbanisme et aménagement du territoire. De gauche à droite : Jean-Baptiste Crumeyrolles, chargé de programme France 2030 - Numérique pour la transition écologique à la Banque des Territoires, Stéphanie Morland, Directrice Enjeux numériques et Innovation territoriale Paris Saclay, Emmanuelle Polo, Responsable du service opérationnel numérique Toulouse Métropole et Elisa Haddad, Cheffe de projet Innovation Publique Noisy-le-Grand.

« Pas de data, pas d’IA ». Cette formule, utilisée par plusieurs intervenants, aura été l’un des leitmotivs de la troisième édition de REX | Territoires Connectés et Durables. Elle illustre le questionnement de nombreux territoires autour de l’intelligence artificielle (IA) et des bonnes pratiques qui lui sont associées en matière de gestion de la donnée. La formule a notamment été utilisée par Matthieu Porte, Adjoint au chef de bureau Data/IA au ministère de la Transition écologique. « Pour que l’IA fonctionne, il faut de la donnée disponible, structurée, de qualité, ou alors de la donnée productible, structurée et de qualité. Mais dans tous les cas : pas de data, pas d’IA ». Un enjeu data/IA évoquée également sur le stand d’Eridanis : « Certaines collectivités viennent nous voir en nous disant qu’elles veulent lancer un projet d’IA, sans plus de détails. Nous leur expliquons qu’il faut commencer par travailler sur la donnée, car si la donnée est mauvaise, le projet est voué à l’échec », explique un membre de l’équipe.


En introduction de l’évènement, la Banque des Territoires est aussi revenue sur la nécessité de partager de bonnes pratiques autour de l’IA. « Les collectivités ont besoin d’être accompagnées dans l'appropriation de l'intelligence artificielle », a souligné Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires et directeur général adjoint du groupe Caisse des Dépôts. Il présentait notamment le nouveau programme "Territoires IA " de la BDT. « Ce programme repose sur deux leviers complémentaires. Le premier est la coconstruction de cas d'usage avec les collectivités et avec notre partenaire Mistral au sein d'une IA Factory dédiée. Le second est un guichet de cofinancement permettant d'accompagner l'acquisition de solutions d'IA souveraines, avec un soutien pouvant atteindre en moyenne 50 % des investissements ».

 

Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires et directeur général adjoint du groupe Caisse des Dépôts (à gauche) et Damien Michallet, président de la CSNP, sénateur de l'Isère et membre de la FNCCR. 


IA, data et hypervision

Lors des retours d’expérience de collectivités (plus d’une vingtaine répartie sur deux jours), l’IA et la data ont également été des thèmes récurrents. Parmi les usages ayant le vent en poupe : l’IA pour détecter précocement les départs de feux de forêt. Un cas d’usage évoqué par le Syaden (Syndicat audois d'énergies et du numérique), le SDIS (Service Départemental d'Incendie et de Secours) du Loir-et-Cher ou encore le SDIS 24 (Dordogne).


L’agglomération du Pays de Montbéliard a pour sa part expliqué comment les données de niveau de remplissage des points d’apport volontaire (PAV), analysées par l’IA, permettaient d’optimiser les tournées de collecte des déchets. La data et l’IA sont également au cœur du projet de Paris Est Marne & Bois, baptisé " Amelia ", qui vise à produire des cartes dynamiques de la qualité de l'air, du bruit et des mobilités. La ville d’Aix-en-Provence, et son partenaire Upciti, ont quant à eux, expliqué comment les données de consommation énergétique des bâtiments, traitées par IA, permettent de réaliser des économies sur la facture d’électricité, sans même déployer de capteurs spécifiques, simplement en identifiait des lignes électriques dysfonctionnelles ou non utilisées.


Bref, la data et son traitement par l’IA constituent déjà un duo structurant pour de nombreux projets TCD. Et ce n’est qu’un début. « L’IA sera au cœur des systèmes informatiques de demain pour traiter et analyser la donnée, notamment celles des territoires. Mais il faudra que ce soit une IA maîtrisée et souveraine », a souligné Damien Michallet, président de la CSNP, sénateur de l'Isère et membre de la FNCCR.


Enfin, un autre outil facilitant le traitement et la gestion de la donnée était très présent sur l’évènement : l’hyperviseur, notamment sur les stands de Seve (Groupe Ragni), d’Upciti, d’Eridanis ou de Kuzzle. « Le marché gagne en maturité et sa consolidation est en cours. Mais la notion d’hypervision n’est pas toujours maitrisée. J’entends parfois parler de "superviseurs multimétiers ". Il y a un travail à faire autour de la sémantique de l’hypervision », indique-t-on sur le stand de Seve. « Et comme pour l’IA, il faut d’abord savoir ce que l’on veut faire d’un hyperviseur et mener en amont un important travail sur la qualité et l’accès aux données ».

 

Atelier duo : "Générer un ROI grâce à la donnée existante et sans déploiement matériel", avec Vincent Ferrini, chargé de mission Smart City d'Aix-en-Provence (à gauche) et Jérôme Quemeneur, Head of Product chez Upciti


Souveraineté et réplicabilité

Bien que centrales, l’IA et la data n’étaient pas les seules thématiques abordées durant REX | Territoires Connectés et Durables. La notion de souveraineté est également revenue dans de nombreuses interventions. La FNCCR et la Banque des Territoires, ont par exemple, rappelé la nécessité pour les collectivités d’être propriétaires de leurs données. Un point soulevé aussi par l’agglomération de Brive. « Il faut considérer la data comme une part du patrimoine de la collectivité », a estimé Jérôme Pesteil, Directeur TIC & SIG. Un avis également partagé par des offreurs de solutions, tels qu’HexaDone. « La data est le patrimoine numérique des territoires », a confirmé Valérie Atlani, sa présidente.


La souveraineté passe également par la maitrise des infrastructures, a rappelé Somme Numérique, en évoquant son réseau LoRaWAN et de son datacenter, tous deux qualifiés de « souverains ». Manche Numérique a pour sa part mis en avant la souveraineté de son cœur de réseau LoRaWAN, basé sur la solution open source ChirpStack, dont l’exploitation et la maintenance ont été internalisées.


Autre thématique récurrente : la réplicabilité des projets TCD. Cela passe notamment par l’utilisation de briques open source, a souligné le Syndicat d’Énergie de l’Oise dans le cadre de son projet ELOISE, portant sur le pilotage intelligent des bâtiments publics. « L’open source est un gage de réplicabilité », a ainsi martelé Thomas Bertanier, Directeur des Ecosystèmes Energétiques Connectés. Un avis partagé par Rennes Métropole qui a également recommandé d’utiliser un maximum de solutions open source pour « que les développements des uns profitent aux autres ».

 

L'espace exposants accueillait 37 entreprises et organisations du secteur du TCD  


Le facteur humain

Les retours d’expérience de collectivités ont été jalonnés par une difficulté récurrente : le frein au changement. La mise en place de solutions numériques n’est pas toujours bien accueillie par les équipes qui peuvent adopter une posture défensive, résumée par la formule : " touche pas à mon poste ". Marie Chouffot, responsable Secteur Gestion de l'Eau de Toulouse Métropole a, par exemple, expliqué que la solution d’arrosage intelligent déployée par le territoire avait suscité une implication « très variable » des agents. « Il faut donc de la formation et de l’accompagnement au changement pour que les équipes s’approprient les solutions », a-t-elle recommandé.

 

Selon Marion Galaup, Directrice Régie des Eaux de la communauté de communes Albères Côte Vermeille Illibéris : « deux ans, cela a été un peu court pour accompagner les agents autour de la télérelève des compteurs d’eau, pour les impliquer davantage, il aurait peut-être fallu les laisser installer eux-mêmes une plus grande part d'équipements ».


Si le numérique peut poser parfois problème dans la gestion des ressources humaines, il peut aussi lui apporter des solutions. « Avec les départs à la retraite d’agents chargés de la surveillance du trafic routier, leur savoir va se perdre. Les solutions digitales de comptage des flux de déplacements offrent une réponse à cette problématique de perte de savoir », a indiqué Jean-Philippe Clément, DGS adjoint chargé des espaces et équipements publics à la Mairie du 17e arrondissement de Paris. Autre exemple au Sirtomm (Syndicat Intercommunal de Ramassage et de Traitement d'Ordures Ménagères de Maurienne) : « nous n’arrivions pas à recruter des chauffeurs de camion-benne et avec les départs à la retraite, nous sommes passés de treize à neuf chauffeurs. Grâce aux sondes mesurant les taux de remplissage des PAV nous avons optimisé les collectes (117 tournées en moins) et réussi à faire face à cette tension sur les ressources humaines », a indiqué Théo Torrecillos, son directeur. « Sans ces sondes, je ne sais pas comment nous aurions fait ! ».


La France à la pointe des projets TCD

Cette troisième édition de REX | Territoires Connectés et Durables a confirmé la forte dynamique des projets TCD en France dans les déclarations des intervenants et aussi par la fréquentation de l’évènement qui a atteint près de 500 participants par jour. La France serait même aujourd'hui en première ligne en matière de smart city.

 

« Les collectivités locales françaises sont à la pointe dans le domaine des territoires connectés et durables. Et la France figure parmi les pays les plus avancés sur ces sujets », s’est félicité le sénateur Damien Michallet dans son propos d’introduction. Il a toutefois souligné que cette avance doit désormais s'accompagner d'une meilleure coordination entre les collectivités, d'un renforcement de la mutualisation et d'un plus large partage d'expériences afin de permettre la massification des projets.

 

« C'est précisément l'ambition du réseau porté par la FNCCR à travers son centre de ressources, ses clubs d'utilisateurs et ses communautés d'échanges. Plus que jamais, le numérique est un sujet politique et un levier majeur pour construire les services publics de demain ». Le partage d’expériences est également le premier objectif de REX | Territoires Connectés et Durables, qui « s'impose aujourd'hui comme le principal rassemblement français consacré aux projets publics connectés et durables », a conclu le sénateur. Rendez-vous donc en 2027 pour la quatrième édition de l’évènement, qui se tiendra les 23 et 24 mars.

 

L’évènement s’est conclu par une soirée festive célébrant la troisième édition de REX | Territoires Connectés et Durables ainsi que les dix ans de Smart City Mag
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