Covoiturage : que change le rapprochement entre Karos et Daily pour les collectivités ?
Karos a finalisé l’acquisition de Daily, ex-BlaBlaCar Daily, et consolide ainsi sa place sur le marché du covoiturage du quotidien. Pour les collectivités partenaires, l’opération peut permettre de densifier les trajets disponibles, de rendre l’offre plus lisible et d’intégrer plus facilement le covoiturage aux autres solutions de mobilité.
Le marché du covoiturage du quotidien poursuit sa consolidation. Karos a finalisé l’acquisition de Daily (anciennement BlaBlaCar Daily), l’activité de covoiturage domicile-travail du groupe BlaBlaCar. Annoncée en juillet, l’opération est effective depuis le 1er octobre. Le nouvel ensemble réunit désormais plus de 250 collectivités et 1 500 entreprises partenaires, pour 275 000 covoitureurs actifs et plus de 11 millions de trajets par an.
« Ce rachat intervient à un moment où BlaBlaCar souhaitait se recentrer sur son métier de base, c’est-à-dire le covoiturage longues distances », explique Olivier Binet, cofondateur et président de Karos, « le covoiturage des trajets du quotidien est un modèle économique fondamentalement différent, pour nous l’objectif est désormais de générer la masse critique qui va nous rendre plus solides, notamment dans le mix des solutions de mobilité des collectivités ».
Davantage de possibilités et de lisibilité dans les collectivités
À court terme, rien ne change pour les collectivités et les autres partenaires. Les deux applications (Karos et Daily) vont cohabiter jusqu’à la fin de l’année. « Mais à partir du début de l’année prochaine, nous allons ensuite réaliser une migration afin de ne proposer qu’un seul écosystème, celui de Karos », indique Hugo Brahmi, directeur général de Daily, « nous allons y travailler de concert avec nos partenaires qui seront informées bien en amont, notamment les collectivités ».
Pour ces dernières, le rapprochement des deux entreprises devrait avoir quelques conséquences positives puisqu’il va permettre de densifier l’offre de trajets. « Cela va générer davantage de possibilités d’itinéraires et globalement un meilleur service », résume Hugo Brahmi, « mais c’est aussi une opportunité pour les collectivités de renforcer la lisibilité de l’offre de covoiturage du quotidien à leur échelle, avec désormais un seul acteur qui permettra de maîtriser le service parmi les autres solutions de mobilité existantes (bus, tram, vélo, trottinettes…) ».
Un contexte de hausse des prix du carburant favorable
Plus globalement, l’intérêt économique du covoiturage du quotidien, aussi bien pour les utilisateurs que pour les collectivités, n’est plus à démontrer. D’autant plus dans le contexte actuel d’évolution importante du prix des carburants. « Environ 20 milliards d’euros dépensés chaque année en France pour le transport public, alors que 8 à 12 % des actifs l’utilisent quotidiennement », souligne Olivier Binet, « alors le subventionnement du covoiturage coûte quand même beaucoup moins cher ».
En effet, le modèle repose généralement sur une participation de la collectivité à la rétribution du conducteur, réduisant ainsi mécaniquement le prix payé par les passagers. « Pour un trajet de 20 km, les conducteurs perçoivent en moyenne 2 €, la collectivité finançant en général 1,50 € et le passager payant 0,50 € », détaille Olivier Binet, « d’une manière générale, pour les collectivités, le coût passager/kilomètre est bien inférieur à celui observé dans les transports publics ».
Suite à ce rachat, Karos compte bien élargir son portefeuille de collectivités en France, tout en visant une croissance plus forte à l’international, notamment en Allemagne, en Espagne et aux Pays-Bas. « Il existe 800 AOM en France, il nous en reste donc un certain nombre à convaincre », se réjouit Olivier Binet, « mais l’objectif est aussi de faire progresser les usages dans nos collectivités déjà partenaires, nous voulons qu’elles continuent à développer le covoiturage du quotidien sur leur territoire ».



