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SIIVIM 2020 : davantage de coopération pour se partager les bonnes idées

Evènement

Malgré un contexte sanitaire incertain, la 3ème édition du SIIVIM (Sommet International de l’Innovation dans les villes Médianes) se tiendra bien les 8 et 9 octobre prochains à Nevers, en session mixte, à la fois présentielle et digitale. Denis Thuriot, maire de la ville et président de Nevers Agglo, est plus que jamais motivé à maintenir cet événement qui se veut porteur de solutions et de partage de bonnes pratiques pour les villes médianes. Interview.

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Le SIIVIM a nativement une vocation internationale. Sera-t-elle totalement maintenue, compte tenu des incertitudes sanitaires ?

En fonction des conditions, nos participants internationaux seront présents physiquement ou à distance. Le SIIVIM est le seul sommet international qui a lieu sur deux continents, un an sur deux, entre le Quebec et la France. Nous aurons d’ailleurs d’autres représentants internationaux, venant notamment d’Afrique (République Démocratique du Congo, Côte d’Ivoire…) et d’autres pays d’Europe. Nous avons intégré le projet Urbact (1) qui nous permet d’échanger notamment avec le Portugal. Israël (avec la Palestine) est aussi un partenaire historique. Nous aurons en permanence deux plateaux TV qui permettront de transmettre les interventions en direct. C’est aussi le seul événement de type qui accueille le grand public.

L’épisode du Covid 19 dans lequel nous sommes encore a crée une communauté de destin entre les habitants des différentes villes de différents pays. Est-ce que cela peut aussi se traduire par une communauté de solutions à trouver entre les élus des villes médianes à travers le monde ? Est-ce que vous avez partagé là-dessus avec vos pairs en France ou ailleurs ?

Le SIIVIM a été crée pour davantage de coopération entre territoires, et cette coopération s’accélère, elle devient indispensable et nécessaire, parce qu’on part du même constat en termes de besoins. A cela s’ajoute l’incertitude sanitaire, qui requiert des solutions plus larges.
Pendant la période de crise et de post confinement, nous avons échangé très régulièrement, même plus qu’avant, sur les enjeux de nos territoires. Nos territoires médians sont relativement protégés par leur relative faible densité de population, qui est communément considérée comme une faiblesse, mais qui est aujourd’hui un atout.
Avant cela, je militais déjà pour qu’il y ait un nouveau regard sur les villes médianes. Le gouvernement, par des dispositifs comme Action Cœur de Ville (qui intègre l’innovation et le numérique), ou Territoires d’Industrie, essai de relancer ces territoires. Et cette relance est devenue un véritable enjeu qui intéresse beaucoup de monde.
Nous aurons au SIIVIM des organisations d’élus nationales et internationales, ainsi que des villes, telles qu’Albi, qui partagera son savoir-faire autour du logiciel libre. De notre côté, nous avons testé le co voiturage avec la société Netlift. Nous pouvons partager cette expérience avec les grandes villes françaises. Le SIIVIM va soutenir encore davantage de coopération pour le partage des bonnes idées.


Cette période a fait émerger auprès des citoyens une recherche de proximité et de protection auprès de leurs autorités locales, est-ce que l’édition 2020 du SIIVIM reflètera ces attentes à travers les thèmes des interventions et dans les propositions de ses participants ?

Il y a enfin une prise de conscience de la nécessité d’une vraie proximité. Nous l’avons constaté à travers le besoin vital d’avoir des outils de protection sanitaire. Nous avons pris des initiatives participatives décidées avec les citoyens, et nous avons lancé notre service tapisserie pour fabriquer des masques…
Sur l’économie, je pense qu’il y a une prise conscience raisonnable et raisonnée sur la consommation de proximité. Avec une solution qui s’appelle Veando (2), nous avons pu aider les commerces de proximité qui étaient pour beaucoup fermés. Ils ont pu continuer à travailler, à livrer, à avoir une visibilité sur les réseaux... Cela nous a permis d’accompagner des solutions nouvelles, y compris pour les maraîchers, les agriculteurs, les producteurs de viande... Aujourd’hui, il y a des habitudes qui sont restées. Le drive fermier continue, même s’il y a moins de monde. La proximité, nous l’avons aidée, encouragée. Nous avons montré qu’avec nos solutions déjà mises en place sur le plan départemental quels étaient les services ouverts, quelles étaient les industries, comment commander… Cela a été très apprécié.

 

Le digital fait partie du plan de relance européen et français ; la transition écologique est également un volet important de ce plan de relance. Est-ce qu’on trouvera au SIIVIM 2020 un reflet de cet élan, des moyens et des projets qui pourront être mis en œuvre, notamment sur la transition énergétique des territoires ?

Avant le Covid 19, nous réfléchissions déjà à relancer l’économie dans les villes médianes par l’innovation. Pour ce qui est du développement durable, on ne devrait plus être en transition !
Aujourd’hui, es solutions de transition énergétique passent par l’innovation, c’est pourquoi je vais m’orienter vers la récupération d’énergie, vers l’eau... L’eau va être un gros enjeu : il faudra la gérer, la récupérer dans nos bâtiments… Cela va passer par des solutions technologiques de gestion. Evidemment que notre SIIVIM sera tourné vers l’innovation et le développement durable ; ces deux axes doivent être transversaux à toutes les politiques publiques.

 

Quid de la dynamique d’un écosystème qui se construit autour des besoins des villes et des territoires ? Sera-t-il au rendez-vous ?

Oui, et il le sera plus qu’avant. La société Bosch présentera des capteurs qui évitent aux voitures de tourner inutilement pour trouver une place de stationnement. Pour la gestion de l’eau, qui est cruciale, nous aurons la Saur, nous aurons la gestion des fuites d’eau avec Lacroix Sofrel, la gestion des incidents avec Majikan Veolia, celle des déchets avec Suez, de gestion de la relation citoyenne avec Orange… Avec Citelum (EDF), nous aurons l’éclairage intelligent que nous avons commencé à déployer sur Nevers, et avec Dalkia, le réseau de chaleur, qui utilise la chaleur fatale de l’usine d’incinération, et aussi une chaudière biomasse et d’autres projets encore de méthanisation.
Nous aurons aussi tout le réseau des start up, avec des nouvelles qui sont arrivées du Quebec, comme IS data, comme Netlift, comme Geebe, Bik Air qui nous avait accompagné et qui se développe en contre partie au Québec. On y trouvera aussi Cap Collectif pour la démocratie participative, Solar E tree, les drones avec Apex Drones… Notre écosystème local s’est également développé : notre incubateur numérique, l’Inkub, est plein ; le village by CA se structure et se développe au-delà de ce qu’on pensait, avec près d’une dizaine d’entreprises et le projet de doubler d’ici quelque temps... Nous essayons de faire tenir au maximum tout le monde.
Et nous aurons toujours Villes Internet, la mission Ecoter et Villes de France, le CEREMA, IVEO, Shawinigan, Adullact qui seront toujours présents à nos côtés. Tout cet écosystème sera largement présent. Pour nous, c’est un signe de confiance, cela veut dire qu’on commence à s’inscrire dans la durée. Je voudrais terminer par une technologie symbole qui sera présente au SIIVIM, l'Aeroplume (cf photo) ; une technologie permettant de voler et d'appréhender l'espace à un autre rythme. C'est bien cet autre rythme, cet autre développement qu'essaye d'incarner le SIIVIM et les villes médianes, innover vers un mieux être des habitants respectueux de l'environnement.

 

 

(1) Programme de coopération qui permet aux villes européennes d’échanger leurs expériences et bonnes pratiques en matière de développement urbain en créant des réseaux transnationaux.
(2) Plateforme collaborative sur laquelle les commerçants de proximité peuvent s’inscrire gratuitement. Les clients peuvent alors les appeler en vidéo et passer commande en temps réel. Ils bénéficient ainsi de conseils individualisés et payent en ligne. Les produits sont livrés à domicile ou récupérés en boutique.

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