C’est une évolution institutionnelle discrète mais potentiellement structurante pour la diplomatie des collectivités territoriales. À l’occasion de la présidence française du G7 en 2026, le réseau Urban 7 (qui rassemble les associations de grandes villes des pays membres) a été reconnu pour la première fois comme groupe d’engagement officiel du G7. Une reconnaissance qui place désormais les villes aux côtés d’autres groupes représentant la société civile, comme Business 7, Youth 7 ou encore Civil 7.
Cette nouvelle étape prendra une dimension concrète les 3 et 4 juin prochains à Nancy, où se tiendra le sommet international des maires Urban 7. L’événement réunira près de 200 participants : maires, représentants institutionnels, universitaires et réseaux internationaux de collectivités. « Ce sommet est l’occasion d’exprimer la voix du monde urbain », a commenté Arnaud Sorge, délégué général de France urbaine, lors de la conférence de presse organisée à la semaine dernière.
La « Déclaration de Nancy »
Jusqu’à présent, Urban 7, créé en 2016, existait surtout sous la forme d’un réseau de dialogue entre grandes villes des pays du G7. Ses travaux restaient relativement périphériques aux discussions diplomatiques officielles. « Cette année, nous avons voulu être sur quelque chose de plus ambitieux, avec des thèmes capables de nourrir directement la déclaration qui sera portée au G7 », explique Régis Capo Chichi, chef de projet du sommet pour France urbaine.
En effet, les travaux doivent déboucher sur une « Déclaration de Nancy », un document politique synthétisant plusieurs priorités et recommandations destinées à être transmises à la présidence française du G7, avant le sommet des chefs d’État organisé à Évian du 15 au 17 juin.
Résilience climatique, sociale et démocratique
Le sommet s’articulera autour d’un thème central : la résilience des territoires urbains face aux crises contemporaines. Trois dimensions seront particulièrement travaillées. La première concernera la résilience socio-économique, avec des réflexions autour du renforcement du lien social, de la cohésion territoriale et de la lutte contre les inégalités.
La deuxième portera sur la résilience environnementale : transformation durable des espaces urbains, adaptation au changement climatique, préservation de la biodiversité. « Dans cette thématique, nous aborderons aussi la question du recours aux jumeaux numériques pour mieux piloter les politiques urbaines », précise Régis Capo Chichi.
Enfin, la résilience démocratique et institutionnelle sera également débattue, dans un contexte marqué par la montée des tensions géopolitiques et des phénomènes d’ingérence. « On parlera notamment de lien civique et d’innovation participative dans une optique de renforcement de la confiance des citoyens dans les systèmes démocratiques », détaille Régis Capo Chichi.
À noter, par ailleurs, qu’un atelier spécifique sera également consacré à la reconstruction et à la résilience des villes ukrainiennes.
Les villes en première ligne des crises… et des solutions
Pour Mathieu Klein, maire de Nancy et président de la Métropole du Grand Nancy, ce sommet traduit une réalité politique de plus en plus visible : les villes se retrouvent directement confrontées aux grandes crises internationales. « Elles sont en première ligne des crises climatiques, économiques et démocratiques, mais aussi en première ligne des solutions », a-t-il souligné lors de la conférence de presse, « c’est notre rôle d’alerter les pouvoirs publics sur les réalités vécues par les habitants ». Avant d’insister sur la dimension opérationnelle recherchée : « La déclaration pour le G7 constituera une feuille de route avec des propositions concrètes remises aux gouvernements et chefs d’État, nous visons l’efficacité politique ».
Plusieurs pays hors G7 seront également représentés à Nancy, notamment le Brésil, l’Inde, le Kenya, la Corée du Sud et l’Ukraine. Au total, une centaine de maires ont déjà confirmé leur participation, parmi lesquels ceux de Paris, Los Angeles, Düsseldorf, Karlsruhe, Glasgow, Kobe, Porto Alegre, mais également ceux de grandes villes françaises (Rennes, Dijon, Tours…).



