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Fin des réseaux 2G-3G : quels enjeux pour les territoires ?

Téléphonie mobile

Orange a débuté l’extinction de la 2G fin mars et sera bientôt suivi par les autres opérateurs, avec un arrêt complet attendu d’ici fin 2026. La fin de la 3G est quant à elle prévue en 2028. Si l’impact direct de cette extinction devrait être limité pour les collectivités, elles doivent sensibiliser et coordonner les acteurs du secteur pour éviter les coupures de services. Cette transition peut aussi représenter une opportunité de repenser leur stratégie numérique. Explications.

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Le 31 mars dernier, Orange a démarré l’extinction de son réseau 2G. Selon le calendrier de l’Arcep, SFR, Bouygues Telecom et Free vont faire de même à partir de l’automne. L’extinction totale de la 2G est prévue pour la fin 2026 et celle de la 3G en 2028.


Selon la Chambre Syndicale des Entreprises d'Equipement Electrique de Paris et sa région (CSEEE) plus de huit millions d’appareils sont concernés. Il s’agit notamment d’équipements techniques tels que les systèmes d’alarme et de télésurveillance, les solutions de téléassistance pour personnes âgées (dont les bracelets ou pendentifs connectés), les ascenseurs équipés de téléalarmes, les interphones et visiophones, des automates de GTB (Gestion Technique du Bâtiment) et des compteurs d’eau connectés.


Pourquoi cette extinction ? « La fin de la 2G et de la 3G répond à plusieurs enjeux structurels. Le premier est énergétique : ces réseaux consomment beaucoup plus que les technologies récentes. À usage data équivalent, la 2G consomme environ 12 fois plus d’énergie que la 3G et jusqu’à 60 fois plus que la 4G », explique Didier Durand, "Program Director Sunset 2G/3G " chez Orange France. Autre élément : ces réseaux représentent moins de 1 % du trafic data, tout en mobilisant encore une part significative des ressources radio. « Leur arrêt permet donc de réallouer les fréquences vers la 4G et la 5G, plus performantes », poursuit-on chez Orange.


Les collectivités indirectement concernées

Dans quelle mesure cette extinction va impacter les territoires ? « La majorité des équipements concernés ne sont pas directement gérés par les collectivités. Ils relèvent de partenaires ou de délégataires : gestionnaires de l’eau, ascensoristes, prestataires de téléassistance ou entreprises de sécurité », souligne Valentin Marcon, ingénieur télécom à Télécom Saint-Etienne et consultant chez Smart World Partners, qui accompagne notamment les collectivités dans le déploiement de leur réseau bas débit.


Dans certains cas, des collectivités peuvent être plus directement impactées, comme celles gérant l’eau et l’assainissement en régie. Sachant qu’une partie des compteurs d’eau connectés fonctionnent en 2G (et plus marginalement en 3G), ces régies doivent anticiper la fin de ces réseaux. Même chose pour des capteurs surveillant l’état des châteaux d’eau.


Dans la majorité des cas, le territoire va donc surtout devoir vérifier que les acteurs privés du territoire, utilisant la 2G et la 3G, ont bien anticipé l’extinction de ces réseaux. « Le rôle principal des collectivités consiste à sensibiliser l’ensemble des acteurs locaux : prestataires de téléassistance, gestionnaires d’équipements, délégataires de services publics ou encore établissements de santé », estime Didier Durand. Un avis partagé par Valentin Marcon. « Le rôle des collectivités apparaît avant tout comme celui d’un facilitateur. Elles doivent s’assurer que leurs partenaires ont bien identifié les impacts de la fin de la 2G/3G et qu’ils ont engagé les démarches nécessaires ».


Selon l’ingénieur télécom, cela passe par un travail de coordination, mais aussi par une capacité à impulser une dynamique collective. « Les collectivités peuvent ainsi encourager leurs partenaires à intégrer ces enjeux dans leurs projets. Elles ont également un rôle de communication, notamment auprès des acteurs locaux et des usagers, en particulier sur les sujets sensibles, comme la téléassistance.»


Une opportunité de repenser leur stratégie numérique

Même si les collectivités ne sont pas en première ligne, cette extinction de la 2G et de la 3G est clairement une contrainte. Mais celle-ci peut être transformée en opportunité, estime Valentin Marcon. « Cette transition peut servir de point d’entrée pour structurer une politique de connectivité, développer de nouveaux réseaux — comme le LoRa — et mieux exploiter les données générées par les équipements. Elle peut également conduire à mutualiser les infrastructures, à réfléchir à l’hébergement des données et à renforcer la souveraineté numérique des territoires ».


Selon Orange, les alternatives sont aujourd’hui matures et les collectivités peuvent profiter de la fin de la 2G et 3G pour déployer des technologies plus adaptées à leurs besoins qui évoluent aujourd’hui avec les projets de territoires connectés. « Les équipements compatibles 4G et 5G sont largement disponibles, y compris pour les usages IoT », souligne Didier Durand. « Pour les usages critiques, la migration se fait majoritairement vers la 4G, jugée plus adaptée en termes de fiabilité et de performance. D’autres technologies, comme le LoRa ou le NB-IoT, peuvent être utilisées dans certains cas, mais elles restent moins adaptées aux applications critiques en temps réel ».


Au final, l’extinction de la 2G et de la 3G devrait donc avoir un impact limité sur les territoires et les risques de rupture de service concernent principalement les équipements gérés par des tiers. « Même si le risque global peut être qualifié de modéré, il justifie tout de même une vigilance particulière de la part des territoires », souligne Valentin Marcon. Et à cette occasion, le territoire peut donc affirmer son rôle de garde-fou et de coordinateur. « La réussite de cette transition repose sur l’anticipation, la coordination et la mobilisation de l’ensemble des acteurs. Dans ce contexte, les collectivités ont un rôle clé à jouer pour s’assurer que les services essentiels restent pleinement opérationnels », conclut Didier Durand.

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