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Sobriété énergétique : Paris veut réduire sa consommation de 10% dès cet hiver

Sobriété énergétique

Baisse des températures dans les bâtiments publics, diminution de l’intensité de l’éclairage ornemental, décalage des heures et dates de chauffe, la Ville de Paris met en place des mesures d’urgence de sobriété énergétique. Objectif : 10 % d'économie cet hiver.

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Anne Hidalgo en visite sur un chantier de réhabilitation du parc social parisien, dont l'objectif est de réaliser des économies sur les factures d’énergie, avant la présentation du plan de sobriété énergétique. Crédit : Guillaume Bontemps

« La crise énergétique frappe Paris comme le reste de la France. Nous n'avons pas attendu pour agir, depuis 2014 nous avons investi 10 milliards d'euros dans la transition écologique. Mais il faut aller plus loin avec des premières mesures pour faire 10% d’économies d’énergie », a déclaré Anne Hidalgo, ce mardi 13 septembre, avant de détailler le plan d’urgence de sobriété énergétique de la capitale.


Pourquoi un plan d’urgence ? La Ville de Paris avance une raison plutôt pragmatique : « Fin août, les tarifs de l’énergie ont atteint des niveaux records (1 000€ MWh, soit 12 fois le prix constaté à la même époque il y a un an). Pour protéger les habitants d’une hausse qui s’annonce durable des prix de l’énergie et lutter contre le réchauffement climatique, il faut accélérer la transition énergétique de Paris », indique-t-elle dans un communiqué.

 

L’objectif est donc clairement de réduire la facture énergétique de la ville qui risque d’exploser cet hiver. Les services publics parisiens représentent ainsi 2% des consommations du territoire et entre 3 et 4% en comptant la gestion déléguée. Si elles sont en baisse de 11% en 2020 par rapport à 2004, la hausse des coûts de l’énergie (près de 50%) pourrait coûter 30 à 34 M€ supplémentaires à la Ville cette année, selon les prévisions officielles.


Un degré de moins de chauffage dans les bâtiments publics

Comment y parvenir ? Le plan de sobriété parisien s’articule autour de quatre premières mesures :


1 ) Une baisse des températures dans les bâtiments de la Ville :


- En fonction de la qualité du bâti, la baisse des températures sera de 1°C avec comme objectif d’atteindre 18°C en journée et 12°C la nuit et lors des périodes inoccupées des bâtiments. Ces baisses ne concerneront pas les EHPAD ou autres bâtiments accueillant des publics sensibles comme les crèches.

- Baisse des températures des piscines de 1°C. Elles passent à 26 °C dans l’eau et 25 °C dans l’air.


2 ) Le décalage de l’heure et dates de chauffe :


- Décalage de 30 minutes pour la mise en chauffe le matin ;

- Décalage d’un mois de la saison de chauffe hivernale aux vacances de la Toussaint pour les bâtiments administratifs.


3 ) Une baisse de l’intensité de l’éclairage :


- Extinction de tous les éclairages ornementaux des façades extérieures et des monuments municipaux dès 22h à partir du 23 septembre, 1er jour de l’automne. L’éclairage public n’est pas concerné.

- Fin de l’illumination de la Tour Eiffel à 23h45 à partir du 23 septembre.


4) La suppression de l’eau chaude


- Dans les sanitaires des bâtiments administratifs et certains bâtiments accueillant du public, l'eau chaude sera coupée. Cette mesure ne concernera pas les bains-douches, les lieux recevant des publics fragiles et la petite enfance.


D’autres mesures, en cours de concertation, pourraient être annoncées prochainement, précise la Ville de Paris.


Paris connaîtra bientôt le climat de Séville

Ces mesures de sobriété intègrent une dimension numérique, avec du pilotage à distance, notamment pour l'éclairage, confie-t-on à la Mairie de Paris. Elles sont par ailleurs complémentaires au vaste plan Climat de la Ville qui intègre notamment la rénovation énergétique des bâtiments publics, la végétalisation des toitures et façades, le développement des réseaux de chaleur et de froid ou encore l’optimisation de l’éclairage public.


L’enjeu est de taille pour la capitale, car Paris va connaître, entre 2030 et 2050, une évolution sensible de son climat qui le rendra comparable à celui de Séville, nous confiait récemment Dan Lert, adjoint à la Maire de Paris en charge de la transition écologique, du plan climat, de l'eau et de l'énergie. « Les effets du changement climatique sur notre territoire s’accélèrent. Ce qui était attendu en 2050 sera plutôt pour 2030. Il nous faut donc aussi accélérer les mesures d’atténuation mais aussi d’adaptation », a résumé l’adjoint d'Anne Hidalgo (lire SCM N°47).

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