LE MAGAZINE DES VILLES ET DES TERRITOIRES CONNECTÉS ET DURABLES

IoT : Montpellier passe le cap des 50 000 capteurs connectés

IoT

Montpellier franchit le cap des 50 000 capteurs IoT connectés à son réseau LoRaWAN privé, déployé depuis 2016. Majoritairement dédiés à la télérelève de l’eau, ces capteurs alimentent aussi divers services urbains. La métropole a choisi une architecture souveraine, opérée en propre, et poursuit l’extension du réseau pour atteindre 85 000 compteurs connectés d’ici 2027. Retour d’expérience.

Rimg0
Capteur de qualité de l’air déployé dans les écoles

Montpellier a été un des territoires pionniers du déploiement de la technologie LoRaWAN en France avec une première antenne déployée en 2016. Dix ans après, Montpellier Méditerranée Métropole franchit la barre symbolique des 50 000 capteurs IoT connectés à son réseau LoRa privé.


« Il y a dix ans, la technologie était nouvelle, peu documentée, et nous avons démarré modestement avec deux gateways LoRa pour comprendre son fonctionnement, son coût et sa pertinence économique », se rappelle Pierre Brice, directeur adjoint de la stratégie numérique et sécurité du SI de Montpellier Méditerranée Métropole. « Aujourd’hui, nous venons de franchir les 50 000 objets connectés. Quant au réseau, il couvre désormais les 31 communes de la métropole grâce à 32 gateways, avec une montée progressive vers une quarantaine. »


Dans le détail, sur les 50 000 capteurs IoT, près de 45 000 sont utilisés par la Régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole pour la télérelève de ses compteurs d’eau. « Les usages se sont structurés autour d’un principe simple : partir d’un cas d’usage massif et stratégique. Pour nous, cela a été la télérelève des compteurs d’eau. Là où il y a de l’eau, il y a de l’activité. Si nous parvenons à capter les compteurs d’eau, nous savons que notre couverture est suffisante pour d’autres usages ».

 

Les quelque 5000 capteurs restants sont utilisés pour la collecte d’informations diverses, comme le taux de remplissage des points d’apport volontaire verre (un millier de PAV connectés), de la hauteur d’eau dans les rivières (anticipation des risques d’inondation sur 31 communes), la qualité de l’air dans les écoles (environ 130 capteurs), la température et l’humidité dans certains parcs (cartographie des Îlots de fraîcheur), du comptage des passages de piétons et vélos sur la voir publique et même de l’hygrométrie dans les musées (conservation d'œuvres d'art).


« Nous avons aussi arrêté certains cas d’usage, comme le stationnement connecté, qui ne s’est pas révélé rentable. LoRa n’est pas une solution universelle. Il faut adapter la technologie à l’usage », précise Pierre Brice. Autre conclusion après une décennie d’usages de LoRaWAN : « les limites de la technologie sont claires : un débit réduit et pas de temps réel, donc pas de vidéo et pas non plus d’usages critiques comme les alertes de départ de feu. Nous sommes sur des latences de quelques secondes ou minutes, ce qui est en revanche parfaitement adapté à la plupart des mesures, mais pas aux usages de sécurité immédiate. »


Un réseau souverain de bout en bout

Le réseau LoRa privé de Montpellier est le socle technologique de son projet de territoire connecté. Dès le départ, la métropole a fait le choix d’un réseau LoRa privé dont elle assure elle-même l’exploitation avec un cœur de réseau en open-source (ChirpStack). Ce LNS (LoRaWAN Network Server) est hébergé sur un data center sécurisé dont le territoire loue les services. Un choix notable, alors que certains territoires ont recours à des partenaires techniques pour cœur de réseau. Le déploiement de l’infrastructure a été réalisé avec Synox, société spécialisée dans les solutions IoT, pour le compte de la métropole, qui est seul propriétaire de l’infrastructure.


Pourquoi ce choix d’un réseau LoRa souverain de bout en bout ? « Ce choix est d’abord politique. Nous avons engagé très tôt une politique de la donnée et de l’open data. Nous avons constaté que certaines données échappaient aux collectivités lorsqu’elles étaient opérées ailleurs. Nous ne voulions pas revivre cela », confie Pierre Brice. « Aujourd’hui, nous savons où sont nos données, comment elles circulent, et nous pouvons les exploiter pour nos politiques publiques, y compris dans nos travaux en cours autour de l’IA territoriale ».


Même si la quasi-totalité du réseau est opéré en propre par la métropole, Montpellier n’a pas totalement fermé la porte aux réseaux publics nationaux exploités par des opérateurs privés. « Lorsque nous avons quelques objets isolés hors couverture, nous utilisons ponctuellement le service d’Orange ou Netmore. Les données remontent ensuite dans notre plateforme de supervision comme si elles provenaient de notre réseau. Mais cela reste "roaming " pragmatique, pas du réseau hybride intégré au niveau du LNS ».


500 nouveaux compteurs d’eau connectés chaque mois

En perspective, le réseau va continuer de s’étoffer avec donc une quaranaine de gateways LoRa prévues. Ceci, notamment pour continuer d’accompagner le déploiement de la télérelève par la Régie des eaux, dont le rythme est de 500 nouveaux compteurs d’eau connectés chaque mois. L’objectif est de 85 000 compteurs connectés en 2027. « Nous avons refait une étude de couverture en 2025 pour ajuster notre schéma directeur », précise Pierre Brice.


Parmi les recommandations de Montpellier Méditerranée Métropole pour le déploiement de réseaux LoRa privés : « Le principal risque est de commencer par l’infrastructure sans les usages. Nous avons vu des collectivités déployer massivement des gateways sans stratégie métier claire, puis démonter ensuite des antennes faute de cas d’usage », souligne Pierre Brice.

 

Il conseille donc de commencer par un cas d’usage structurant, de monter progressivement en charge, de ne pas mettre tout le budget dans l’infrastructure et d’anticiper la gouvernance des données et l’exploitation. « LoRa n’est pas une fin en soi. C’est une brique d’aménagement numérique. À Montpellier, il s’inscrit dans une vision globale de souveraineté et de mutualisation territoriale. C’est cette cohérence stratégique qui, dix ans après, nous permet d’en faire un outil pleinement opérationnel », conclut-il.


Retrouvez notre dossier « Réseaux LoRaWAN : quelles options de déploiement pour les territoires ? » dans le prochain numéro de Smart City Mag (SCM 73).

Le magazine

Dans Smart City Mag, retrouvez nos dossiers, enquêtes, reportages, interviews... sur les smart cities, en France comme à l'étranger.

Toutes vos formules d'abonnement donnent désormais accès aux archives numériques du magazine sous forme de liseuse et de pdf à télécharger. L'achat au numéro d'exemplaires papier vous donne également accès aux versions numériques du magazine (liseuse + pdf téléchargeable).

Contact annonceurs

Christine Doussot, directrice de clientèle
christine.doussot@smartcitymag.fr
Tél. + 33 7 69 21 82 45

RECEVOIR LA NEWSLETTER
Le meilleur de l’IA enfin accessible
Chaque semaine, recevez l'actualité
des villes et des territoires connectés et durables
INSCRIVEZ-VOUS À LA NEWSLETTER
OK
Non merci, je suis déjà inscrit !