Septembre est le mois des graminées. En France, 30 % des adultes sont touchés par des allergies saisonnières. Pour aider ses habitants à anticiper une crise allergique, la Ville d’Antony a mis en ligne, en juin dernier, un service de suivi des pollens en temps réel. Les données sont récoltées par la société Oberon Sciences et sont communiquées via l’application France Pollens. La Ville présente aussi sur une page web accessible depuis son site les informations : des prévisions à trois jours, le niveau de risque et la liste des pollens relevés. Le service donne également accès aux périodes de floraison des principales espèces allergisantes et à un bulletin hebdomadaire détaillé avec une liste de conseils. De quoi outiller tout un chacun pour adapter ses activités quotidiennes en prévention.
Ce projet s’inscrit dans la continuité de la politique de prévention des risques sanitaires et de santé environnementale, initiée en 2015. Pour suivre la qualité de l’air, le projet a débuté par un système de biosurveillance de la pollution de l’air par les plantes. S’y est ajoutée l’analyse des polluants dans l’air, avec le suivi des microparticules, du monoxyde et du dioxyde d’azote. Un réseau de capteurs fixes est ainsi déployé. La mesure de la concentration de pollen avait été expérimentée. Une nouvelle étape s’ouvre avec le volet de la prévention. « Les saisons sont modifiées et la sensibilité de la population s'accroît, les allergies respiratoires pourraient concerner 50 % de la population en 2050 », s’inquiète Ioannis Vouldoukis, conseiller municipal délégué à l'hygiène, à la santé et aux sciences.
Une détection du type de particules
C’est par l’intelligence artificielle que cette étape a pu être franchie. Pour obtenir des prévisions, la ville d’Antony collabore avec la société Oberon Sciences qui a installé un capteur de mesure basé sur l’IA. Une microscopie est effectuée localement par le capteur, et l’IA opère une reconnaissance des particules, ce qui permet de renseigner en temps réel sur les niveaux de pollens et de moisissures auxquels les Antoniens sont exposés. « Ce service aux citoyens, accessible gratuitement, fait partie de notre mission d’intérêt général », assure Ioannis Vouldoukis, qui espère sensibiliser à l’importance du biotope. En parallèle, le conseiller municipal travaille également sur la détection du moustique tigre.
Ioannis Vouldoukis affirme être très satisfait des résultats de ce projet depuis son lancement en juin : « Les données sont pertinentes et suscitent l’intérêt des habitants. Nous avons eu des remerciements et encouragements de leur part. » S’il ne nous communique pas de chiffre sur le nombre de consultations de la page, le conseiller municipal songe dès à présent à l’amélioration de cet usage. « Je réfléchis à déployer d’ici la fin de l’année le capteur Aerōtape d’Oberon Sciences, qui relève à la fois les pollens et les polluants. Cela nous permettrait d’être plus efficaces et de nous positionner dès maintenant pour les problématiques du futur. »
Le coût du projet n’est pas communiqué mais le conseiller municipal affirme que les collectivités peuvent répliquer le dispositif sans problème. A titre d’exemple, l’observatoire de la qualité de l’air en Guadeloupe Gwad’Air a déployé de son côté en début d’année un dispositif de surveillance reposant sur des capteurs capables de collecter chaque semaine les pollens et spores présents dans l’air. Ce type de dispositif pourrait ainsi inspirer d’autres collectivités désireuses de mieux prendre en compte les pollens dans leur politique de santé environnementale.



