SMARTCITY
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Les smart cities étudiées à la loupe

Smart city
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Claude Rochet, ancien haut fonctionnaire et professeur d’université, auteur de "Les Villes Intelligentes".
Les smart cities sont une utopie technologique

Les smart cities sont-elles une réalité ou une fiction ? C’est la question posée par l’ouvrage de Claude Rochet, "Les Villes Intelligentes", paru aux éditions ISTE en novembre dernier. Cet ancien haut fonctionnaire et professeur d’université apporte un éclairage scientifique, historique, et par conséquent politique, sur le concept de ville intelligente. Une critique transversale de l’histoire des villes, qui raconte aussi celle des hommes.

La smart city est-elle une utopie ?
La ville a toujours été une utopie ! On ne peut concevoir des villes parfaites pour des hommes parfaits, les hommes sont imparfaits de nature. L’utopie, c’est la disparition du conflit et du hasard : c’est un monde sans friction – "seamless" disent les théoriciens actuels de la smart city –, ce qui suppose une mainmise sur les choses, les êtres, la nature et l’histoire. Les smart cities sont une utopie technologique.

 

Vous prenez la ville médiévale en modèle. Que nous apprend ce système en 2019 ?
Au Moyen-Âge, il n’y avait pas d’architectes, pas d’urbanistes. Les villes médiévales se construisaient de manière organique, c’est-à-dire que l’on résolvait des problèmes existants, on s’adaptait. Il n’y avait pas de permis de construire ! La ville était un système apprenant, un processus collectif de résolution des problèmes. Ce système n’était pas la projection d’une ville idéale, il n’y avait pas de déterminisme. Aujourd’hui, on entend les Gilets jaunes se battre pour le RIC (référendum d’initiative citoyenne), mais ça existait au Moyen-âge ! On se réunissait, on faisait venir le Prince, on débattait, on sortait le Prince…

 

Vous érigez la ville de Singapour en exemple canonique de la smart city qui fonctionne. Pourquoi cela marche mieux à Singapour qu’ailleurs ?
Parce que Singapour a été pensée comme une smart city depuis sa fondation. C’est une ville qui ne devrait pas exister, elle est née pour des raisons diplomatiques. En 1965, il n’y avait rien d’autre qu’un conglomérat d’habitations insalubres. Elle est aujourd’hui une ville au confluent d’une multitude d’activités qui a embarqué très tôt dans la révolution numérique, grâce à des politiques publiques innovantes. Elle est pensée comme un système de vie, et non comme les "machines à habiter" à la manière de Le Corbusier ou des architectes staliniens. Habitat, travail et transport sont conçus de manière à ce que l’on ne passe pas plus de 45 minutes par jour en déplacements... L'émergence des smart cities ne peut vraiment marcher que sur des territoires désespérés, où elles répondent à des besoins cruciaux.

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