Connaissez-vous SofIA, l’IA dédiée à la transition écologique ?
L’Ademe, le Ministère de la Transition écologique et le Cerema ont développé conjointement un chatbot destiné à soutenir et à accélérer les projets de transition écologique sur le territoire.
Au sein de votre commune, vous interrogez-vous sur les solutions pour rafraîchir un bâtiment public, sur l’état de la ressource en eau sur le département, ou comment développer les mobilités durables ? Ce sont des questions que vous pouvez désormais poser à SofIA. Le chatbot développé par l’Ademe, le Ministère de la Transition écologique et le Cerema s’ouvre ce 19 octobre aux collectivités pour leur donner plus facilement accès à des ressources. Accessible par connexion via ProConnect ou par accès autorisés au cas par cas selon des noms de domaines, SofIA croise en effet les bases de données pour faire gagner les utilisateurs en efficacité.
Cette ouverture à l’ensemble des communes du territoire a demandé plus d’un an et demi de travail. L’Ecolab, l’Ademe et le Cerema ont mis en commun leurs corpus documentaires pour entraîner en RAG le chatbot, basé sur le LLM de Mistral et les instances de l’hébergeur Scaleway. Au total, ce sont plus de 17 000 documents de référence sur la transition écologique qui constituent la base de SofIA. « Nous l’avons développé dans une logique de mutualisation des expertises et des ressources, avec une gouvernance de copropriété », souligne Philippe Guillouzic, responsable IA à l'Ademe, product manager de Sophia et coordinateur de l'écosystème.
Une moyenne de 4,19 sur 5
La mise en service de SofIA a débuté en février 2025. L’outil a d’abord été expérimenté par plusieurs milliers d’agents en interne au sein des trois structures partenaires, avant que sa pertinence ne soit validée par une quinze de collectivités, membres de l’écosystème. L’Ademe a également diffusé un questionnaire pour récolter « les 100 questions d’élus » et vérifier comment SofIA y répond. « Parmi elles : Quels sont les documents nécessaires pour constituer un réseau de chaleur ? Quelles essences d’arbres planter pour réduire les îlots de chaleur ? Nous avons évalué les réponses et SofIA a obtenu une moyenne de 4,19 sur 5 », raconte Philippe Guillouzic.
SofIA se présente comme les autres chatbot grand public auquel les utilisateurs sont habitués : un moteur de cherche au centre de la page pour y poser ses questions en langage naturel, un menu rappelant l’historique des requêtes sur la gauche et un menu affichant les sources citées sur la droite. Mais sa particularité est d’aller au fond des sujets sur la transition écologique, « avec des pointeurs vers des réglementations et des acteurs qui peuvent être pertinents à contacter », précise Thomas Cottinet, directeur de l’Ecolab au Commissariat Général au Développement Durable. « Fidèle à notre volonté de proposer une IA frugale, SofIA indique l’impact environnemental de la requête et la consommation énergétique requise », ajoute Matthieu Porte, adjoint au chef de bureau data/IA à l'Ecolab.
Vers des compléments d’informations sur la base de données géographique
SofIA a déjà commencé à faire ses preuves : « Nous enregistrons plus de 2 500 utilisateurs avec un bon taux de rétention. A la Direction départementale des Territoires de Vaucluse, on nous a indiqué que SofIA avait fait gagner plusieurs heures de recherche pour le cadrage d’un projet foncier », précise Matthieu Porte.
SofIA ne s’est pas encore généralisée que des évolutions sont au programme. Déjà, l’OFB et l’IGN ont rejoint l’écosystème en septembre et enrichiront par API la base documentaire de SofIA. Les données du GIEC et du Citepa y sont également déversées. A l’avenir, SofIA pourra apporter des compléments d’informations sur la base de données géographique.
« Nous aimerions que d’autres acteurs se joignent à nous, comme le BRGM pour nous apporter une expertise sur les sols », confie Philippe Guillouzic, attaché à l’expertise métier derrière les réponses de l’IA, avant d’ajouter : « La démarche est participative. Les collectivités peuvent elles aussi injecter leurs documents. Nous testerons en janvier 2027 l’appétence de cibles privées pour SofIA, comme des cabinets d’études qui travaillent sur la décarbonation de l’industrie. »
L’équipe étudie par ailleurs la possibilité de créer des IA agentiques spécialisées dans des actions verticales pour la transition écologique, « par exemple pour obtenir des retours d’expérience d’autres collectivités sur telle ou telle problématique », met en avant Nadine Tavernier, product owner du produit Sophia pour le Cerema. SofIA aura ainsi toutes les chances de son côté pour représenter un appui des territoires dans leur transition.
Sur ce sujet, venez assister aux Assises de l'IA le 4 novembre prochain. Programme et inscription à ce lien.



