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Le bâtiment de demain, enjeu pour l’élu d’aujourd’hui

Smart building

À quelques jours des élections municipales, des professionnels innovants du BTP étaient réunis près de La Roche-sur-Yon (Vendée) pour dessiner les contours du bâtiment de demain. Et les contraintes réglementaires et politiques qui vont avec.

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Le bâtiment du Campus Cougnaud, en Vendée, qui a contribué à définir la norme RE 2020 © Thibault Dumas

Il y a quelques mois, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ) a fait, à sa manière, son entrée dans la campagne des municipales. L’agence a publié un guide clefs en main à destination des maires, dont un chapitre a pour objectif de « diminuer l’empreinte écologique des bâtiments [du] territoire ». Primordial alors que le BTP, troisième secteur en poids économique en France, pèse pour 27 % des émissions de gaz à effet de serre et 250 millions de tonnes de déchets produits par an (dont 40 % sont recyclés) selon l’Ademe.

« C’est le dernier grand secteur qui n'a pas fait sa révolution écologique. Il y a un souci sur la formation des écoles d'ingénieurs et d’architectes. Il y a aussi des freins au niveau politique et réglementaire, à Bruxelles notamment », déplore Christophe Cougnaud, p-dg de Cougnaud Construction, qui accueillait le 5 mars dernier, à son siège près de La Roche-sur-Yon (85), une journée de réflexion sur le bâtiment de demain.

En coulisses, les noms des mastodontes tels Lafarge ou Saint-Gobain sont fréquemment cités comme faisant un lobbying européen qui freine les innovations en construction. « Il y a une agilité à acquérir, en s'inspirant de ce que font les start-up par exemple » plaide David Guglielmetti, directeur du développement de Hoffman Green Cement. Cette jeune PME vendéenne a mis au point un ciment très bas-carbone et vise 3 % du marché hexagonal dans quatre ans. Reste à persuader les collectivités locales de privilégier l’innovation énergétique dans les marchés publics. Pas une mince affaire, mais Christophe Cougnaud, lui, y croit : « Il n'est pas interdit de construire, il faut juste construire mieux. Aujourd'hui on a en gros un tiers d'élus favorables, un tiers qui freine et un tiers qui hésite. C'est ce ventre mou qu'il faut convaincre. Les conseils municipaux qui vont sortir des élections municipales vont en plus amener un vrai renouvellement sur l'écologie. »

 

Construire frugal et réversible

Dans l’immobilier neuf, une dizaine de normes ou certifications se sont empilées depuis 2007 (désormais BBC, RE 2020, Bepos, etc.). Et l’on évoque maintenant un passage la construction 4.0, optimisée par le digital, du big data à la réalité augmentée. « Le problème c'est de construire de manière frugale, avec des matériaux naturels et durables, un bâtiment qui sera adaptable, réversible et évolutif. Car le français a sept vies dans une vie, il divorce, il se remarie, il déménage » situe Karim Beddiar, ingénieur en charge de la ville du futur chez CESI, venu en Vendée.

Le prix au m² à la construction n’est pas forcément favorable comme l’illustre la start-up Bâtiprint3D, lancée début 2019 du côté de Nantes. Soit l’édification rapide d’une maison d’habitat social de 95 m², majoritairement par imprimante 3D. « Le coût de construction c'est que 20 % du coût d'exploitation. Or le bailleur social ou l'élu s'occupe des deux. Ce qu'il veut c'est surtout le moins de maintenance et d'emmerdes sur le bâtiment possible, avec des habitants heureux. C'est un argument massue ! » s’exclame Benoît Finet, un de ses co-fondateurs.

 

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