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Éolien off-shore : comment industriels et élus travaillent en Vendée et Loire-Atlantique

Energie

On compte sept projets de parcs éoliens off-shore "posés" en France, qui devraient (enfin) aboutir entre 2022 et 2027. Pour implanter les filières localement, industriels nationaux et régionaux y travaillent avec les élus. Illustrations sur les îles d’Yeu et de Noirmoutier et à Saint-Nazaire.

 

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Éolienne en mer du type qui serait implanté au parc de Yeu-Noirmoutrier © Siemens Gamesa Renewable

La France affiche un important retard par rapport à ses homologues européens, Royaume-Uni et Allemagne en tête. Mais c’est « enfin le bon départ », veulent croire les acteurs de l’éolien off-shore. En janvier, l’État français avait envoyé un signal fort dans sa Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), en fixant désormais à 6,2 Gigawatts l’objectif de production d’énergie en 2028, contre 4,7 puis 5,2 précédemment. Avec sept projets en cours de parcs dits "posés". Le dernier débattu jusqu’à la mi-décembre, sous l’égide de la CNDP, étant celui de Dunkerque pour potentiellement 64 éoliennes (600 Mégawatts) implantées à l’horizon 2027.

En Vendée, on est à l’étape d’après, avec la préparation d’un chantier qui va mobilier 750 personnes sur place dans 18 mois environ. « Ce qu’on a gagné comme temps avec la montée en compétence des tribunaux [Cour administrative d'appel de Nantes puis directement le Conseil d’État, ndlr] on l’a perdu avec le crise du Covid 19 et le confinement » regrette cependant Christelle Celeste, responsable de coordination socio-industrielle d’Éoliennes en mer Yeu Noirmoutier (EMYN). Car il faut encore « expurger tous les recours » déposés par divers opposants au projet, insulaires et associations nationales mélangés. Pas moins de 62 éoliennes (496 Mégawatts de puissance maximale) doivent être construites au Havre par Siemens Gamesa Renewable, pour une mise en route entre les îles d’Yeu et Noirmoutier finalement prévue pour fin 2024 ou début 2025. On comptera ensuite 100 permanents répartis sur place entre le port de l’Herbaudière, sur Noirmoutier et Port Joinville, sur l’Île-d’Yeu, pendant 25 ans au bas mot.

 

« Tourisme éolien » ?

« Il faut bien comprendre que c’est un véritable tour de force de pouvoir accueillir autant d’emplois industriels sur une île comme la nôtre. Cela ne s’est jamais produit ailleurs » met en avant le maire de l'île d'Yeu, Bruno Noury. D’où un travail avec les porteurs du projet, comme les commerçants et pêcheurs pour adapter au mieux la criée, où sera implantée la (future) base. L’édile le prévoit que pour « chaque emploi direct créé pour les activités de maintenance, ce sont trois emplois qui gravitent autour » sans compter un hypothétique « tourisme éolien ». En tout 46 entreprises ligériennes ont déjà collaboré à l’élaboration ce projet à 2 milliards d’euros, mais « sans aucune garantie de décrocher l’appel d’offres » relève Christelle Celeste, de EMYN.

À 100 kilomètres de là à vol d’oiseau, doivent tourner dès 2022 les 60 éoliennes du premier parc off-shore français au large de Saint-Nazaire (480 Mégawatts). Et ce après un marathon judiciaire d’une décennie (face à trois associations de riverains) qui s’est terminé favorablement le 7 juin 2019 devant le Conseil d’État. Leur remorquage en mer pourra être aperçu depuis le toit du musée EOL, premier du genre en France, qui a ouvert il y a deux ans sur le port de Saint-Nazaire. Budget : 800 000 euros financés majoritairement par les collectivités locales pour environ 5 000 visiteurs par mois (en temps normal).

Les élus locaux, parlent « de continuer à tisser le lien entre tourisme et industrie ». « Après les sous-marins d’hier, les paquebots de STX ou les avions d’Airbus d’aujourd’hui, les éoliennes de demain » projette David Samzun, maire de Saint-Nazaire. Au-delà de l’image territoriale, l’enjeu pour ce projet à 2 milliards d’euros demeure surtout… financier. Le porteur, EDF Renewable Energy, parle de 1000 emplois « mobilisés » en Pays de la Loire, dont plus de la moitié sur le site de construction nazairien de GE Renewable Energy, à Montoir-de-Bretagne. « Le but ultime c’est bien d’être compétitif à l’export » y souffle-t-on.

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