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Un collectif de 32 acteurs du bâtiment exhorte les élus à accélérer la rénovation énergétique

Rénovation

À l’initiative d’ACTEE, une trentaine d’acteurs du bâtiment et de l’énergie publient un manifeste à destination des nouveaux exécutifs locaux. Objectif : faire de la rénovation énergétique des bâtiments publics un axe central du mandat 2026-2032, dans un contexte de contraintes budgétaires et de crises énergétiques persistantes.

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Dominique Ramard, vice-président d’ACTEE et président du SDE 22. Crédit photo : Emeric Fohlen.

Alors que les nouvelles équipes municipales et intercommunales sont en train de prendre leurs marques, 32 organisations du bâtiment et de l’énergie (ACTEE, ADEME, Banque des Territoires, Cerema, CAPEB, Syntec Ingénierie…) viennent de publier un manifeste pour appeler les élus à faire de la rénovation énergétique des bâtiments publics une priorité structurante de leur mandat. 

 

L’objectif n’est pas de proposer un catalogue supplémentaire de recommandations, mais de repositionner le sujet au cœur des arbitrages politiques locaux. « Nous voulons, juste après les élections municipales, faire passer le message aux collectivités que nous sommes là pour les accompagner », explique Dominique Ramard, vice-président d’ACTEE et président du SDE 22.

 

Le manifeste insiste sur un point clé : la rénovation énergétique ne relève plus seulement de la transition écologique, mais constitue un levier de gestion financière. En effet, les bâtiments publics concentrent près de 75 % des dépenses énergétiques des collectivités et représentent environ 10 % de leurs budgets de fonctionnement. Dans ce contexte, l’enjeu est double : réduire durablement les consommations et sécuriser les finances locales face à la volatilité des prix de l’énergie. « Les crises énergétiques montrent très clairement qu’il faut aujourd’hui limiter les dépenses, et rompre avec une forme de vulnérabilité », poursuit Dominique Ramard.

 

Seules 6000 écoles sur 40000 ont été rénovées

Les signataires mettent également en avant le coût de l’inaction, jugé supérieur à celui de l’investissement initial, et pointent le fait que la rénovation énergétique conditionne désormais la continuité même du service public. En effet, plusieurs épisodes récents (fermeture de piscines en 2022-2023 ou d’écoles lors des vagues de chaleur) ont illustré les conséquences concrètes de bâtiments inadaptés.

 

Le manifeste insiste particulièrement sur les équipements éducatifs. Écoles, collèges, lycées et universités représentent une part majeure du patrimoine public et concentrent des enjeux à la fois énergétiques, sanitaires et pédagogiques. « Les bâtiments à vocation éducative représentent environ la moitié des surfaces du patrimoine public », rappelle Dominique Ramard, « et pourtant, sur 40 000 écoles, seules 6 000 ont été rénovées pour l’instant ».

 

Si les acteurs du secteur reconnaissent une accélération récente des projets, ils estiment que le rythme reste insuffisant. « Depuis 2023, nous avons changé de rythme, mais on n’est pas encore à l’échelle, il faut continuer à accélérer », assure Dominique Ramard. Les freins sont identifiés : coûts d’investissement élevés, retour sur investissement trop long, complexité des montages et manque d’ingénierie. « Les maires disent qu’il leur faut de l’argent, qu’il faut raccourcir le retour sur investissement, sinon c’est difficile pour eux de lancer des projets », poursuit-t-il, « il est indéniable que la subvention rassure au moment d’engager des investissements importants, en fait elle est quasiment indispensable ».

 

Préférer les projets de rénovation globaux

Enfin, le manifeste rappelle qu’un écosystème structuré est aujourd’hui en place pour accompagner les projets, depuis le diagnostic jusqu’à la réalisation : agences d’État, syndicats d’énergie, bureaux d’études, architectes, entreprises du bâtiment, exploitants et acteurs financiers. « ACTEE et EduRénov sont complémentaires », souligne Dominique Ramard, « il y a aujourd’hui des dispositifs pour accompagner les collectivités, encore faut-il qu’elles s’en saisissent ». Au-delà des aides publiques, les signataires mettent également en avant les retombées économiques locales : chaque chantier mobilise des entreprises du territoire et génère des emplois non délocalisables.

 

Enfin, d’un point de vue stratégique, ils recommandent de préférer les projets de rénovation globaux aux interventions ponctuelles et successives. Ils soulignent aussi l’intérêt du partage d’expérience. « Il faut aller voir ce qui se fait sur le terrain pour se convaincre que c’est possible », clame Dominique Ramard, « d’ailleurs, au travers de ce manifeste, nous ne voulons surtout pas faire la leçon, mais au contraire dire que nous pouvons y arriver, tous ensemble ».

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