Après la réduction des consommations, les territoires cherchent désormais à réduire l’empreinte carbone de l’éclairage public (EP) sur l’ensemble de son cycle de vie. Parmi les principaux leviers pour rendre l’EP plus durable figure l’écoconception des luminaires. Un domaine où le bois trouve une nouvelle utilisation, en tant qu’alternative aux traditionnels acier et aluminium qui composent d’habitude les mâts d’éclairage. C’est ce que propose la société TMC Innovation qui a développé un mât d’éclairage en " douglas massif ", baptisé Buho.
« L’analyse de cycle de vie (ACV) de notre solution montre une réduction de l’ordre de 43% des émissions de CO2 par rapport à un mât classique du marché (en acier ou aluminium) », explique Grégory Flipo, dirigeant de TMC Innovation. « Cette différence s’explique notamment par la nature du matériau bois, qui est biosourcé, renouvelable et qui stocke du carbone tout au long de sa durée d’usage ».
A fonctionnalité équivalente, un mât en bois permet donc de réduire significativement l’empreinte carbone par rapport à un mât en acier. Mais ce matériau est également vertueux durant sa "production". « Le bois présente un avantage spécifique : il stocke du carbone. Lors de sa croissance, l’arbre capte du CO2 atmosphérique, qui reste stocké dans le matériau tant qu’il est utilisé. Dans le cas de notre mât, cela représente environ 34 kg de CO₂ stockés par unité. Cette capacité de stockage constitue un levier intéressant pour réduire l’impact global des équipements », poursuit Grégory Flipo.
Au niveau de la conception du produit, TMC Innovation a également exploité différentes techniques pour limiter l’impact environnemental du luminaire. « Dans beaucoup de solutions bois, on compense les faiblesses du matériau par des traitements chimiques ou des colles, ce qui pose des problèmes en fin de vie », précise le dirigeant de l’entreprise. « Nous avons fait le choix inverse : concevoir un produit qui, par sa structure, limite les risques. Cela passe notamment par une conception drainante, qui évite la stagnation de l’eau, et par l’utilisation de bois massif non traité. Nous avons également proscrit l’usage de colle. L’assemblage est entièrement mécanique et réversible. Cela permet, en fin de vie, de démonter facilement le produit et de réemployer les matériaux. C’est un élément essentiel dans une logique d’économie circulaire ».
Une durée de vie d’environ 15 ans
Par rapport aux modèles classiques en acier, la durée de vie d’un mât en bois est inférieure. Là où l’acier peut durer 30 à 40 ans, le bois peut nécessiter une intervention plus tôt, après environ 15 ans, concède TMC Innovation. Pour répondre à cette problématique de durée de vie : l’entreprise propose un " rétrofit " au bout d’une quinzaine d’années, en remplaçant uniquement la partie bois, sans changer l’ensemble du mât. « Cette approche permet d’atteindre une durée de vie globale supérieure à 25 ans, tout en optimisant l’usage des ressources. Elle s’inscrit pleinement dans une logique de réemploi et de maintenance intelligente ».
Enfin, côté tarifs, TMC Innovation a souhaité rester « dans des niveaux de prix accessibles » mais il y a clairement un surcout. « Notre solution se positionne environ 20 à 25 % au-dessus d’un mât classique, ce qui reste compatible avec des projets d’aménagement standard. Nous offrons une garantie de dix ans ce qui est unique et permet de sécuriser les maîtres d’ouvrages », souligne Grégory Flipo.
Le produit a été lancé en 2025 et quelques premières installations ont été réalisées, notamment par le syndicat d’énergie de l’Aisne (USEDA), qui a fait le choix de déployer une dizaine de mâts Buho sur un parking. « Nous observons aujourd’hui un intérêt croissant des collectivités, avec de nombreuses prescriptions en cours », assure Grégory Flipo. « Notre objectif n’est pas de remplacer totalement les mâts en acier ou en aluminium. Ces matériaux conservent toute leur pertinence dans de nombreux cas. Nous proposons plutôt une alternative, adaptée à certains contextes, notamment dans les environnements naturels, les écoquartiers ou les espaces en cours de renaturation. Le bois apporte une dimension esthétique et une intégration paysagère différente, plus chaleureuse et plus organique », conclut-il.
Retrouver également la solution TMC Innovation dans de notre numéro spécial éclairage public (SCM N°74 bis) à paraitre au mois de juin.



