La région Île-de-France poursuit sa stratégie de soutien à l’intelligence artificielle appliquée aux grands enjeux d’intérêt général. En partenariat avec le Centre National d’Études Spatiales (CNES), elle a lancé un nouveau challenge IA dédié à l’exploitation des données spatiales, doté d’une enveloppe globale d’un million d’euros. L’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 9 mars 2026.
Ce challenge marque une nouvelle étape dans la collaboration entre la Région et les grands acteurs institutionnels confrontés à des problématiques complexes pouvant être adressées par l’IA. En effet, l’initiative s’inscrit dans un dispositif déjà éprouvé. « Depuis 2019, nous avons lancé ces challenges IA avec un principe simple : mettre en lien une grande institution et des startups », explique Alexandra Dublanche, vice-présidente de la région en charge de la relance, de l’attractivité, du développement économique et de l’innovation, « l’objectif est de faire émerger des solutions innovantes en mobilisant l’écosystème, tout en permettant à des institutions qui n’ont pas forcément toutes les compétences en interne d’accéder à des expertises de pointe en matière d’intelligence artificielle ».
Ainsi, dans ce modèle, le conseil régional joue un double rôle de financeur et de facilitateur. Les précédents challenges IA avaient concerné les domaines de la santé, de l’énergie et de l’industrie. C’est désormais au tour du secteur spatial de devenir un terrain d’expérimentation.
Deux démonstrateurs sur l’usage des données satellitaires
Ce nouveau challenge porte sur deux sujets distincts, coconstruits par la région et le CNES. Le premier consiste à développer un démonstrateur de services applicatifs reposant sur les données satellitaires, en s’appuyant sur des modèles d’IA généralistes existants et en explorant le potentiel des modèles de fondation géospatiaux. Les secteurs ciblés sont l’énergie, l’environnement, la sûreté industrielle, la sécurité et la gestion des risques environnementaux.
Le second a pour objectif la conception d’un modèle vision-langage dédié à l’analyse automatique d’images satellites, avec un accent mis sur les images optiques à haute ou très haute résolution spatiale (de 0,5 à 10 mètres). Les candidats devront démontrer la capacité de l’IA à interpréter ces données massives et complexes de manière fiable et opérationnelle. Dans les deux cas, le CNES mettra à disposition les jeux de données nécessaires, participera à la sélection des projets et assurera un suivi technique des démonstrateurs retenus.
Dans une optique de partenariats durables
Pour la région, l’enjeu est aussi de favoriser des relations de long terme entre startups et grandes institutions. « Les challenges IA permettent certes aux startups de répondre dans un premier temps à des problématiques très ciblées, mais aussi de nouer ensuite des partenariats durables », souligne Alexandra Dublanche, « du reste, ils ne constituent qu’un des leviers que nous mobilisons, puisque nous soutenons aussi le Pack IA, en lien avec Hub France IA, pour mettre en relation des PME et des startups ».
Dans l’immédiat, pour ce challenge avec le CNES, jusqu’à dix projets par sujet seront présélectionnés. Les auditions et la désignation des lauréats auront lieu en mai.



