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Stationnement payant pour les 2-roues motorisés : une aubaine pour le scooter électrique ?

Mobilité électrique

En vigueur depuis le 1er septembre, le stationnement payant des deux-roues motorisés à Paris entraîne un regain d’intérêt sans précédents pour le scooter électrique, qui n’est pas concerné par la mesure. Que ce soit à la vente ou en libre-service, le scooter électrique n’a jamais eu autant la côte auprès des Franciliens pour qui l’argument économique reste prépondérant sur la motivation écologique.

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« L’espace public parisien étant extrêmement contraint et sollicité, la Ville de Paris a donc décidé d’en finir avec la gratuité du stationnement pour les deux-roues motorisés, qui ne se justifiait plus », expliquait en juin dernier la mairie de Paris, lors de l’annonce de la mise en place du stationnement payant pour les deux-roues motorisés (2RM). Effective depuis ce 1er septembre, la mesure est loin de faire l’unanimité, mais elle profite cependant à certains acteurs : ceux positionnés sur le marché en plein essor du scooter électrique. Car si les motos et les scooters thermiques sont concernés par le stationnement payant, les 2RM électriques continuent de bénéficier de la gratuité, comme le précise la mairie de Paris sur son site.

 
Résultat : depuis quelques semaines, les concessionnaires spécialisés dans les scooters électriques ont déjà observé une croissance sensible de leurs ventes. C’est le cas notamment de TYM’, pure-player de la vente en ligne de modèles 100% électriques. « Nous vendons aujourd’hui une dizaine de scooters par jour, contre trois ou quatre auparavant. Il y a un regain d’intérêt clairement lié à l’entrée en vigueur du stationnement payant à Paris pour les scooters thermiques », estime Jonathan Poulet, directeur d’activité. « Grâce à la vente en ligne, nous sommes présents sur toute la France. Or, depuis quelques jours, la quasi-totalité des appels de clients potentiels concernent la région Ile-de-France. Il s’agit de particuliers mais aussi d’entreprises qui veulent basculer du thermique à l’électrique ».

 

Un impact attendu sur les services de scooters partagés

Au-delà des ventes de véhicules, le stationnement payant devrait également bénéficier aux services de scooters électriques partagés. « Nous l’espérons en tout cas ! Et nous avons dimensionné nos opérations en conséquence », confie Amandine Plas, CMO de Cityscoot, dont l’offre de scooters électriques en libre-service est disponible à Paris depuis 2016. « Nous travaillons sur la disponibilité de notre flotte pour pouvoir répondre aux nouveaux besoins de ces nouveaux utilisateurs. Ce qui est sûr c’est que le budget mensuel des utilisateurs de 2 roues thermiques va être impacté de façon conséquente et que Cityscoot devient une alternative intéressante, en plus d’être responsable et écologique. »


Même son de cloches chez Troopy, nouvel acteur du secteur, qui a décidé de lancer son offre de scooters électriques partagés à l’occasion de la mise en place du stationnement payant pour les 2RM thermiques. « Nous avons anticipé un impact pour cette mesure sur l’attrait du scooter électrique et cela a donc participé à la décision de lancer nos services à Paris à la mi-septembre », indique François Hoehlinger, directeur général. Troopy, prévoit de proposer 1500 scooters électriques en free-floating d’ici février 2023. « En juin et juillet nous avions entre 2000 et 3000 pré-inscriptions mensuelles. Au mois d’aouts, elles ont grimpé de 50% », précise le responsable. Troopy devrait également proposer prochainement une offre de rachat d’un scooter thermique en échange de crédits pour son service de véhicule partagé.

 

Le stationnement payant renforce l’argument économique de l’électrique

Comment expliquer cet engouement ? Même s’il est présenté comme un véhicule « propre », le premier argument en faveur du scooter électrique reste économique, indiquent les trois acteurs du secteur. « Et cet argument économique est renforcé par la gratuité du stationnement », souligne Jonathan Poulet.


« Si l’argument économique est prépondérant, le scooter électrique partagé a également d’autres atouts dont la sécurité. Il est en effet révisé très régulièrement par les professionnels. Il y a aussi le confort, car il ne fait pas de bruit, et bien entendu il n’émet pas de CO2 », rappelle cependant François Hoehlinger. Un avis partagé par Cityscoot : « Évidemment il y a un intérêt économique de plus en plus présent, mais pas que. Le fait que nos scooters soient électriques ET partagés sont les deux raisons principales d’utilisation de nos scooters citées par nos clients depuis le début », tient à préciser Amandine Plas. « Il y a de plus en plus une vraie prise de conscience écologique générale et plus particulièrement parmi nos jeunes utilisateurs ».


Si Paris est la première grande ville française à mettre en place le stationnement payant pour les 2RM, d’autres collectivités y réfléchissent comme Strasbourg, Lyon ou Bordeaux. Et avant la capitale : il est entré en vigueur en 2018 à Charenton-le-Pont et à Vincennes. À l’étranger : Londres, Tokyo ou New York ont déjà également déjà misé sur le stationnement payant des 2RM.

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