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Concilier numérique et environnement : la feuille de route du gouvernement

Numérique

Souvent montré du doigt par son impact environnemental, le secteur du numérique – dont les usages explosent – peut aussi être porteur de solutions pour la transition écologique. Le gouvernement présente une feuille de route qui veut concilier transition numérique et transition écologique, en mettant la première au service de la deuxième.

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Depuis le début de la crise sanitaire, les usages du numérique ont fait un bond spectaculaire. Le télétravail, l’enseignement à distance, la télémédecine, ou encore les loisirs en ligne ont été possibles grâces à des réseaux de communication performants (fibre optique, téléphonie mobile) et à des terminaux (PC, tablettes, smartphones...), dont les ventes ont connu une forte croissance. Mais si ces infrastructures et ces outils ont atténué les effets de la crise et du confinement sur de nombreux aspects de la vie quotidienne des Français, leur usage intensif n’est pas neutre pour l’environnement. D’après une étude de l’ADEME publié en janvier de cette année, le numérique représente environ 4 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, et ce pourcentage pourrait doubler… d’ici 2025 !
La question mérite donc d’être posée si le remède du numérique n’est pas pire in fine que le mal des actions auxquelles il se substitue. Pour en avoir le cœur net, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et le secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques Cédric O ont planché en tandem pendant plusieurs mois. Le résultat de leur travail commun est une feuille de route baptisée « numérique et environnement », articulée autour de trois axes (connaître pour agir, soutenir un numérique plus sobre, innover au profit de la croissance écologique) et d’une quinzaine d’actions. L’ensemble vise à mobiliser tous les acteurs concernés de l’industrie, mais aussi toutes les catégories d’utilisateurs, particuliers comme professionnels, sans oublier les services de l’Etat et les collectivités territoriales.


Mesurer avant d’agir

Le premier axe de cette feuille de route, est de savoir précisément de quoi on parle. Dans ce but, l’ADEME et l’Arcep ont été chargées d’une étude qui vise à mieux comprendre l’empreinte environnementale du numérique et comment elle va évoluer dans les décennies à venir. Les premiers retours sont attendus au printemps de cette année et le rapport final à l’été 2022.
L’Etat a également mis en place une collecte de données auprès des acteurs du secteur pour établir un baromètre environnemental annuel du numérique, qui couvrira l’activité de tous les acteurs (opérateurs télécoms, fabricants de terminaux, éditeurs de logiciels...). Le plus gros enjeu de cette démarche est d’agir sur le poids de la fabrication des terminaux, qui compte pour les trois quarts de l’impact environnemental global de ces derniers.
Cet objectif de limiter l’impact des terminaux se matérialisera par un soutien à tout ce qui favoriser le réemploi, à travers une enveloppe dédiée dans le cadre du plan de relance, à laquelle le numérique est éligible.
Un autre outil qui sera mis en profit dans cette démarche est l’extension de l’indice de réparabilité mis en place depuis début janvier pour les ordinateurs et les smartphones pour mieux informer le consommateur.


Intégrer le recyclé dans l’achat public

Le secteur public dans son ensemble (Etat, collectivités…) devra se montrer exemplaire en matière de réemploi et d’allongement de la durée de vie du matériel informatique et des téléphones fixes et mobiles qu’il achète. 20 % des achats à venir de ces équipements devront être issus du marché du reconditionné.
Parallèlement, l’Etat soutiendra en amont l’éco conception des produits, afin de limiter leurs impacts dans les phases de fabrication, d’usage et de recyclage. Des codes de bonne conduite seront imposés aux opérateurs du numérique. Ces codes pourraient être portés au niveau européen et devenir à terme juridiquement opposables.
Après la fabrication des terminaux, la feuille de route n’oublie pas les effets de leur utilisation, qui est aussi fortement consommatrice d’énergie. Deux actions phares seront mises en œuvre pour inciter à la sobriété numérique : une campagne nationale, qui sera pilotée par l’ADEME, aura pour mission d’informer et de sensibiliser les français aux « bons gestes d’usage ». Plus en amont sur la chaîne technique des services numériques, les data centers, par où transitent toutes les données, pourront bénéficier d’une électricité à taxes réduites s’ils respectent un certain nombre de mesures d’« éco conditionnalité ». Présent dans la loi de finances 2021, le dispositif devrait être approfondi.


La techno au service de l’écologie

Partant du principe que la technologie et l’écologie ne sont pas antinomiques, mais complémentaires, plusieurs actions portent sur le soutien à l’innovation. L’une d’entre elles est le soutien (financier) de l’Etat par l’extension de l’accompagnement de la mission French Tech (french tech 120 et Next 40) pour les start-up de la green tech engagées sur des solutions innovantes au service de la transition écologique.
Par ailleurs, une mission sera confiée au sénateur de Paris Julien Bargeton sur « comment mobiliser le numérique au service de l’environnement » et pour proposer des solutions pour diffuser ces initiatives partout en France. A cela s’ajoute le lancement d’un appel à projets pour développer les solutions innovantes de la 5G au service de la transition écologique.
Toujours sur la 5G, le gouvernement demande à l’Arcep, dans le cadre de l’attribution des fréquences 26 GHz à venir, de « travailler sur différentes voies et moyens de prendre en compte les enjeux environnementaux ». Une étude globale sur l’impact des objets connectés, qui vont se développer avec la 5G, sera également mise en chantier.

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