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RATP : une business unit dédiée aux solutions pour les villes

Smart city
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Valère Pelletier, directeur général de RATP Solutions Ville
Nous sommes un acteur natif de la smart city

La régie parisienne entend mieux répondre aux appels d’offres des villes intelligentes, en créant une nouvelle entité : la business unit "RATP Solutions Ville". Elle regroupe quatre filiales existantes et s’étoffe de nouvelles activités dédiées aux villes et aux collectivités territoriales. Quelles sont les motivations de la RATP et quels domaines de la smart city couvre cette business unit ? Réponses de Valère Pelletier, précédemment directeur de la stratégie et du développement du groupe, désormais directeur général de RATP Solutions Ville.

Pourquoi créer aujourd’hui une nouvelle entité à destination des villes ? Est-ce pour trouver de nouveaux relais de croissance en prévision de l’ouverture à la concurrence des transports franciliens ?
C’est la rencontre entre un besoin marché et une dynamique stratégique du groupe RATP. D’un côté, nous observons une demande de plus en plus forte de la part des collectivités pour des projets complexes autour de la ville intelligente. Nous avons réalisé des analyses de marché portant sur les grandes transformations des villes pour les vingt années à venir. Ces analyses démontrent une accélération inédite de certaines transformations sur des thématiques que nous couvrons déjà au sein du groupe RATP, comme la transition énergétique, l’urbanisme, la gestion de grandes infrastructures, les télécommunications, et bien entendu les mobilités urbaines.
Parallèlement à ce besoin marché, il y a effectivement une raison stratégique à la création de la business unit "RATP Solutions Ville". L’ouverture à la concurrence des transports franciliens, sur lesquels nous avons une activité en monopole, entraîne des perspectives de baisse de chiffre d’affaires. Pour mémoire, cette ouverture portera sur le bus dès la fin 2024, puis le tramway en 2029 ainsi que le métro, et le RER en 2039. Nous avons donc effectivement besoin de trouver de nouveaux leviers de croissance, et la ville intelligente en fait partie.


Comment se structure cette nouvelle entité ?
Elle va fédérer les équipes de quatre filiales : RATP Capital Innovation (investissement dans les nouvelles mobilités et les nouveaux services urbains), RATP Connect (télécoms), ainsi que RATP Habitat et RATP Real Estate (immobilier). Cela représente environ 350 personnes. Elles seront épaulées par une équipe, composée de plusieurs dizaines de personnes, dédiée au "business development" sur le marché des collectivités (juristes, commerciaux, chefs de projets…).
L’idée est de répondre à des appels d’offres pour des projets à long terme, multisectoriel et complexes. Il pourra s’agir de projets nécessitant d’importants investissements de notre part. Nous avons en effet la légitimité et les capacités financières pour mener de grands projets en concession (DSP, PPP, etc). La RATP ne va pas répondre seule à ces appels d’offres. Le principe est de nous entourer de partenaires, chacun spécialistes sur leur secteur.


Quels domaines de la ville intelligente allez-vous couvrir ?
Nous avons identifié cinq secteurs clés sur lesquels le groupe RATP possède une expertise. Certains sont connus, d’autres moins. Sans surprise, nous allons nous positionner sur les projets liés aux mobilités urbaines comme le covoiturage ou l’autopartage. Via notre filiale RATP Capital Innovation, nous accompagnons des start-up développant ces nouvelles mobilités, comme par exemple Klaxit, spécialisée dans le covoiturage domicile-travail, ou Cityscoot, opérateurs de scooters partagés.
Mais la RATP n’est pas qu’un exploitant de services de transports. Nous possédons également un savoir-faire dans le domaine de l’énergie. Nous transformons ainsi nos centres bus afin de les convertir aux énergies biogaz et électrique, pour avoir, à termes, un parc bus 100 % propre dès 2025. Cette expertise, nous pouvons la partager avec des collectivités, par exemple pour des projets d’électrification de flottes publiques.
Nous possédons également un savoir-faire dans le domaine de l’immobilier avec plus de 8 700 logements sociaux que nous gérons en Ile-de-France, via notre filiale RATP Habitat. Nous exploitons également des grandes infrastructures de télécommunications, avec notamment plus de 170 000 km de fibre optique déployés dans les tunnels du réseau de métro parisien. Enfin, nous sommes présents sur le secteur de la logistique urbaine. Fin 2020, nous avons par exemple signé un partenariat industriel avec le groupe Sogaris pour créer des centrales de mobilité. Il s’agit de programmes immobiliers hybrides offrant des solutions optimisées de mobilité des biens et des personnes.


Allez-vous couvrir l’ensemble des territoires ?
Historiquement, notre activité est liée aux zones urbaines. Nous n’allons donc pas cibler prioritairement les territoires ruraux. Dans un premier temps, nous allons naturellement nous concentrer sur la région Ile-de-France qui est le berceau de notre activité. Mais ensuite, l’objectif est bien d’étendre l’activité de Solutions Ville à d’autres territoires, en particulier la centaine de villes dans lesquelles est présente notre filiale transport RATP Dev. Elle couvre plusieurs dizaines de collectivités françaises, mais aussi des villes à l’international comme Londres, Florence ou Casablanca.

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